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Sylvie Lahuna : « anticiper une reprise avec un tourisme franco-français et de proximité »

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Sylvie Lahuna : « anticiper une reprise avec un tourisme franco-français et de proximité »
@ DR

Châteaux de Fontainebleau, de Vaux-le-Vicomte et bien d'autres encore, Disneyland Paris, Médiévales de Provins, Foire internationale aux fromages et aux vins de Coulommiers, festival de jazz Django Reinhardt à Samois-sur-Seine et à Fontainebleau, musées, parcs animaliers... Cette liste de fermetures de sites touristiques ou d'annulations d'événements est malheureusement loin d'être exhaustive. La pandémie de Covid-19 n'épargne personne et surtout pas le secteur du tourisme fortement impacté par la crise sanitaire actuelle. Cette activité économique, qui représente 7, 4 % du PIB national, s'apprête à vivre une année noire. Le taux de chômage partiel atteint actuellement les 95 % et selon une projection du cabinet Protourisme, les pertes sont déjà estimées à 10 milliards d'euros rien que pour ce mois d'avril. Une véritable catastrophe économique et sociale se profile à l'horizon. Tour d'horizon avec Sylvie Lahuna, la directrice de Seine-et-Marne Attractivité, agence spécialisée dans la promotion et le développement du tourisme dans le département.

Le secteur du tourisme, qui repose sur un socle de très petites entreprises (TPE) et de petites et moyennes entreprises (PME), s'apprête à vivre l'année la plus noire de son histoire. Quel est votre premier sentiment ?

La préoccupation des professionnels du tourisme est d'abord tournée vers leurs salariés et au maintien des emplois. Inéluctablement, ils s'inquiètent pour leur activité, notamment en ce qui concerne la perte d'exploitation, le paiement des loyers, le manque de trésorerie et l'issue de cette crise. À ce titre, nous soutenons au mieux le secteur en donnant les informations les plus claires possible sur les aides existantes. Nous sommes confrontés à une situation inédite avec une activité économique qui tourne au ralenti, la majorité des commerces ayant dû fermer, au premier rang desquels les hôteliers et les restaurateurs. D'une manière générale, tous les sites accueillant du public subissent cette crise de plein fouet.

Cette situation est d'autant plus inquiétante que la Seine-et-Marne est la deuxième destination touristique d'Île-de-France après Paris…

En effet, cette place est fortement impactée avec un recul sans précédent de la fréquentation, notamment en termes de réservations hôtelières. Si, en janvier et en février, l'activité s'est maintenue avec des taux d'occupation satisfaisants (68,5 % en moyenne, toutes catégories d'hôtels confondues), la baisse a été fulgurante en mars avec un taux d'occupation de 30 %, alors qu'il était de 76 % en mars 2019. Le taux d'occupation moyen annuel dans l'hôtellerie seine-et-marnaise est de 78 % (75 % pour la Région Paris Île-de-France et 62 % au niveau national). Ces très bons résultats, que nous enregistrons depuis de nombreuses années, nous incitent ainsi à rester optimistes sur notre capacité à attirer de nouveau la clientèle dans notre hôtellerie et dans nos lieux touristiques dès la fin de la crise. Rappelons que nous sommes situés dans la première région touristique de France et dans la première région économique d'Europe. La Seine-et-Marne possède un patrimoine culturel et naturel exceptionnel et deux sites classés au patrimoine mondial de l'Humanité par l'Unesco (le château de Fontainebleau et la Cité médiévale de Provins). Chaque année, ces deux villes accueillent plus d'1 million de visiteurs. Enfin, les nuitées touristiques françaises représentent 40 % des nuitées totales. La Seine-et-Marne dispose de tous les atouts pour accroître cette part dans les mois qui viennent.


Chateau de Vaux-Le-Vicomte

Comment votre structure s'adapte-t-elle à cette situation exceptionnelle ? Avez-vous dû modifier votre stratégie de communication et quels sont les retours de votre réseau d'offices de tourisme ?

Seine-et-Marne Attractivité a souhaité offrir un accompagnement et une communication adaptés. Dans ce contexte, le maintien de nos activités aux côtés des professionnels est resté notre priorité.
Nous avons mis en place une communication adaptée à cette crise sanitaire avec des newsletters spécifiques. Les informations, actualisées le plus possible, sont partagées régulièrement sur notre site. Pour répondre à ces exigences, nous avons adressé à nos partenaires des infos spéciales
« Covid-19 », sur les mesures de soutien aux entreprises disponibles. Ces informations sont mises à jour régulièrement par nos équipes. Nous avons également organisé des Web conférences pour éclairer les professionnels sur certains dispositifs tels que celui du chômage partiel mis en place par le gouvernement. Enfin, nous travaillons en étroite collaboration avec les offices du tourisme et les grands sites touristiques sur l'après-crise pour relancer au mieux le tourisme, notamment en adaptant nos offres à la cible francilienne et plus largement française.

Avez-vous créé une cellule de crise ?

Oui, nous en avons mis une en place. Elle est joignable par téléphone. L'objectif de cette cellule est d'orienter nos partenaires vers les bons interlocuteurs et les bons dispositifs d'aide. Nous guidons naturellement les entreprises vers les différents liens institutionnels utiles et dédiés qui sont publiés sur notre site (gouvernement.fr/infocoronavirus, economie.gouv.fr/coronavirus-soutien-entreprises, idf.direccte.gouv.fr...).

