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soldes d'été : un Bilan mitigé

Petits prix et crise sanitaire ne font décidément pas bon ménage. Pour la deuxième année consécutive, les chiffres sont en berne et l'impression générale des principaux acteurs demeure mitigée. Commencée le 30 juin, cette période promotionnelle s'est achevée le 27 juillet. Retour sur un triste mois confirmé par l'enquête menée par le Syndicat des indépendants (SDI).
soldes d'été : un Bilan mitigé
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Petits prix et crise sanitaire ne font décidément pas bon ménage. Pour la deuxième année consécutive, les chiffres sont en berne et l'impression générale des principaux acteurs demeure mitigée. Commencée le 30 juin, cette période promotionnelle s'est achevée le 27 juillet. Retour sur un triste mois confirmé par l'enquête menée par le Syndicat des indépendants (SDI).

La consultation du SDI (organisation professionnelle représentant 25 000 TPE comptant 19 salariés maximum) s'est déroulée les 23 et 24 juillet auprès de 512 entreprises. Sans surprise, les résultats confirment la morosité ambiante. En effet, 58 % des personnes interrogées dressent un bilan négatif et 66 % d'entre elles ne voient plus d'intérêt commercial à cette période de prix cassés. « Le bilan est décevant », a ainsi résumé Yohann Petiot, directeur général de l'Alliance du commerce, première organisation professionnelle dans l'équipement de la personne. Tentative d'explication.

Un démarrage encore trop tardif

L'an passé, le choix de démarrer les soldes le 15 juillet avait été considéré comme une erreur. Rebelote cette année, même si le Gouvernement a tenté de rectifier le tir en les faisant débuter le 30 juin. Une ouverture jugée de nouveau trop tardive (67 % des personnes interrogées), d'autant plus que la date initiale était le 23 juin. Bref, un timing enore peu pertinent. La faible fréquentation au mois de juillet s'explique aussi par le fait que les Parisiens ont décidé d'aller s'aérer à la même période. En fait, ils ont surtout consommé dès le 19 mai, date de la réouverture des magasins et de la fin du troisième confinement. Ensuite, la source s'est tarie jusqu'à un écroulement constaté à partir de la mi-juillet.

Une météo capricieuse et un virus tenace

Le temps pluvieux, qui a sévi quasiment durant tout juillet, n'a pas donné envie aux consommateurs de sortir pour aller flairer les bonnes affaires. Le variant Delta du Coronavirus, plus contagieux, a également changé la donne et refroidi pas mal de candidats au shopping. Si on ajoute à cela l'absence de touristes étrangers et la persistance du télétravail, autres conséquences de la crise sanitaire, on comprend plus facilement pourquoi les commerçants font la grimace aujourd'hui.

Des stocks toujours encombrants

Les soldes n'ont pas changé grand-chose à un phénomène lié aux confinements successifs : une large majorité de boutiques (69 %) demeurent confrontées à des stocks surabondants. Le taux de marchandises restant à écouler est, en effet, supérieur à une année normale . C'est ce que pensent 50 % des personnes consultées. L'absence de ventes privées en amont des soldes (78 % des commerçants sondés affirment ne pas y avoir recouru) n'a rien arrangé. Raison pour laquelle les commerçants, dans leur ensemble (74 %), réclament que l'aide gouvernementale pour les stocks invendus (versée le 25 mai dernier) soit renouvelée.

Une politique promotionnelle en question

Entre les soldes d'hiver et d'été, les ventes privées ou flash et les liquidations de stocks, le client a du mal à s'y retrouver. Le SDI souhaite donc que le Gouvernement remette à plat toutes ces périodes de promotions, afin de rendre le système plus équitable, notamment pour les petits commerçants. Ces derniers pourront toujours se consoler en se disant qu'un léger mieux a été observé cette année par rapport à 2020 (+ 12 %). Mais si on se réfère aux chiffres d'avant-Covid, c'est-à-dire ceux de 2019, c'est la dégringolade (- 10 % d'activité). Les personnes interrogées estiment même que leur chiffre d'affaires à l'issue de ces soldes d'été est inférieur de 61 % à celui d'il y a deux ans. En fait, c'est tout le premier semestre qui s'est révélé catastrophique, notamment en raison des fermetures administratives avec un chiffre d'affaires en baisse de 20 à 30 %. Les soldes d'été n'auront pas fait de miracles.

Jean-Luc Jalbert, commerçants à Melun « Mi-juillet, il y a eu une baisse de la fréquentation »

Jean-Luc et Béatrice Jalbert possèdent deux magasins de prêt-à-porter dans le centre-ville de Melun. Pour ce couple, les soldes d'été se sont relativement bien passés. « Nous avons travaillé presque normalement »,
affirme Jean-Luc, qui a ouvert son magasin il y a 21 ans. « Mi-juillet, il y a eu une baisse de la fréquentation, car certains de mes clients sont partis en vacances, mais j'ai eu la surprise de revoir d'anciens clients qui n'étaient plus revenus depuis le début de la crise sanitaire. » Son épouse Béatrice, elle, a fait preuve d'imagination pour écouler sa marchandise. « J'ai décidé de proposer un déstockage total, confie celle qui gère sa boutique depuis 2008. Mes clients ont cru qu'on allait fermer définitivement et ils sont venus ! » Une astuce qui a dépassé ses espérances, puisque les chiffres ont été meilleurs que ceux de 2019, avant la pandémie. Ces résultats encourageants redonnent le sourire aux deux commerçants qui redoutent une seule chose : devoir refermer. « Ce serait une catastrophe », estime Jean-Luc.
« On n'imagine pas tous les problèmes qu'une fermeture peut engendrer. »

Délégué de l'Union des commerçants et artisans de Melun (Unicom), Myriam Fouquart observe de près la situation du commerce local : « comme les loyers sont trop chers, on ne parvient pas à garder nos très bons commerçants. C'est dommage, car il existe une belle clientèle à Melun. » Pour ces soldes mitigées, elle a une explication : « les débuts ont été bons, car il y avait du stock, mais il a été liquidé. Après, les gens ont préféré partir en vacances et le retour de l'épidémie a créé une forme de peur. Après le discours du président Macron, le 12 juillet, il y a eu une cassure. Pour être commerçant, à Melun, il faut savoir s'adapter et être motivé. »

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