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Smitom-Lombric : « le meilleur déchet est celui que l'on ne produit pas »

le - - Économie - Vie des entreprises

Smitom-Lombric : « le meilleur déchet est celui que l'on ne produit pas »
© DR

Franck Vernin, président du Syndicat de traitement des déchets ménagers du Centre Ouest seine-et-marnais, présente cette structure qui couvre 67 communes et évoque ses missions. Un nouveau parcours de visites du Smitom-Lombric, baptisé la Galerie du lombric, va également voir le jour en janvier.

Qu'est-ce que le Smitom-Lombric ?

Le Smitom-Lombric assure le traitement des déchets de 67 communes du Centre-Ouest seine-et-marnais et la collecte pour 30 d'entre elles. Notre particularité, c'est l'acronyme Lombric (qui signifie “les ordures ménagères bien recyclées, incinérées, ou compostées”), qui est unique en France, à la différence de l'acronyme Smitom que l'on retrouve plus ou moins sous cette forme chez les autres syndicats de traitement.

L'autre particularité de notre syndicat, qui nous est souvent enviée, c'est que nous avons la double compétence du traitement et de la collecte, nous incinérons les ordures ménagères et nous traitons notamment les déchets verts qui passent au compostage. Et pour certaines communes, nous avons un service à la carte de traitement des ordures ménagères. Le site de Vaux-le-Pénil abrite pour l'essentiel un centre d'incinération et de valorisation énergétique, qui permet d'alimenter certains bâtiments en eau chaude sanitaire et en chauffage. Nous avons aussi un centre de tri des emballages. Par ailleurs, nous mettons à disposition des composteurs à tarif réduits, sur simple demande.

Quel est votre rôle ?

Nous sommes 54 élus au syndicat. J'en suis le président. Notre rôle est de faire des choix politiques d'orientation et des choix financiers. Ces choix sont ensuite mis en œuvre par nos services, dont la direction est assurée par Patrick Scheurer.

Nos équipes, plutôt modestes (atteignant quelque 30 personnes), ont vocation à contrôler les prestataires. À titre d'illustration, le centre de tri est exploité par Generis (une filiale de Veolia) à travers une délégation de service public. Generis dispose de ses propres salariés. Les installations appartiennent cependant au Smitom-Lombric, qui a réalisé les investissements.

Le syndicat comporte également un service communication. Nous avons des éco-ambassadeurs sur le terrain, pour sensibiliser les jeunes au sein des écoles, sur les marchés, ou dans des centres commerciaux. Ils tiennent un stand lors de journées de sensibilisation, pour encourager les administrés à consommer différemment, à ne pas acheter de produits suremballés, etc.

C'était tout l'objet de votre participation à la Semaine européenne de réduction des déchets ?

Nous avons tenu des stands en partenariat avec l'ensemble des enseignes de grande surface du territoire du Smitom-Lombric. Nous sommes intervenus en partenariat avec l'association E-graine pour faire des animations sur la réduction des déchets et donner des conseils éco-responsables.

Nous avons aussi beaucoup communiqué sur les radios locales et sur Facebook, où nous prodiguons des conseils anti-gaspillages et sur la réduction des déchets.

Nous nous mobilisons pour essayer de toucher nos administrés au maximum sur ce type de messages (consommer en vrac, réparer des appareils ménagers…). Nous essayons de contrecarrer certaines habitudes. Il se crée d'ailleurs de plus en plus d'associations pour porter ces messages, tels que les “repair cafés”. Nous avons à ce titre une recyclerie à Vaux-le-Pénil, qui reprend du matériel (livres, meubles, textile…) à des prix modestes, pour permettre à des personnes ayant peu de ressources d'y accéder. Nous donnons ainsi une seconde vie aux objets.

Cela nous permet aussi de travailler sur l'insertion, avec l'association La Rose des Vents, qui gère la recyclerie, et dont l'équipe comprend des personnes éloignées de l'emploi. Le but étant, qu'au bout de quelques mois, ces personnes puissent réintégrer le circuit classique et disposer d'un emploi pérenne.

Comment articulez-vous vos actions avec les entreprises, comme UtopiHa, qui collectent les déchets de bureau ?

Nous menons une réflexion avec cette structure. L'objectif, c'est de développer deux schémas parallèles et complémentaires, UtopiHa étant axée sur les déchets des entreprises et nous sur les déchets des ménages. Nous sommes financés indirectement par la taxe sur les ordures ménagères (TEOM) que paient nos administrés. Les petites entreprises, qui génèrent peu de déchets, peuvent la payer. Les plus grandes structures sont dégrevées et s'adressent soit à une entreprise privée, soit au Smitom-Lombric, qui va facturer au service rendu. C'est la redevance spéciale.

Du côté du Smitom-Lombric, ce service est-il développé à la marge ?

