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Thierry Fromentin : “les mesures barrières sont difficiles à mettre en place”

le - - Économie - Vie des entreprises

Thierry Fromentin :  “les mesures barrières sont difficiles à mettre en place”
@ DR

Thierry Fromentin, le président de la Fédération du bâtiment Île-de-France Est (BTP 77), revient sur la polémique qu'a connue le bâtiment et précise où en est la fédération dans sa gestion de crise.

Comment la fédération a-t-elle appréhendé ce début de crise ?

La quasi-totalité des entreprises du bâtiment sont entrées en mesures de confinement et d'arrêt de l'activité depuis la semaine dernière. Nos fournisseurs sont également à l'arrêt. Cela a fait l'objet de décisions communes avec nos salariés. Nous avons mis en place une cellule de crise à la fédération, les permanents sont restés au contact et au service des adhérents grâce au télétravail. Cela n'est malheureusement pas possible s'agissant des chantiers.

Quid du “conflit” né entre la profession et le Gouvernement (accusations de “défaitisme” notamment) au début du confinement ?

Concernant les propos de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, je veux préciser tout de suite : nous ne nous sommes pas arrêtés pour le plaisir, mais pour respecter les consignes et surtout respecter la santé de nos salariés. Surtout quand on sait qu'il s'agit d'un virus mal connu. Les professionnels de santé répètent régulièrement à la population de rester confinée et il ne peut être reproché à nos salariés et à nos entreprises d'avoir stoppé leur activité. Nous avons appliqué les demandes du président de la République.

Concernant votre activité, qu'en sera-t-il dans les jours à venir ?

Les entreprises qui le peuvent gèrent l'urgence, sur des travaux de dépannage d'électricité, de plomberie, ou de chauffage. Mais les cas de figure sont différents. Entre l'artisan travaillant seul, celui ayant des salariés, l'entreprise moyenne et la grosse entreprise, il est très compliqué de mettre en place les mesures barrières. Au niveau national, un guide de bonnes pratiques sanitaires est en élaboration, de manière à pouvoir reprendre le travail lorsque l'on nous le demandera ou que nous y seront autorisés.

Certains pourront reprendre dans des conditions sanitaires raisonnables, d'autres ne le pourront pas. Nous avons aussi des clients sur des gros chantiers, les maîtres d'ouvrage, qui n'habitent pas sur place. Il y a beaucoup de salariés par chantier et nous n'avons pas suffisamment de véhicules pour respecter les mesures barrières. Aujourd'hui nous sommes aussi en recherche de gels hydroalcooliques et de masques. Les entreprises qui avaient des stocks de masques les ont rapidement donnés aux soignants. Donc tout cela va prendre un certain temps.

Le pays est pratiquement à l'arrêt, les usines de production ont à peine repris pour certaines et de manière partielle. Il faut savoir aussi que les clients particuliers ne nous autorisent plus à venir travailler chez eux. Les chantiers publics, comme la construction des collèges, ont été arrêtés. Tous les intervenants dans l'acte de construire ne peuvent être présents. Alors, certes, le maitre d'ouvrage peut demander à ce que les entreprises reprennent, mais elles n'y sont pas autorisées.

C'est pour cela que la famille du BTP a demandé entre 10 et 15 jours de mise au point et d'adaptation des différentes mesures prises. Le point critique est imminent en Seine-et-Marne et si nous voulons nous en sortir il faut respecter des consignes fortes.

Donc il y aura une certaine inertie dans la reprise du travail : il faut que les fournisseurs soient ouverts, qu'ils puissent livrer, que nos clients acceptent que nous nous rendions chez eux, que les chantiers suspendus reprennent. Cela mettra quelques jours voire quelques semaines à repartir, à condition que l'on nous autorise à retourner sur nos activités. Tout dépend du temps d'arrêt : une à deux semaines c'est gérable, trois, cela va devenir compliqué et quatre cela serait une catastrophe.

Nous sommes régulièrement en cellule de crise, autant de fois que nécessaire. La FFB est un réseau fort, doté de gens investis qui pensent beaucoup à leurs salariés.




MSM REDACTION
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