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Virginie Barros, la coiffeuse qui recycle les cheveux

le - - Économie - Vie des entreprises

Virginie Barros, la coiffeuse qui recycle les cheveux
@ DR

A la tête de trois salons de coiffure, dont l'un est à Melun, cette cheffe d'entreprise lutte à sa manière contre la pollution marine.

Nos cheveux sont lipophiles ! Ils développent, en effet, une affinité chimique avec les graisses et possèdent un pouvoir d'absorption. Virginie Barros, une coiffeuse indépendante de 29 ans, l'a découvert lors d'un séminaire professionnel à Marseille en 2019. À son retour en Seine-et-Marne, elle s'est alors mise en tête d'agir pour la défense de l'environnement. « J'ai envie de protéger la planète », explique-t-elle. « On la pollue assez comme ça. J'aime les challenges. »

Ce défi, cette entrepreneure a donc décidé de le relever en conservant les cheveux de sa clientèle pour les confier aux “Coiffeurs justes”. Cette association, créée en 2015 dans le Var, collecte les cheveux en vue d'un recyclage
100 % écologique. En cinq ans, près de 80 tonnes ont été ainsi récoltées. Avec ces cheveux, on confectionne des boudins (à partir de bas nylon) ou des tapis absorbant les hydrocarbures pour prévenir les pollutions en mer. Ce procédé a vu le jour en 1978 lors de la marée noire provoquée par le naufrage du pétrolier Amoco Cadiz sur les côtes bretonnes.

L'association varoise fabrique 500 boudins par semaine et les vend aux ports, aux intercommunalités et aux sociétés d'autoroute. Ces boudins peuvent être également placés en fond de cale dans les bateaux, afin de limiter les fuites d'huile et d'hydrocarbures des moteurs. Virginie Barros expédie chaque semaine un sac de cheveux de 2,4 kg. Au total, ses trois salons (Melun, Voisenon et Montargis dans le Loiret) fournissent 6 kg. En revanche, les cheveux de plus de 30 cm de long sont réservés à une autre association qui fabrique des perruques, offertes à des malades souffrant de cancers ou de leucémies.

Avec 42 salons de coiffure adhérents à l'association “Coiffeurs justes” (qui revendique 4 700 membres), la Seine-et-Marne est l'un des départements franciliens les plus mobilisés derrière Paris et les Yvelines. « Ce sont surtout des petits indépendants comme moi qui participent », précise Virginie Barros. « Il est dommage que les grands salons ne jouent pas le jeu. Cela ne me donne pas plus de travail. Au contraire, le volume de ma poubelle baisse et j'ai de nouveaux clients… »

La coiffeuse a également noué des partenariats avec Veolia et l'Oréal pour collecter et recycler tous les déchets de ses salons dans le cadre d'une expérimentation de six mois. Des bacs spéciaux lui ont été livrés. Une initiative placée sous le signe de la solidarité, puisque les personnes chargées de cette collecte sont des travailleurs en situation de handicap.




Farid ZOUAOUI

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