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Slow tourisme : Des retombées économiques majeures pour le Département

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Slow tourisme : Des retombées économiques majeures pour le Département
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Les premières Rencontres départementales du tourisme, organisées dernièrement au domaine du Parc, à Pontcarré, ont réuni de nombreux acteurs, notamment des Seine-et-Marnais, avec pour objectif d'échanger sur les diverses stratégies territoriales mises en place en matière de slow tourisme. La Seine-et-Marne regorge d'atouts pour faire de cet « art de voyages en prenant son temps » un véritable pivot du tourisme départemental. « Le slow tourisme, c'est s'imprégner pleinement de la nature qui nous entoure et de la richesse du patrimoine, privilégier les rencontres, savourer les plaisirs de la table, s'évader à dos de cheval, sur une péniche ou à vélo », détaille l'agence Seine-et-Marne Attractivité. Le Département souhaite en effet « valoriser cette filière à enjeux », déjà matérialisée par l'Eurovéloroute 3 et le développement du label national “Accueil vélo”.

C'est au cœur du “point remarquable” (choisi à dessein par le Département) de la forêt régionale de Ferrières qu'un panel d'acteurs du tourisme s'est rendu à l'invitation du Département et de son agence Seine-et-Marne Attractivité, avec en filigrane la volonté d'associer l'ensemble de la « communauté touristique seine-et-marnaise » à la stratégie départementale autour du slow tourisme. « Basé sur l'idée de prendre le temps de la découverte lors de séjours authentiques et plus proches de la nature, le slow tourisme privilégie les itinérances douces (à pied, à cheval, à vélo ou en bateau), a rappelé Jérôme Guyard en introduction. Il est axé sur la découverte du patrimoine local, la rencontre avec les habitants et la consommation de produits locaux.» Si l'on en croit les données fournies par Jérôme Guyard, vice-président de Seine-et-Marne Attractivité, Le slow tourisme, ou « l'art de voyager tout en prenant son temps », est promis à un bel avenir en Seine-et-Marne.

De manière générale, l'année 2018 a en effet atteint un niveau record de fréquentation avec 35 millions d'arrivées hôtelières à Paris Ile-de-France, tandis que la Seine-et-Marne, avec 5 millions d'arrivées hôtelières, s'est révélée être la 1re destination régionale après Paris. Le secteur représente 8 % des emplois seine-et-marnais, avec 28 410 emplois salariés. Il est aussi le « deuxième secteur économique du département ». Jérôme Guyard a rappelé un autre point fort du 77, à savoir la diversité de son offre. On y trouve quelque 140 000 hectares d'espaces boisés, soit 25 % du territoire, un parc naturel régional et 22 espaces naturels sensibles, près 330 kilomètres de réseau navigable (et ses nombreuses installations portuaires, haltes et accès). La Seine-et-Marne peut aussi compter sur 4 700 km de chemins de randonnées, 4 400 kilomètres de routes départementales bénéficiant d'aménagements cyclables, sans oublier la Scandibérique (110 km sur deux tronçons et une offre de services labellisés “Accueil vélo”). Le Département, c'est aussi et enfin « des hébergements insolites, des gîtes et chambres d'hôtes (au cœur de la nature), et des événements majeurs autour de ces pratiques » (la Rando 3 Châteaux et sa sœur des Mystères de l'Ourcq, la Ronde à Vélo à Fontainebleau, la Rando Méli-Mélo au départ du Parc Culturel de Rentilly, et en 2020 : une “Rando Vélo” à l'échelle départementale). Ainsi, pour Jérôme Guyard, la Seine-et-Marne bénéficie de « tous les atouts pour le développement du slow tourisme, véritable tendance de consommation et facteur de retombées économiques ».

C'est au sujet de ce dernier point que sont intervenus Christian Matéi et Gabrielle Lescat pour Atout France. Selon leurs données, la 2e activité sportive pratiquée en vacances est le vélo (en 2018). Les retombées économiques du tourisme à vélo en itinérance sont de l'ordre de 60 à 100 euros par jour et par personne (selon les itinéraires), contre près de 61 euros pour un touriste à vélo (non itinérant) et 50 euros pour un touriste classique. Les retombées touchent principalement l'hébergement, la restauration et les transports. Le tourisme à vélo générerait pas moins de 2 milliards d'euros de recettes par an en France et la randonnée pédestre quelque 2,4 milliards d'euros.

