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Subventions aux entreprises : une opportunité bien méconnue

le - - Actualité - Grand témoin

Subventions aux entreprises : une opportunité bien méconnue

La nouvelle carte fixe à 13 le nombre des futures régions. Une des conséquences de ce redécoupage n'a pas encore pris sa place dans les débats : les conséquences du redécoupage sur la politique de subventions des futures régions. Primo Finance, cabinet qui accompagne les entreprises françaises dans leur recherche de subventions françaises et européennes, s'interroge sur l'impact de cette réforme sur les subventions aux entreprises. A cette occasion, la co-fondatrice du cabinet, Clara Moreau, entend promouvoir ces subventions bien mal connues et trop peu sollicitées par les entreprises.

Affiches parisiennes : Quelle est la tendance actuelle pour les subventions aux entreprises, en quelques mots ?
Clara Moreau : Pour le moment, on voit encore peu clair à l’impact de ce redécoupage régional. Ce que l’on peut dire, c’est qu’il y a depuis un moment une évolution des subventions : certains dispositifs sont revus à la baisse dans le cadre des économies réalisées sur le budget public. Les régions vont évoluer, de nouvelles superficies vont être attribuées aux régions, des problématiques neuves vont apparaître, l’impact sur les dispositifs de subventions est donc une certitude.

A.P : Pouvez-vous préciser ce qu’est « un dispositif de subventions » ?
C.M : Il s’agit de dispositifs d’aides européens, nationaux, ou locaux, qui permettent aux entreprises d’obtenir des subventions pures, des prêts à taux zéro ou à taux bonifié. Chaque dispositif a ses critères spécifiques, et les entreprises relèvent donc de tel ou tel dispositif. Aujourd’hui, peu de chefs d’entreprise font la démarche d’obtention de subventions.

A.P : Comment l’expliquer ?
C.M : Aujourd’hui, on parle beaucoup de « maquis de subventions » car les entreprises doivent se débrouiller parmi  6000 dispositifs, c’est un travail fastidieux. Le chef d’entreprise qui souhaite faire les démarches seul se confronte à pas mal d’obstacles : trouver les bons dispositifs, les bons interlocuteurs, savoir démontrer l’intérêt du projet au niveau local, convaincre les organismes publics... La seule phase d’information est déjà longue. Vient ensuite le moment où il faut monter le dossier d’éligibilité. Les démarches durent jusqu’à 3 ans, entre le moment où on commence les démarches et le moment où les fonds sont débloqués (notamment pour la construction de bâtiments). Dans une société, il n’y a pas nécessairement quelqu’un  dédié à la recherche de subventions.

A.P : Donc les entreprises ont connaissance de ces dispositifs, mais n’y ont pas recours ?
C.M : Il y a plusieurs cas de figures. Le chef d’entreprises qui sait qu’il y a des aides, mais qui sollicite le mauvais dispositif ou s’adresse au mauvais interlocuteur et donc qui se décourage ; celui qui lance les démarches mais dépasse les délais imposés ; celui qui signe la commande mais qui commence les travaux ou achats d’équipement avant l’obtention des subventions ; l’entreprise qui se sépare du chargé de recherche de subventions, etc. Il y a aussi 40%% des entreprises qui ont obtenu les accords de subventions mais qui ne les perçoivent pas, faute d’avoir envoyé dans les délais impartis, les documents nécessaires au déblocage de fonds.

A.P : Ne devrait-on pas alors simplifier les démarches de recherche de subventions ?
C.M : C’est tout l’intérêt de notre activité et de Primo Finance. Le chef d’entreprise qui a un projet nous contacte. On l’informe dans les 48 heures sur ces chances de percevoir ou non des aides. L’intérêt pour lui est de n’avoir affaire qu’à un seul interlocuteur et de s’assurer qu’il ne passera à côté d’aucune aide à laquelle son projet est éligible. Primo Finance s’occupe de monter le business plan du projet, le dossier de sollicitation des organismes, assure le suivi, est présent aux rendez-vous avec les élus, jusqu’à l’obtention des subventions et même au-delà dans les opérations de contrôle ultérieures qui peuvent avoir lieu. Notre action : simplifier l’accès aux subventions pour les entreprises.

A.P : Quel serait le nombre raisonnable de dispositifs à conserver ?
C.M : Il faudrait faire une étude à l’échelle nationale pour pouvoir étudier leur pertinence respective, regarder à la loupe chaque dispositif, voir quel montant de subventions est alloué pour chacun d’entre eux et si ce montant est cohérent avec les résultats obtenus.

