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Tribune I Le cri d'alarme du directeur de Koezio

Bertrand Delgrange, le fondateur des parcs de loisirs indoor Koezio, dont l'un se trouve à Lieusaint, estime que son secteur d'activité est une des grandes victimes de la crise sanitaire. Dans cette tribune, il exprime sa vive inquiétude concernant l'avenir.
Tribune I Le cri d'alarme du directeur de Koezio

ÉconomieVie des entreprises Publié le ,

« Nos centres sont toujours fermés et nous n'avons aucune visibilité, alors que l'automne et l'hiver correspondent à notre haute saison. Ce secteur représente plus de 2 000 entreprises, 12 000 salariés et 90 millions de visiteurs par an. Le Gouvernement doit prendre en compte les particularités de notre activité en mettant en place une aide spécifique. Aujourd'hui, nous sommes menacés de mort. Nos entreprises accusent une baisse moyenne de 70 % de leur chiffre d'affaires par rapport à 2019.

Ce sont plus de 12 000 emplois directs qui sont menacés. Les prêts garantis par l'État, qu'il faudra rembourser, sont largement consommés et une dizaine d'établissements ont déjà déposé le bilan. Les loyers sont exorbitants, car ils correspondent à de grandes superficies (entre 800 et 4 000 m2), la masse salariale est incompressible (sécurité, accueil, propreté) et les marges, comprises entre 6 % et 12 %, restent faibles. Les grands parcs d'attractions extérieurs (Disneyland, Puy du Fou, Astérix) sont écoutés, alors que nous sommes complètement ignorés. Nous ne pouvons pas survivre avec les aides actuelles, alors que nous allons devoir attendre les vacances de la Toussaint 2 021 pour nous remettre sur pied. Nos syndicats professionnels font le maximum, mais avec trop peu de moyens et de soutiens médiatiques.

Personnellement, j'ai lancé un mouvement positif et responsable d'entrepreneurs (Anti Panic Club), afin d'exprimer nos difficultés et de rassurer nos clients. Il faut bien savoir qu'il n'y a eu aucun cluster dans nos centres, où le masque est obligatoire et où les mesures barrières sont totalement respectées. Une pétition a été lancée pour alerter les autorités. Nos milliers de collaborateurs attendent des réponses claires et des perspectives. Allons-nous devoir licencier une grande partie du personnel pour pouvoir rembourser nos PGE et pour survivre ? Demain, nos millions de clients auront encore plus besoin de nous pour se détendre, se changer les idées et créer des liens. Les loisirs ne peuvent pas se résumer à Netflix ou Disney Plus ! Il est temps que le Gouvernement s'engage sur un plan ambitieux sur trois ans et non avec des “mesurettes'' à très court terme. Notre secteur doit investir régulièrement pour rester attractif. Si nous sommes surendettés par les PGE, les banques ne nous prêteront plus d'argent pour investir demain. »


© Koezio

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