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Sylvain Roux « la crise sanitaire a déséquilibré le marché de l'immobilier »

le - - Économie - Vie des entreprises

Sylvain Roux « la crise sanitaire  a déséquilibré le marché de l'immobilier »
@ DR

Premier syndicat patronal et première organisation professionnelle du secteur immobilier en France et en Europe, la Fédération nationale de l'immobilier (FNAIM) a joué un rôle déterminant durant la crise sanitaire. Sylvain Roux, président de la Chambre FNAIM de Seine-et-Marne depuis 2017 et directeur d'une agence immobilière à Chelles, revient sur ces derniers mois difficiles. Il confirme un net regain d'intérêt pour les biens situés dans le département, mais constate aussi un déséquilibre du marché actuel.

Quel est l'état général du marché de l'immobilier en Seine-et-Marne depuis la fin du confinement ?

D'après mes confrères, cela va plutôt bien. C'est le moment de vendre. On retrouve une situation comparable à celle des années 2005, 2006. Le confinement a été un accélérateur dans la prise de décision de beaucoup de gens, qui avaient un projet, mais plutôt sur le long terme. Même chose pour les investisseurs immobiliers qui se sont montrés plus actifs en décidant de placer leur argent dans des biens qu'ils avaient l'intention de mettre en location par la suite. C'est notamment le cas à Chelles, dans mon secteur. Il y a donc énormément d'acheteurs. La difficulté, c'est qu'on n'a pas assez de vendeurs. La moindre affaire est réglée en 48 heures. Ce n'est pas forcément très bon, car il n'y a pas de stock disponible. L'acheteur ne peut plus négocier le prix. Actuellement, il y a environ quatre acheteurs pour un vendeur. Le marché est donc déséquilibré et les prix grimpent.

Est-ce un vrai problème ?

Oui, car il peut y avoir de la surenchère. Les acheteurs ont tendance à surestimer la valeur de leur bien. On ne sait pas combien de temps cela va durer et à quel moment le marché va se réguler. Cette situation est forcément due à la crise sanitaire. D'un autre côté, nous, les professionnels, sommes ravis, car nous parvenons à vendre rapidement.

Quel est le montant moyen des transactions actuellement ?

Entre le nord et le sud du département, il y a de grosses différences. Les maisons avec cinq pièces avec jardin se vendent 350 000 euros dans le Nord contre 250 000 euros dans le Sud, avec les mêmes prestations. On vend plus de maisons que d'appartements actuellement.

Justement, comment expliquez-vous ce nouvel engouement, notamment des Parisiens, pour la Seine-et-Marne ?
Est-ce une tendance ponctuelle ou un phénomène durable ?

L'effet confinement y est pour beaucoup évidemment. Je cours très souvent dans la forêt de Fontainebleau.En mai et juin, je n'ai jamais vu autant de monde. C'était un bazar sans nom. À croire que les Parisiens ont découvert qu'il existait une forêt à Fontainebleau ! Il y a donc eu des visites dans tout le Sud du département, mais surtout dans le secteur de Fontainebleau. Même chose à Nemours où je connais un confrère qui a été débordé par les demandes. Mais peu de projets se sont finalement concrétisés. Certains se sont réalisés, notamment sur des résidences secondaires, mais il n'y a pas eu d'exode. Pour l'instant, on peut dire que c'était vraiment ponctuel.

Pensez-vous que cet attrait pourrait connaître un prolongement avec le développement du télétravail ?

Oui, mais les Parisiens ont l'habitude d'avoir tout à disposition. Certains, qui ont découvert le télétravail, se sont sûrement dit pourquoi pas ? La distance entre le domicile et le travail ne pourrait ainsi plus être un problème. Mais ce phénomène ne fait que commencer. Il faudra attendre un peu avant de pouvoir se prononcer réellement.

Le comportement des acheteurs a-t-il changé ?

Ils sont davantage exigeants et ils ont raison de l'être. De toute façon, plus ils possèdent d'informations et plus ils sont exigeants.

La crise sanitaire vous a-t-elle obligé à modifier vos méthodes de travail ? Qu'en est-il, par exemple, des visites virtuelles ?

