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Environnement

Sabine Haltebourg, Citeo, « On trie deux fois mieux à la campagne qu’en ville »

Pour d’évidentes raisons environnementales, le tri des emballages ménagers et des papiers graphiques continue de progresser. Il est quasiment devenu un réflexe.
Le tri des emballages ménagers et des papiers graphiques continue de progresser.
© Citeo - Le tri des emballages ménagers et des papiers graphiques continue de progresser.

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À partir du 1er janvier 2024, ce sera d’ailleurs au tour des déchets organiques de faire l’objet d’un tri obligatoire. Désormais, les Français ont intégré l’importance de ce geste écocitoyen. En effet, 72 % des emballages ménagers et 62 % des papiers sont recyclés aujourd’hui en France. Une prise de conscience due notamment à l’action de Citeo. À la fois éco-organisme et entreprise à mission né en 2017 de la fusion entre Éco-Emballages et Écofolio, Citeo est devenu un acteur majeur de ce secteur. Sabine Haltebourg, sa directrice pour la région Île-de-France, analyse les derniers chiffres et les grandes tendances. Elle en profite pour saluer les progrès réalisés en Seine-et-Marne.

Quel a été votre parcours professionnel ?

J’ai exercé les métiers de l’environnement et du recyclage à divers postes de direction au sein des opérateurs Suez et Veolia. J’ai piloté notamment des directions commerciales, en lien avec l’industrie et les collectivités. Ensuite, j’ai repris mes études sur le tard et j’ai obtenu un Master 2 en management des villes et des territoires à l’École supérieure des sciences économiques et commerciales (Essec).

Comment définissez-vous le rôle de Citeo ?

Citeo est le premier organisme “Responsabilité élargie du producteur” (REP) à avoir été créé en France en 1992. À l’époque, il s’appelait Éco-Emballages. Cette année, on a donc fêté son 30e anniversaire. Aujourd’hui, c’est une entreprise à mission qui œuvre pour limiter l’impact environnemental des emballages ménagers et papiers mis sur le marché par ses clients. Elle les accompagne, ainsi que les collectivités sur divers aspects qui vont de l’éco-conception au tri en passant par le recyclage.

© Citeo

Quelles ont été les grandes tendances du tri en 2021 en Île-de-France et qui sont les bons et les mauvais “élèves”?

On a noté une augmentation de trois points de la performance de l’Île-de-France par rapport à 2020 avec 43,1 kg par habitant d’emballages et papiers contre 69 kg par habitant pour la moyenne nationale. Cette performance reste en deçà de la moyenne nationale, mais elle s’explique par une forte densité urbaine et un habitat vertical très présent. On trie deux fois mieux à la campagne qu’en ville. La Seine-et-Marne est, par exemple, un département qui reste au-dessus de la moyenne, tout comme l’Essonne. La petite couronne parisienne, elle, a été très impactée par la crise sanitaire en 2020 et ce périmètre est celui qui présente le plus beau taux d’augmentation entre 2020 et 2021 avec + 2,7 % sur le verre et + 17 % sur les emballages légers. Il ne s’agit donc pas de distribuer les bons et les mauvais points, mais d’analyser quels sont les freins au bon geste de tri en Île-de-France et comment y remédier.

Revenons à la Seine-et-Marne. Quelles sont les caractéristiques de ce département ?

Il est couvert à 66 % par l’extension des consignes de tri. Les habitants peuvent donc mettre tous leurs emballages sans distinction dans le bac jaune. Il a gagné des points recyclage par rapport à 2020 : + 1 % sur le verre, + 5 % sur les emballages légers et + 1 % sur le plastique. Le bassin de tri du Smitom Nord Seine-et-Marne maintient sa performance avec une augmentation sur les emballages légers de 8 kg par habitant et par an. En ce qui concerne le déploiement de la tarification incitative sur le territoire, des tests sont en cours. Ils sont menés par Covaltri sur la communauté de communes Plaines et Monts de France, notamment. Des études de faisabilité sont également enclenchées pour une couverture potentielle de plus de 256 000 habitants. Nous développons aussi une dynamique de transformation du dispositif de pré-collecte, visant à accroître la collecte de proximité multi-matériaux comme avec la communauté d’agglomération du Pays de Meaux. Enfin, le Smitom-Lombric démarrera les travaux de modernisation de son nouveau centre de tri en 2023-2024 à Vaux-le-Pénil. La Seine-et-Marne est donc un département dynamique engagé dans une transformation globale et avec des habitants mobilisés.

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2022 est-elle une bonne année en matière de tri ?

Nous le supposons, mais les chiffres sont consolidés sur la base des tonnes réellement recyclées en fin d’année. Il est donc encore un peu tôt pour le dire.

Des changements sont-ils à attendre en 2023 ?

Le tri hors foyer est un enjeu majeur pour aller capter des emballages générés par la consommation nomade. 6 % des emballages ménagers mis sur le marché, soit l’équivalent de 300 000 tonnes, sont jetés chaque année dans des centaines de milliers de lieux publics ou privés. C’est donc un sujet important qui doit être anticipé, notamment dans la perspective des JO 2024 à Paris.

Les mentalités ont-elles évolué ces dernières années ?

Oui, le geste de tri est largement plébiscité par les citoyens. Associé au recyclage, il constitue une forte attente sociétale en lien avec le constat environnemental actuel. Mieux consommer, mieux trier et plus recycler : tout est lié.

Changer certaines habitudes n’est-il pas le plus difficile ?

C’est comme pour toute conduite de changement. Il faut expliquer et donner du sens. Lorsque la communication est pédagogique et limpide, l’intérêt du geste de tri n’est plus à démontrer.

Comment se caractérise ce travail de pédagogie ?

En donnant les bonnes consignes de tri, en indiquant le dispositif mis à disposition du citoyen et en communiquant continuellement. C’est un travail qui ne s’arrête jamais !

© Citeo

Mobiliser les citoyens à l’extérieur de leur foyer va constituer l’un de vos principaux objectifs. Comment allez-vous vous y prendre ?

Nous allons d’abord expérimenter des dispositifs pour définir les clés de la réussite, en testant des formes de poubelles bi-flux, en essayant d’adopter la bonne communication et en étudiant les meilleures implantations. Ces éléments vont être consolidés par des enquêtes de perception et des caractérisations pour mesurer la performance du geste de tri. Tout ce travail d’analyse doit permettre d’être plus efficace demain, en faisant des choix éclairés par des données consolidées et au plus proche de la réalité.

L’uniformisation des règles de tri sur l’ensemble du territoire français fait aussi partie de vos missions majeures ? Comment cela se traduit-il ?

Par la simplification du geste de tri. Trier tous les emballages et papiers dans le bac jaune est un projet qui se termine à la fin de cette année. C’est encore un enjeu à date et il le restera en termes de mesure de la performance et de l’entretien du bon geste de tri, ainsi que sa qualité.

L’obligation de trier ses déchets organiques à partir du 1er janvier 2024 va-t-elle changer quelque chose pour Citeo ?

Le tri des biodéchets n’entre pas dans nos prérogatives, mais toute nouvelle consigne de tri qui mobilise le citoyen a forcément un impact sur le bac jaune.

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