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Tourisme : Un plan stratégique pour 2023-2028

Le Département de Seine-et-Marne va se doter son schéma régional de développement du tourisme et des loisirs, pour les cinq prochaines années (2023-2028). Cela faisait dix ans qu’un tel plan stratégique n’avait plus été élaboré.
Le Département de Seine-et-Marne se dote d'un plan stratégique tourisme.
© Adobe Stock - Le Département de Seine-et-Marne se dote d'un plan stratégique tourisme.

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Les bouleversements économiques, sociaux et écologiques actuels obligent les collectivités à repenser leurs modèles. Le secteur du tourisme n’échappe pas à cette mutation. Le futur schéma départemental d’aménagement et de développement touristique doit répondre à ces nouvelles attentes et pratiques. La Seine-et-Marne, avec son énorme potentiel touristique, est prête à changer d’ère.

Les étapes

L’élaboration de ce schéma va se dérouler en trois phases, selon Jean-Marc Devanne, directeur de Co-Managing : « tout d’abord, un diagnostic s’avère nécessaire pour comprendre les mécanismes et faire le lien avec les études déjà réalisées. Il faut dégager les enjeux et les problèmes clés à résoudre ». Le cabinet de conseil va ainsi s’appuyer sur une grande enquête en cours auprès des Seine-et-Marnais. Ce premier travail va permettre de connaître leur opinion sur l’état actuel du tourisme départemental. « Ensuite, la mise en œuvre d’une stratégie va être l’occasion d’exprimer une ambition et une vision de l’avenir. On va choisir les priorités qu’on souhaite donner à ce territoire. Des ateliers de travail seront mis en place », précise Jean-Marc Devanne. Enfin, la dernière phase sera l’occasion de traduire cette ambition en action. « Il y aura des moments d’échange avec l’ensemble des acteurs du territoire », indique le consultant de Seine-et-Marne Attractivité. « Notre démarche réussira si on parvient à mobiliser et à fédérer », prévient-il. Selon les premiers retours, près de 75 % des Seine-et-Marnais considèrent que leur territoire est touristique. Une bonne nouvelle à confirmer et à amplifier.

Les priorités

Authentique, engagé, respectueux des équilibres naturels, des habitants et des producteurs, favorisant les circuits courts, prônant les mobilités douces et vecteur de résilience, le tourisme régénératif (ou slow tourisme) constitue un modèle à suivre pour le futur schéma départemental. L’adoption de ce type de tourisme de proximité doit permettre au territoire seine-et-marnais de continuer à rayonner au-delà de ses frontières et de devenir une destination majeure. L’hybridation, phénomène nouveau permettant à un établissement touristique de travailler en circuit court (maraîchage, viticulture, restauration) en privilégiant le local, est, par exemple, une composante du tourisme régénératif et une piste à explorer. Le tourisme “fluvestre“, (contraction de fluvial et de pédestre) est également une tendance d’avenir. « C’est une plus-value. On a à cœur de revaloriser la Marne et l’Ourcq, dont on s’est détourné ces dernières années, mais qui sont des enjeux d’attractivité touristique majeurs », souligne Élena Le Gall, directrice de l’Office Meaux Marne Ourcq Tourisme. La dimension fluviale, sous-exploitée jusque-là, constitue, en effet, une opportunité et le projet de création d’un port de plaisance à Meaux, initié en association avec Seine-et-Marne Attractivité, s’inscrit également dans ce cadre.

© DR

Les obstacles

La principale difficulté rencontrée par le territoire seine-et-marnais, toujours selon Jean-Marc Devanne, est son appropriation par les visiteurs. « Ce département est déjà composé de destinations identifiées, mais comment fait-on pour attirer des visiteurs dans des endroits moins fréquentés ? », interroge-t-il. « Le plus difficile est de faire de ce territoire un commun, c’est-à-dire un lieu où on est capable de partager une globalité sur le tourisme et d’offrir un récit aux visiteurs », résume le patron de Co-Managing. Le manque d’hébergements est un autre écueil. « Comme pour beaucoup d’autre territoires, c’est peut-être notre point faible », concède Olivier Lavenka, maire (LR) de Provins qui accueille 1,5 million de visiteurs chaque année. « Les flux touristiques sont un véritable enjeu et nous devons faire preuve d’un volontarisme considérable », ajoute-t-il. Le constat est implacable : les principaux hébergements (via notamment airbnb) sont concentrés sur les grands pôles comme Marne-la-Vallée avec Disneyland Paris, tandis qu’ailleurs, l’offre n’est pas adaptée aux différents types de tourisme. Passer d’un tourisme d’excursion à un tourisme de séjour se révèle compliqué. Développer l’offre d’hébergement est donc indispensable. Pour cela, il faut prospecter des terrains et attirer des investisseurs. Seine-et-Marne Attractivité et ses partenaires s’y emploient. Avec 70 investisseurs figurant sur leurs tablettes et 80 sites déjà visités, les résultats sont encourageants. « Dix hébergements ont déjà été construits et nous avons d’autres réalisations potentielles. Les choses se font petit à petit », assure Sylvie Lahuna, directrice de Seine-et-Marne Attractivité.

Les moyens

Jusqu’en 2028, ce futur schéma départemental d’aménagement et de développement touristique va se nourrir de tous les projets qui verront le jour. Ces projets seront soutenus par le Département qui, en novembre dernier, a décidé de créer un fonds d’aides supplémentaire d’un million d’euros. La Région Île-de-France constitue également un soutien de poids avec son fonds de développement touristique régional doté de quatre à cinq millions d’euros (selon les années). « Notre objectif est de monter en puissance sur le plan financier de manière à pouvoir aider l’ensemble des territoires. La Seine-et-Marne est un département qui innove, qui expérimente et qui ose. C’est un atout majeur dans notre développement touristique et un exemple pour toute la région », conclut Èric Jeunemaître, président du Comité régional du tourisme Paris Île-de-France.

Sylvie Lahuna, directrice générale de Seine-et-Marne Attractivité
« Adapter notre offre d’hébergement »

« Ce que la Région Île-de-France a présenté en 2022 correspond totalement à ce qu’on va mettre en place. Nous allons notamment développer et adapter notre offre d’hébergement, afin que nos clients puissent passer de l’excursion au séjour. Nous avons réalisé une étude avec la Banque des Territoires pour rechercher des investisseurs. La difficulté est de trouver des terrains possédant une qualité paysagère suffisante. Une autre étude a été commandée sur le “fluvestre“, car on souhaite développer le tourisme sur l’eau et les bords de l’eau, qui est une attente des clients. Des actions sont menées avec les offices de tourisme concernés et un appel à manifestation d’intérêt (AMI) va être lancé. Plus globalement, nous essayons de proposer une offre de qualité, en travaillant notamment sur les différents labels comme “Artisan du tourisme”, “Accueil Vélo”, “Tourisme et handicap” et “Meublés de tourisme”. Les années Covid ont amplifié les tendances qu’on connaissait déjà. Les Seine-et-Marnais aiment leur département, ils ont envie de le préserver et de le connaître davantage. »

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