A.P : Etes-vous soumis à une obligation de résultats ?
C.M : Primo Finance fonctionne sur deux modes de rémunération : au forfait, ou au résultat. Etant donné que les chefs d’entreprise sont sceptiques sur le fait d’obtenir des aides, Il est vrai qu’ils préfèrent rémunérer au résultat, auquel cas on prend 100%% des risques. C’est pourquoi on choisit en amont les dossiers avant de s’engager grâce à une pré-étude réalisée en interne. C’est l’expérience qui parle à ce moment-là !

A.P : Sur quels critères ces subventions sont-elles accordées ?
C.M : Il faut que le projet soit viable financièrement : l’entreprise doit pouvoir obtenir le financement bancaire du projet car les subventions n’aident qu’à financer une partie du projet, jamais tout. Les projets auxquels sont accordées les subventions impliquent nécessairement un aspect de développement de l’entreprise, et non pas seulement renouvellement (achat de nouveau matériel, recrutement, construction/extension de bâtiment, export, ou projet d’innovation). Le projet doit permettre à l’entreprise d’aller sur de nouveaux marchés, conquérir de nouveaux clients, diversifier ses activités, ou en tout cas, d’augmenter son chiffre d’affaires. On tend désormais vers un système d’appel à projets, ce qui nécessite d’avoir un projet très bien ficelé. Une note est donnée par les comités aux projets en fonction du respect des critères préétablis. Les fonds sont versés aux projets obtenant les meilleures notes, un peu à la manière d’un concours.

A.P : Quel est le profil de votre client-type ?
C.M : Une entreprise SARL, SAS, EURL. La plupart sont dans l’industrie au sens large : une entreprise qui produit est effectivement plus aidée qu’une entreprise qui fait du service ou du conseil. Primo Finance n’intervient pas pour des entreprises qui cherchent à se créer mais pour des sociétés qui ont plus de 3 ans d’existence. Les créateurs d’entreprise sont déjà accompagnés par d’autres acteurs en France, dans leur recherche de subventions : les chambres de commerce et des métiers, des réseaux associatifs comme Initiative France, et beaucoup d’autres encore.

A.P : Quelle est la conséquence directe du redécoupage régional sur les subventions ?
C.M : Difficile de s’avancer dès aujourd’hui sur le sujet, c’est le tout début. Notre seule certitude est que les dispositifs de subventions vont être revus. Je ne tire pas nécessairement la sonnette d’alarme, je pose juste des questions.  Je me demande si – du point du vue des subventions - le moment était bien choisi pour engager une telle réforme. Les subventions qui sont allouées aux entreprises sont issues pour la plupart de fonds européens. Or, on est en ce moment-même sur une nouvelle programmation de fonds européen pour la période 2014-2020. Des dispositifs sont donc en train de s’ajuster et la visibilité en est déjà amoindrie. Avec le redécoupage, les régions vont se trouver couplées à d’autres qui n’ont pas forcément la même économie et le même profil d’entreprises. Le « tissu d’entreprises régional»  se modifiant, il va falloir repenser les dispositifs. En bref, le redécoupage va avoir un impact. Positif ou négatif, l’avenir nous le dira !

A.P : Dans quelle mesure ce « tissu d’entreprises régional » va-t-il évoluer ?
C.M : Sur une région, toutes les entreprises ne sont évidemment pas les mêmes, mais le fait de joindre une région à une autre va apporter un nouveau « paysage d’entreprises » dont les activités n’étaient pas ou peu présentes dans la région initiale. Je pense par exemple à la réunion des régions Rhône-Alpes et Auvergne… Le nombre d’entreprises par région va augmenter, le choix des capitales régionales va être repensé, influant peut-être sur les activités auxquelles on va donner la priorité.

A.P : Peut-être ce redécoupage aura-t-il à tout le moins le mérite de refaire une certaine publicité aux subventions aux entreprises… ?
C.M : Tout à fait. Si cette réforme est l’occasion d’améliorer leur visibilité, c’est tout à fait positif. On ne met pas assez en avant l’impact positif des subventions sur les projets des entreprises. On entend parfois que les subventions sont une opportunité pour l’entreprise, et qu’elle avancera dans son projet, avec ou sans subventions. Effectivement, une entreprise qui a un projet de développement le mettra à exécution avec ou sans aides. Néanmoins, l’octroi d’une subvention permet de réaliser un projet d’envergure plus important que ce qui était prévu : un bâtiment un peu plus grand, un recrutement étendu, une démarche à l’export débuté plus tôt que prévu… . L’aspect psychologique n’est pas non plus négligeable : une entreprise aidée par l’Etat est aussi une entreprise encouragée et rassurée dans ses démarches. On parle déjà peu de l’allocation de subventions, on parle encore moins de leur impact positif. J’insiste, c’est extrêmement dommage, les entreprises qui osent aujourd’hui se développer sont si peu nombreuses…

A.P : La subvention, c’est donc un « plus » ?
C.M : La subvention ne finance jamais  totalement un projet. C’est un accélérateur de développement, un coup de pouce important puisque la subvention peut représenter entre 10 et 40%% du financement du projet, voire 50%% dans quelques cas exceptionnels. Aussi, l’entreprise peut s’offrir une trésorerie plus confortable. Quand une entreprise rentre dans une phase de développement, elle traverse en effet une période difficile au cours de laquelle elle engage des dépenses sans avoir encore retour sur investissement.

