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Reprise de l'activité : les entrepreneurs du MEDEF Seine-et-Marne témoignent

le - - Économie - Vie des entreprises

Reprise de l'activité :  les entrepreneurs du MEDEF  Seine-et-Marne témoignent
© MSM

La reprise est-elle enclenchée pour les entrepreneurs du département ? Quid de leurs principaux défis en cette rentrée ? En visite à la Rencontre des Entrepreneurs de France (REF), les membres de la délégation seine-et-marnaise du Medef ont témoigné de leur situation, variable selon les secteurs, même si, globalement, la reprise se confirme.

« En Europe l'entreprise a connu un beau rebond en 2021, constate Benoit Bemer, directeur industriel de Bic Ecriture 2000. L'activité a retrouvé son niveau de 2019, après une année 2020 difficile. La rentrée scolaire a été maintenue, c'est un point décisif pour Bic Ecriture 2000. Nous connaissons, à l'inverse, un reflux sur toutes les fournitures de bureau, puisque les entreprises sont en télétravail ou ralentissent leurs dépenses du fait de l'activité partielle. »

Pour Audrey Marques, directrice générale de la PME industrielle EOZ, la difficulté ne sera pas liée à l'activité, assez importante actuellement. « Il y a cinq mois, nous ne savions pas si nous nous dirigions vers une reprise ou vers un rattrapage des commandes inexistantes », explique-t-elle. « Depuis quatre mois, c'est confirmé, la reprise est lancée. Gérer la pénurie de matières premières, l'augmentation des prix, les difficultés pour recruter… Ce sont des problèmes de riches ! De mon point de vue, le plus difficile désormais, ce sera de redonner un sens commun à l'entreprise, de reconstituer le “nous” avec une somme de “je”. En effet, du fait de la crise sanitaire et l'obligation du télétravail, l'individualisme s'est renforcé ».

José Marques, fondateur de JM2A Conseil se montre également confiant. « J'accompagne les entreprises sur les sujets RH et management. Durant la crise, ce n'était pas forcément la priorité des PME. Mais depuis peu, les besoins commencent à se faire sentir. Le télétravail implique de nouvelles organisations, de nouvelles attentes pour les salariés, la construction d'une stratégie… Les entreprises se posent les bonnes questions », précise le dirigeant.

Selon Rémi Jordanou, responsable de l'activité bâtiment et génie civil Île-de-France chez Dekra, le leader européen de la sécurité sur les transports, à la maison et au travail, « l'année 2020 a été très compliquée . Qu'il s'agisse de la branche exploitation, bâtiment, ou construction, la baisse d'activité a été très importante. Nous avons dû faire appel au chômage partiel aux trois quarts, en Île-de-France, 200 salariés sur 300 étaient concernés », explique-t-il. « Début 2021, nous avons connu une très bonne reprise avec un très bon premier trimestre. Les prévisions étaient plutôt encourageantes, mais il s'avère que la reprise tarde, et a tardé, du fait de l'absence de validation de dépôts de permis de construire, suite aux changements de maires. L'activité immobilière s'est donc fortement dégradée, ce qui a aussi freiné les promoteurs à lancer de nouveaux projets. Certains PLU ont aussi été modifiés ». Actuellement, l'activité est plutôt à la baisse chez Dekra, alors que la croissance était censée être au rendez-vous. « Nous avons grignoté toute notre avance commerciale gagnée cet été. Il faut dire que le recrutement devient très difficile sur le secteur du BTP, surtout en Île-de-France. Les bons profils sont très recherchés. Tout ceci fait que l'activité est assez fragile. Il faut rester agile pour 2022, sachant que les indicateurs de reprise ne sont pas exceptionnels. En outre, la pénurie de matériaux n'est pas près de s'arrêter, contrairement à ce que nous croyions ».

Alexandre Chirier, président de la Foncière de transformation immobilière, filière du groupe Action Logement créée à l'été 2020, est aussi issu d'un secteur en proie aux difficultés de recrutement et de pénurie de matériaux. « Notre vocation est de permettre la transformation de bureaux ou locaux économiques en logements, dans le cadre du plan d'investissement volontaire d'Action Logement, doté de 9 milliards d'euros, dont 1,2 milliard pour notre secteur », explique le chef d'entreprise. Malgré les freins économiques, juridiques ou encore techniques qui persistent, la foncière a connu un démarrage exceptionnel, la crise sanitaire ayant conduit les entreprises à réfléchir à l'organisation de leurs modes de travail. « Nous sentons qu'il va y avoir une restructuration des surfaces. Il ne s'agira plus forcément de plateaux, mais plus de lieux de rencontres, de réunion », poursuit Alexandre Chirier. Au total, la Foncière a acquis (ou est en cours d'acquisition) d'une trentaine d'immeubles, ce qui représente 300 millions d'euros d'investissements, soit 3 500 logements produits. « Nous sommes sur un mouvement de fond complexe, l'acte de construire est compliqué, le recrutement reste également problématique dans notre secteur, mais notre conviction, c'est qu'il faut prêter attention au territoire, produire de la qualité vis-à-vis de la préservation de la planète, dans une mixité sociale et d'usage », souligne le dirigeant.

Laurent Schaiblé est le gérant Flower Power, spécialiste de la création de mobiliers fonctionnels et de l'aménagement de bureaux pour les PME et les grands groupes, de mobilier pour les collectivités et de la création de mobilier sur-mesure (hôtels, restaurants, commerces, etc.). « Notre cœur de métier, qui consistait à faire de l'agencement de mobilier de bureau pour les grandes entreprises, est en suspens sur les deux à trois prochaines années. Mais c'est une tendance de fond. Il n'y a plus de service d'achat au sein de ces structures, les directions financières ont repris la main et achètent du mobilier d'occasion pour faire des économies d'échelle. Au niveau national, la baisse est de 75 % », précise le gérant de Flower Power, qui poursuit : « mais ce qui nous fait tenir, c'est la papeterie et la fourniture. Nous arrivons notamment à acquérir des clients par croissance externe ».

Pour Hervé Schwenck, dirigeant d'EHV Conseil, qu'il s'agisse de la formation ou du conseil, les opportunités se font jour en cette rentrée. « Il y a beaucoup plus de contacts, les rencontres physiques reprennent (à l'image de ce rendez-vous du Medef). Nous pouvons de nouveau nous rendre au sein des entreprises, ce qui est également un bon point ! », souligne-t-il.

Du côté de Com'ET, une société du secteur de l'assistanat administratif et commercial en freelance, l'année a commencé plutôt bien. « J'ai de la chance d'avoir beaucoup de demandes, il y a eu beaucoup de licenciements d'administratifs dans les entreprises », confie Esther Temam, fondatrice de l'entreprise. « De plus en plus, on s'oriente vers l'externalisation des services administratifs, notamment dans le secteur de l'événementiel, très sinistré, plutôt que d'embaucher. C'est l'incertitude qui veut cela ».

Didier Vandegans, fondateur de Tri-Logic Île-de-France, est confronté à certaines difficultés inhérentes à son secteur, c'est-à-dire l'équipement en gestion des déchets dans les entreprises (en amont des filières de recyclage). « C'est une société en création. Elle démarre plus lentement que prévu : nous sommes positionnés sur le secteur des investissements et certaines enveloppes de l'Ademe tardent à être versées. J'observe un décalage dans le temps. Il faut faire le dos rond et passer au travers ». Le dirigeant se montre toutefois positif, la demande étant bien présente.




Quentin CLAUZON
Journaliste

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