Le slow tourisme s'appuie sur le goût et l'histoire

La fin de journée a été réservée aux initiatives Seine-et-Marnaises en matière de slow tourisme. L'un des axes privilégiés consiste à capitaliser sur les atouts patrimoniaux et gastronomiques du Département. Pour en discuter, trois intervenants étaient présents, dont Fabien Pottier, qui a créé “Tous en trott” et organise des randonnées en trottinette électrique notamment en forêt de Fontainebleau. « Ce sont des modèles spécifiques avec des roues de 26 pouces identiques à celles des vélos, a-t-il précisé. Notre accord avec l'ONF sur 45 km de piste nous permet de façonner des circuits en fonction de la demande ». Les points d'intérêt proposés ? Visiter les gorges d'Apremont et ses platières, la tour Denecourt, randonner sur les hauteurs de la Solle, et à la Croix du Calvaire « avec une vue imprenable sur les hauteurs de Fontainebleau », ou encore parcourir le village des peintres impressionnistes de Barbizon. Fabien Pottier donne en général rendez-vous à ses clients à la piscine de la Faisanderie, à l'office du Tourisme de Barbizon ou à la gare de Fontainebleau-Avon à partir de son site tousentrott.net. « Issu du VTT, j'ai rapidement constaté, après une prospection auprès des acteurs locaux, que mon projet s'inscrivait parfaitement dans le slow tourisme », a-t-il indiqué.

Nathalie Jourdain, directrice de l'office de tourisme du Pays de Meaux, a présenté le circuit touristique de la bataille de la Marne. « Dans un contexte de fin de centenaire, nous nous sommes demandé comment bien montrer au public que le musée n'allait pas fermer pour autant et il est devenu évident qu'il nous fallait mettre en valeur ce patrimoine historique notamment par le biais du slow tourisme ». Ce circuit vise à prolonger la visite du musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux, en « marchant dans les pas des soldats de la Bataille de la Marne » et en découvrant les lieux « qui ont fait l'histoire ». Il peut être parcouru à pied, en vélo, ou en voiture. « Le parcours est destiné aux touristes, mais aussi aux locaux, dont certains n'ont pas idée des scènes qui se sont déroulées sur-le-champ qu'ils côtoient chaque jour », a expliqué Nathalie Jourdain. Concernant les synergies locales, la directrice a précisé vouloir intégrer au GPS interactif AskMona des points d'intérêts locaux (Cathédrale, Brie de Meaux…).

Corinne Alaga, pâtissière récemment installée à Provins, a ensuite évoqué la création de son entreprise Les Tabliers Gourmands et le récent développement de sa cuisine médiévale. « Je me suis penchée sur les manuscrits médiévaux pour aller à la recherche de biscuits du Moyen Âge et après un temps d'essais j'ai ouvert une biscuiterie médiévale », a expliqué celle qui a fabriqué ses produits à partir d'ingrédients bio, sans additifs ni conservateurs, produits à partir de farines locales. « J'ai souhaité m'appuyer sur l'atout historique de Provins pour faire revivre le goût médiéval, faire prendre conscience qu'il s'agit de notre cuisine d'origine, notre histoire gastronomique et que nous la méconnaissons totalement ».

D'autres projets, à l'instar du Village Potager, qui propose une offre « bio, locale et solidaire » et souhaite faire « redécouvrir le goût des légumes et mettre les mains dans la terre », ont « dès le départ inclus une dimension touristique » pour leur permettre de se développer.

Des offres basées sur l'émotion

« Au premier janvier 2018, deux EPCI se sont regroupées pour devenir Coulommiers Pays de Brie. Le territoire a atteint un début de masse critique pour avoir une ambition plus forte en matière touristique », a détaillé Samuel Coquin, directeur de l'office de Tourisme de Coulommiers Pays de Brie. « Il nous a fallu travailler notre positionnement et nous avons fait appel à une agence spécialisée qui a construit un récit de territoire ». Le slogan “La campagne aux goûts inattendus” a finalement émergé. « Nous sommes bien une campagne qui a du goût, avec le Coulommiers, mais pas seulement. L'agglo, c'est aussi le goût artistique avec la galerie d'art contemporain, la Marne et des sorties en vedettes hollandaises, la porte d'entrée du Champagne en Île-de-France (trois villages classés), c'est également tous les loisirs nature, la Galleria Continua, Le Ferté Jazz Festival », a détaillé Samuel Coquin, expliquant que les visiteurs ne s'attendaient pas à trouver cette richesse sur le territoire, cette possibilité de « respirer à seulement trois quarts d'heure de Paris ». Le travail de l'office de tourisme portera aussi sur la construction d'une offre pouvant allier musique, patrimoine et dégustation, le tout aidé par des médiateurs pouvant transmettre « ce goût » des bonnes choses.