A.P : Parmi les entreprises qui font appel à vous, quel est le taux de celles qui sont susceptibles de recevoir des subventions ?
C.M : Il y a à peu près un projet sur deux qu’on ne traite pas parce qu’on sait qu’ils ne pourront pas percevoir d’aides. C’est un taux important mais il faut savoir que plein de projets nous sont présentés, de tout type, sans écrémage préalable. Beaucoup de projets sont aussi purement et simplement en dehors de notre champs d’action, ce qui ne veut pas dire que l’entreprise ne peut pas être aidée pour autant. Toutefois, 95%% des projets que l’on retient obtiennent effectivement des aides. Et le montant de subventions perçu est très souvent à la hauteur de nos estimations.

A.P : Avez-vous envisagé d’aller directement attirer l’attention des organismes publics sur cette question ?
C.M : Pas vraiment, on est pris dans notre activité…tout comme les entreprises qui ne trouvent pas le temps de faire les démarches d’obtention de subventions ! Sûrement à tort, on ne prend pas le temps de se faire connaître auprès des « hautes sphères » pour donner notre humble avis et faire avancer les choses. Notre démarche de se faire connaitre passe davantage par les médias : peut être que si la presse s’intéresse davantage à  l’importance des subventions aux entreprises, l’Etat s’en préoccupera plus.

A.P : Votre méthodologie de travail chez Primo Finance va-t-elle par conséquent changer ?
C.M : Non. Rappelons que rien ne change au niveau européen et au niveau national. Seuls les dispositifs de subventions locales sont susceptibles d’être modifiés. Or, les dispositifs d’aides aux entreprises sont financés par des fonds européens au fur et à mesure que l’Etat recule dans l’allocation de ces subventions…

A.P : Quels sont les retours que vous avez des chefs d’entreprise avec qui vous avez travaillé ?
C.M : Je pense que tous les chefs d’entreprise avec qui on travaille sont satisfaits de notre intervention, voire agréablement surpris du montant de la subvention obtenue. C’est une satisfaction pour nous. On entretient une très bonne relation avec eux parce qu’ils nous confient des projets importants dans leur carrière. D’ailleurs, les clients historiques qui relancent des projets nous sollicitent à nouveau.

 

 A PROPOS DE PRIMO FINANCE…

A.P : Pouvez-vous me parler de Primo Finance ? D’où vient l’idée ?
C.M : Notre société a été créée en octobre 2008. Mon mari et moi-même en sommes les deux fondateurs.  Je suis fille de chef d’entreprise. Mon père, qui est dans l’industrie mécanique, a parfois besoin d’acheter de grosses machines qui représentent un montant d’investissement très important. Il faisait des démarches d’obtention de subventions  et, par son expérience, je me suis rendue compte que ce n’était pas si simple. L’idée est partie de là. Nous avons fait une enquête interne au cours de laquelle nous avons appelé de nombreuses entreprises en France. Résultat : seulement 10%% des entreprises contactées réalisaient des démarches d’obtention de subventions.

A.P : Êtes-vous pionniers dans cette activité ?
C.M : Au moment où l’on a crée la société, il n’y avait que peu d’entreprises proposant ce type de services. Peut-être au niveau départemental ou régional, mais pas tellement au niveau national. Aujourd’hui, les concurrents apparaissent ! Notre différence essentielle, c’est de se concentrer sur les entreprises en développement quand beaucoup d’autres cabinets s’occupent des aides liées à l’innovation.

 

Primo Finance en chiffres :
 
 280 entreprises accompagnées depuis la création du cabinet en 2008,
 Taux de réussite de 95%%,
 Durée moyenne d’un dossier, 6 mois et au maximum 2 ans, en fonction des projets,
 Clientèle composée à 80%% de PME et 20%% d’ETI-GE*,
 30 M€ d’aides obtenues depuis 2008,
 10 à 50%% des enveloppes d’investissement ont pu être couverts par des aides,
 L’investissement minimum concerné par une demande d’aide est de 150 K€.
 
*Entreprise Tailles Intermédiaires et Grandes Entreprises



Eric GUERIN
Journaliste

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