Nous le développons de plus en plus. Les entreprises sont en demande. Ce qui va de soi, puisque le service, calibré pour les particuliers, ne correspond pas à leurs besoins et la TEOM n'a pas vocation à financer cela. Ce service était auparavant géré par l'agglomération Melun Val de Seine, qui l'a délégué il y a deux ans pour des raisons d'efficacité. Sur rendez-vous, le Smitom-Lombric s'enquiert du tonnage auprès de chaque entreprise, à l'instar des commerces de bouches (qui produisent beaucoup de déchets) ; ce qui nous permet de facturer au juste coût. De cette façon, il n'y a pas de confusion entre les déchets issus des ménages et ceux générés par les entreprises, comme je l'ai dit, ont la possibilité de payer par le système de redevance spéciale.

Cette taxe finance l'usine, le tri des emballages ; et pour certains adhérents l'enlèvement, mais aussi les déchèteries. Nous en avons 11 sur le territoire. Elles sont accessibles aux particuliers et aux entreprises sous forme de convention.

La question des déchets sauvages est d'ailleurs prégnante en Seine-et-Marne…

Les personnes qui déposent ces déchets ne vont de toute façon pas avoir recours à nos déchèteries, qui exigent de la transparence… Ces dernières sont ouvertes à tous les particuliers, qui ont droit à 36 passages (la moyenne est de 12) sans payer. Comme je l'ai mentionné, nous pouvons passer des conventions, aussi bien avec des entreprises du territoire que des entreprises extérieures travaillant sur des chantiers du territoire du Smitom-Lombric.

Nous essayons au maximum d'ouvrir ces déchèteries (il s'agit de notre premier poste de dépense avant l'incinération) pour, effectivement, éviter ces dépôts sauvages. Elles sont situées à moins d'un quart d'heure de route des administrés.

Vous allez également ouvrir un nouveau parcours de visite, « la Galerie du lombric » ?

L'unité de valorisation énergétique va subir de très gros travaux et dans ce cadre, nous avons souhaité porter un nouveau parcours de visite, qui permettra notamment à des écoliers de découvrir ce site industriel avec beaucoup d'images de synthèse, de caméra, des quizz, des outils de manipulation, mais aussi es outils numériques, une table de tri, une “déchéthèque”, des visions à 360° pour visiter le cœur des installations… Les fours étant isolés phoniquement et thermiquement, l'installation parle peu au visiteur, malgré les panneaux qui décrivent le processus de valorisation énergétique. C'est pourquoi nous avons souhaité mettre en place cette démarche, avec une approche plus ludique, plus interactive. Les visites sont gratuites et ouvertes à tout type de publics (familles, scolaires, associations, entreprises…). L'idée est encore une fois de sensibiliser le plus grand nombre d'habitants, notamment les enfants. L'EOGN (École des officiers de la gendarmerie nationale) vient aussi nous rendre visite régulièrement. Il existe un potentiel important de visiteurs que nous aimerions capter.

À quelle date pensez-vous ouvrir le parcours ?

Nous sommes actuellement en travaux, nous tablons sur une ouverture au mois de janvier. Un deuxième lieu sera également ouvert aux visiteurs, à Réau, où se trouve un site de compostage de déchets verts, une déchèterie et un quai de transfert. Le parcours se tiendra uniquement en extérieur, à la différence du site de Vaux-le-Pénil. Elle sera également accompagnée et agrémentée de tablettes et de panneaux.

Nous sommes aussi accompagnés par l'éducation nationale sur ce projet, pour réellement mettre en place des outils adaptés, qu'il s'agisse des outils numériques ou d'outils plus traditionnels, comme les panneaux, les outils de manipulations.

C'est l'Union européenne qui fixe une partie de nos objectifs, notamment sur la réduction des déchets, ce qui implique une communication puissante et répétitive.

Le Smitom-Lombric en détail

Le syndicat est constitué de quatre adhérents : un syndicat intercommunal (Smictom de la Région de Fontainebleau), une communauté de communes (Communauté de Communes Brie des Rivières et Châteaux) et deux communautés d'agglomération (Communauté d'agglomération Melun Val de Seine et Grand Paris Sud). Il est administré par un Comité syndical composé de 108 délégués élus par les différents conseils municipaux des communes adhérentes.

Le syndicat aide ses communes adhérentes à mettre en place la collecte sélective des différents matériaux recyclables. Il assure ainsi le traitement des déchets ménagers pour 67 communes et la collecte pour 30 communes. Au total, le Smitom-Lombric traite les déchets ménagers de 300 000 habitants.

La filière de traitement du Smitom-Lombric comprend :
11 décheteries, trois quais de transfert, deux plateformes de compostage des déchets verts, une plateforme de tri des encombrants, un centre de tri des emballages, une unité de valorisation énergétique et une recyclerie.




MSM REDACTION
Journaliste

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