Justement, au terme du confinement et en lien avec le conseil départemental, vous réfléchissez à un plan de résilience et de reprise à destination notamment de clientèles de proximité. Où en êtes-vous et quelles seront les grandes lignes de ce plan ?

Effectivement, afin de limiter les conséquences économiques et sociales de cette crise sur notre destination, nous travaillons avec le Département à un plan de relance. Celui-ci permettra, aux côtés de l'État et de la Région, d'atténuer les impacts de cette crise sur les entreprises seine-et-marnaises grâce à différentes mesures de soutien économique et financier. Le Département a d'ores et déjà annoncé un soutien à hauteur de 45 millions d'euros. S'agissant des clientèles, les acteurs touristiques, avec lesquels nous avons échangé, ciblent davantage la clientèle francilienne pour 40 % d'entre-eux, puis nationale (28 %) et locale (26 %). C'est dans ce sens que nous nous mobilisons, dans un premier temps, pour relancer l'activité touristique avec notamment, la mise en œuvre d'actions de promotion sur des idées de séjours post-confinement.

Qu'attendez-vous du plan de relance sectoriel qui doit être présenté en mai par le gouvernement ?

Qu'il soit à la hauteur des enjeux. Nous espérons un plan de sauvetage par filière touristique selon les particularités de chacun (patrimoine, loisirs, hôtellerie, restauration…). Ce plan doit passer notamment par des mesures à court et moyen terme pour soutenir l'économie touristique, comme l'exemption de paiement des cotisations sociales et/ou des taxes et impôts. En France, le secteur du tourisme est producteur de richesses. C'est la même chose pour la Seine-et-Marne. C'est un vecteur essentiel de l'économie de notre département avec 8 210 établissements (soit 6 % des établissements départementaux). La progression est de 5 % sur un an.​

Quelles filières sont les plus impactées ? On parle notamment des agences de voyage…

Les agences de voyages et le secteur de l'événementiel sont particulièrement touchés. Les voyagistes estiment que la baisse a été de 20 % sur le premier trimestre 2020 et va atteindre, voire dépasser 80 % sur le reste de l'année, qui concerne 78 % de l'activité.

Cette crise n'est-elle pas l'occasion de promouvoir le slow Tourisme, qui privilégie la proximité, le social et l'écologie ?

Le slow Tourisme est un axe de développement touristique que nous avons déjà mis en œuvre et sur lequel nous comptons nous appuyer pour accompagner la résilience du territoire. Nous sommes convaincus que ce type de tourisme, destiné à découvrir nos territoires, s'inscrit dans ce contexte actuel. Il faut anticiper une reprise avec un tourisme franco-français et de proximité. C'est vers cet objectif que nous orienterons nos efforts de communication sur les atouts de la Seine- et-Marne en tant que destination « nature » par excellence.

Le camping ne pourrait-il pas constituer une véritable alternative tout en menant une réflexion sur le protocole des gestes barrières ?

L'hôtellerie de plein air, dont la Seine-et-Marne est bien dotée, est, en effet, une opportunité supplémentaire dans le développement du slow tourisme, sachant que la clientèle francilienne (65 %, dont 15 % de Seine-et-Marnais) est la plus représentée dans les campings du département. D'ailleurs, 2019 a été l'une des meilleures années avec plus d'un million de nuitées. Ces bons chiffres témoignent de l'attractivité et de l'engouement de la clientèle pour ce type d'hébergement. Dans cette optique, nous allons travailler avec les professionnels à la mise en place d'un accueil sanitaire adapté à la situation « Covid-19 ».

Quel est le point de la situation concernant les principaux événements départementaux qui devaient être organisés lors des prochains mois. Des reports sont-ils déjà prévus pour l'automne ou ont-ils été purement annulés ?

Les festivals sont annulés jusqu'à mi-juillet. À ce stade, nous n'avons pas encore une vision très précise sur les annulations ou les reports au-delà de cette date.
De nombreux événements annulés n'auront probablement lieu qu'en 2021 en raison des difficultés de reports et d'organisations.

Comment vont s'adapter les principaux sites du département (châteaux, parcs d'attraction, parcs animaliers…) ?

La majorité des sites estiment que la relance de l'activité touristique n'interviendra qu'en 2021. Tous s'accordent à dire qu'ils ne pourront pas rattraper le manque à gagner.
Certains se sont adaptés en proposant des visites virtuelles d'expositions, podcasts, concerts ou spectacles en ligne, archives de la radio et de la télévision, conférences, jeux et activités ludiques, contenus éducatifs pour les enfants…

Restez-vous optimiste, malgré tout ?

Oui, car la Seine-et-Marne est la destination idéale pour partager de bons moments en famille ou entre amis. Avec ses 130 000 hectares de forêt, dont la forêt de Fontainebleau, elle est aussi un terrain de jeux idéal pour de nombreux citadins et visiteurs en quête de grand air et désireux de se ressourcer. Notre patrimoine historique et architectural et notre activité culturelle et de loisirs sont extrêmement riches. Ils sont la garantie de belles expériences. Notre département dispose de formidables atouts et nous mettrons tout en œuvre pour que notre destination, dans la première Région touristique de France, puisse continuer de rayonner dans les mois qui suivront la sortie de crise.




MSM REDACTION
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