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Siredom : et si nos déchets valaient de l'or ?

Le Moniteur de Seine-et-Marne a interrogé Xavier Dugoin, président du Siredom, l'Agence sud-francilienne de valorisation des déchets, sur les différentes actions qu'il envisage de mener avec toute son équipe et ses partenaires pour impliquer davantage les citoyens dans l'économie circulaire.
Siredom : et si nos déchets valaient de l'or ?

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Le Moniteur de Seine-et-Marne : Qu’est-ce que le Siredom et quelle est sa mission ?
Xavier Dugoin : Le Siredom (Syndicat Intercommunal pour la Revalorisation et l’Elimination des Déchets et Ordures Ménagères) est le deuxième syndicat de France de traitement d’ordures ménagères qui est réparti sur deux départements : la Seine-et-Marne et l’Essone. Sa mission est le traitement de déchets que nous déléguons à la Semardel, qui est une société d’économie mixte, une structure très originale puisque nous ne donnons pas nos ordures ménagères à traiter à qui Véolia, à qui Suez ou à des entreprises privées. Nous sommes dans un schéma très particulier, le seul en France qui suit une logique de service public. Notre délégataire, la Semardel, est une société de droit privé, mais qui est composée à 75 %% de collectivités locales (communes, intercommunalité et chambre de commerce, ndlr).

MSM : Qui compose le Siredom ?
X.D. :
Il intègre 129 communes et 800 000 habitants qui ont confié, non pas la collecte, mais le traitement des ordures ménagères.

MSM : Quels sont ses partenaires ?
X.D. :
Nos partenaires sont d’abord en amont toutes les collectivités de collecte, qui ramassent les ordures pour le compte des communes, qui sont soit des syndicats soit des communes isolées. Nous avons de mémoire 11 syndicats, dont un entièrement seine-et-marnais et des dizaines de communes dont 15 en Seine-et-Marne. Ensuite, ce sont les déchetteries, nous travaillons avec un réseau de 16 plus une déchèterie mobile.

MSM : Le Siredom vient de voter la création d’un Conseil de l’économie circulaire (CODECI), dites-nous en un peu plus ?
X.D. :
C’est une instance consultative qui va nous faire des propositions dans laquelle on regroupe quatre différents collèges. Soit un collège d’universitaires, puisqu’il y a les universités d’Evry et la « silicon valley » autour d’Orsay et Saclay, soit des collèges d’entreprises, de personnalités qualifiées ou de gens de la société civile. Il s’agit d’un aréopage d’une cinquantaine de personnes qui vont nous faire des propositions pour produire un schéma territorial de l’économie circulaire, pour essayer d’optimiser, dans le cadre de la loi sur la transition énergétique, toutes les opérations que nous avons à faire.

MSM : Quel type de propositions ?
X.D. :
L’idée est de produire des circuits courts dans les traitements des déchets, et aussi de créer des emplois. Donc c’est une initiative forte, un outil de conseil qui, je l’espère, nous produira pour la fin de l’année cette feuille de programmation dans le cadre d’un schéma territorial. Le dispositif a été voté à l’unanimité à notre dernier comité et sera installé en mai-juin.

MSM : A la suite de l'Assemblée nationale, le Sénat a confirmé en février dernier l'inscription de la définition de l'économie circulaire à l'article L.110-1-1 du Code de l'environnement avant d’adopter le projet le 3 mars. Qu’est-ce que l’économie circulaire pour vous ?
X.D. :
Pour moi, c’est le recyclage des déchets pour que les ordures deviennent une ressource réutilisable et réutilisée.

MSM : Avez-vous suivi de près le projet de loi relatifà la transition énergétique pour la croissance verte ? Avez-vous pris contact avec des parlementaires à ce propos ?
X.D. :
Oui, on a suivi le projet. Nous avons des liens avec un parlementaire qui est mon homologue et qui préside la Semardel - Michel Pouzol, député socialiste de la 3e circonscription de l’Essonne, qui est armé là-dessus – et que nous voyons très régulièrement puisque c’est lui qui préside l’outil technique qui brûle ou enfouit nos déchets.

MSM : Le « projet Royal » sur la transition énergétique développe tout un chapitre sur l’objectif « zéro gaspillage » et la valorisation des déchets. Il propose notamment l’expérimentation de l’affichage de la durée de vie pour plusieurs produits de consommation ; l’interdiction de l’obsolescence programmée et des sacs plastiques jetables ainsi que des solutions pour valoriser les déchets alimentaires (compostage, collecte en porte-à-porte, etc.). En êtes-vous satisfait ? Faut-il aller plus loin ?
X.D. :
Tout à fait. Le tout c’est que les objectifs soient tenus. Des chiffres ont été fixés en terme d’objectif sur la production de chaleur par recyclage des déchets par exemple, qui doit baisser de 30%% d’ici 2020 et de 38 %% pour 2030. Ce sont des objectifs ambitieux. Nous essayons d’être un acteur de cette application. Il faut aussi trouver des partenaires associatifs, ou autres, et travailler avec eux. C’est une très bonne loi, maintenant il faut passer à l’acte !

MSM : Avez-vous mis en place une stratégie de communication locale pour optimiser votre rôle dans le développement durable et sensibiliser la population ?
X.D. :
Oui, nous communiquons. Nous avons déjà fait une campagne et une déclaration d’engagement en avril. Nous avons obtenu, et c’est important, le renouvellement de la certification ISO et puis nous allons faire sur l’année 2015 un bilan carbone.

MSM : Combien de tonnes de déchets le Siredom collecte-t-il par an ? Quelle est la part des déchets qu’il valorise ?
X.D. :
Le Siredom collecte à peu près 450 000 tonnes de déchets par an pour une population de 800 000 habitants. Et nous en valorisons 40 à 45 %% à travers ce qu’on envoi à la Semardel (220 000 tonnes) et à travers nos déchetteries.

MSM : Avez-vous des objectifs à atteindre ?
X.D. :
Oui, en terme de déchetterie. Nous revalorisons 100 000 tonnes d’ordures ménagères à travers les déchetteries et nous devrions passer à peu près à 150 ou 160 000 tonnes. On a ce qu’on appelle un PPI (programme prévisionnel d’investissement) qui nous amènerait, disons d’ici la fin du mandat, à monter à 24 déchetteries pour avoir un maillage sur tout notre territoire et ses deux départements.

Propos recueillis par Anne Moreaux

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