Quelques réseaux ont mis en place ce système, mais cela reste marginal. Je ne sens pas mes confrères très emballés par ce système, car pour acheter un bien, il faudra toujours se déplacer. Maintenant, on a pris des précautions en mettant en place un protocole sanitaire. Pour les visites, le port du masque est obligatoire. On limite le nombre de visiteurs et on ne pratique plus le co-voiturage avec les visiteurs. On évite aussi les visites groupées. On est très vigilants sur ces mesures, mais qui ne sont pas si contraignantes que cela, finalement.

Votre secteur a-t-il beaucoup souffert de cette crise. Des fermetures d'agences sont-elles à craindre ?

Il est certain que des agences vont avoir du mal à survivre, surtout celles qui venaient d'ouvrir au début de cette année. C'est très difficile de faire entrer des mandats. La situation reste parfois tendue. Si vous ne possédez pas un portefeuille clients, de l'ancienneté et de la notoriété, cela devient très vite compliqué. Maintenant, aucun secteur géographique ne souffre en particulier. Tout le monde travaille.

Quelles mesures votre fédération a-t-elle prises au moment du confinement ?

À la FNAIM, notre mot d'ordre a été l'arrêt complet, car cela n'aurait pas été raisonnable de continuer à travailler dans ces conditions. Et comme le télétravail est impossible à mettre en place dans notre profession, les transactions ont donc été stoppées pendant deux mois.

Vos adhérents vous ont-ils davantage sollicités ?

Oui, nous avons reçu de nombreux appels d'adhérents inquiets. Ils souhaitaient, par exemple, obtenir des informations concernant les prêts garantis par l'État (PGE) et le chômage partiel. Nous les avons encouragés à recourir à ce type d'aides, afin de leur permettre d'avoir de la trésorerie, ce qui est toujours intéressant en ce moment. On a également publié des newsletters pour les rassurer et pour qu'ils comprennent mieux les différents dispositifs mis en place. Enfin, nous avons décidé de ne pas faire payer de cotisation à tous nos nouveaux adhérents pour l'année 2020. Pour certains autres, on a mis en place des échéanciers, comme le ferait une banque, pour qu'ils puissent se remettre à flot.

La FNAIM a également contribué au développement de la signature à distance d'actes notariés…

Oui, notre fédération et son président ont joué un rôle déterminant. Ce n'était pas évident, car les notaires n'y étaient pas très favorables au départ (NDLR : un décret a été publié au Journal officiel le 4 avril dernier). Il a fallu les mettre un peu au pied du mur…

La menace d'une deuxième vague épidémique est bien réelle.
Que signifierait un nouveau confinement, même localisé ?

Ce serait une catastrophe. Il faut savoir que le chiffre d'affaires annuel moyen de nos adhérents tourne autour de 150 000 euros. Un nouveau confinement aurait donc des conséquences dramatiques pour tout notre secteur.

Comment envisagez-vous la fin de l'année ?

Le marché va continuer de connaître ce déséquilibre, dont je parlais auparavant. J'espère donc qu'un rééquilibrage va s'amorcer pour que les prix n'augmentent plus trop. Aujourd'hui, il est très compliqué de se lancer dans ce métier. Je conseillerai aux candidats d'attendre un peu ou bien, il faut qu'ils se lancent avec une trésorerie solide.

LA FNAIM, ACTEUR INCONTOURNABLE DE L'IMMOBILIER

Sylvain Roux est un des membres dirigeants de la Fédération nationale de l'immobilier (FNAIM). Premier syndicat patronal et première organisation professionnelle du secteur de l'immobilier en France et en Europe, la FNAIM a été créée le 11 février 1946 à Paris. Comptant 12 000 membres, elle représente plus de 40 % des professionnels et des salariés en activité. 13 métiers sont représentés et défendus par la FNAIM, présente sur tout le territoire avec 18 chambres régionales et 63 chambres départementales. A cette organisation viennent s'ajouter deux autres chambres spécialisées : la chambre des diagnostiqueurs et la chambre des experts.

La Chambre syndicale départementale de Seine-et-Marne a été fondée dans les années 1950 et est devenue indépendante le 9 avril 1961. Ses locaux sont situés à Dammarie-
les-Lys depuis 1991.




MSM REDACTION
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