Du côté de Melun Val de Seine, la directrice de son office du tourisme, Corinne Picaud, a rappelé la genèse du projet de territoire de cette agglomération. « Au terme d'une analyse poussée, nous avons posé un axe Seine et un axe slow tourisme. Nous les travaillons en complémentarité avec les autres axes posés par notre stratégie globale ». C'est pourquoi l'office s'est concentré sur une « fluviale qui se veut multiple ». « Nous essayons de rassembler tous les usagers de la Seine pour que les habitants (première cible) et les visiteurs viennent s'approprier les berges de Seine et les utilise de la manière la plus harmonieuse possible », a-t-elle indiqué. Outre des balades en petits bateaux électriques, diverses activités centrées sur des « offres de groupes » ont été proposées (yoga, brunch, visite commentée, after work…). « Au bout de 10 minutes, une certaine sérénité descend sur le bateau, les visiteurs s'ouvrent aux autres, se détendent et passent par diverses émotions visuelles également au gré des paysages traversés », a indiqué Corinne Picaud, soulignant que l'office avait transporté 395 scolaires en juin et septembre derniers. « Une fois ce produit établi, l'idée sera de travailler sur une clientèle plus large, nous avons accès une métropole de plus de 12 millions d'habitants, qui pourra demain passer un dimanche sur la Seine, éventuellement en itinérance avec dépôt des visiteurs sur des points d'intérêt. »

Après une journée d'échanges nourris, c'est le président du département qui a été chargé de clôturer les débats. « Dès 2016, avec le livre blanc Seine-et-Marne 2030, l'Île-de-France des possibles, nous avons souhaité renforcer les grands pôles touristiques du département, pour ensuite développer le tourisme de proximité », a expliqué Patrick Septiers. « Aujourd'hui il est temps de lancer une nouvelle dynamique à cette nouvelle stratégie en faisant du tourisme véritable vecteur d'attractivité du territoire à travers le développement de leviers spécifiques ». Le président du Département a notamment cité le tourisme d'affaires, le tourisme de mémoire, le tourisme gastronomique, ou encore le tourisme vert.

« Nous avons vu aujourd'hui que le slow tourisme occupe une place privilégiée, que notre département possède des atouts incontestables en la matière », a-t-il poursuivi, indiquant vouloir par ailleurs poursuivre la réhabilitation du patrimoine. Et d'annoncer en conclusion : « nous allons lancer un plan vélo qui permettra de relier les principaux sites à travers des itinéraires cyclables ».

Pour la Région, le tourisme est prioritaire

Hamida Rezeg, vice-présidente de la Région en charge du tourisme, est également intervenue pour rappeler que « le tourisme et l'attractivité de l'Île-de-France étaient des priorités du Conseil régional ». La stratégie pour le tourisme 2017-2020 prévoit notamment de « veiller à l'amélioration de la qualité et à la modernisation de l'offre touristique ». Des volontaires du tourisme ont notamment pris place aux abords de grands sites tels Disney. La Région a aussi contribué à la création d'un parcours visiteurs en réalité augmentée à Vaux-le-Vicomte et à la sécurisation du château de Fontainebleau. Un autre axe d'intervention de la Région vise à diversifier l'offre touristique, « avec la création de nouvelles destinations permettant d'irriguer les flux touristiques au-delà de Paris ».

« Nous devons faire ensemble découvrir les trésors de l'Île-de-France : le tourisme fluvial sur la Seine et ses affluents, Sisley et les impressionnistes à Moret-sur-Loing et Barbizon en lien avec le Contrat de destination impressionnisme et sa marque que nous développons en partenariat avec la Région Normandie, ainsi que les châteaux, de Versailles à Vincennes, en passant par celui de Fontainebleau, le tourisme de mémoire avec le musée de la Grande Guerre à Meaux et Provins avec sa cité historique ». Pour Hamida Rezeg, il est essentiel de « faire découvrir notre destination en dehors des sentiers battus, valoriser le patrimoine et proposer de nouveaux modes et sites de découverte ».




Quentin CLAUZON
Journaliste

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