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Quels métiers recruteront en 2030 ?

France Stratégie et la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) ont récemment publié “Les Métiers en 2030”, panorama chiffré des perspectives des métiers à l’horizon 2030.
Quels métiers recruteront en 2030 ?
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Quels métiers recruteront le plus d’ici à 2030 ? Risque-t-on une pénurie de main-d’œuvre dans certaines professions ? Au regard des bouleversements économiques et sociaux provoqués par la crise sanitaire, sans prendre en compte la guerre en Ukraine, ce rapport éclaire leur impact à moyen terme sur la dynamique d’emploi. Il en ressort notamment que 800 000 postes seront à pourvoir annuellement d’ici 2030.

Le mois dernier, Jean-Christophe Sciberras, président du comité d’orientation de Métiers 2030, Michel Houdebine, directeur de la Dares, et Cédric Audenis, commissaire général adjoint de France Stratégie, ont présenté les premiers résultats de “Métiers 2030”, quatrième exercice de prospective nationale des métiers et des qualifications. Il poursuit l’objectif d’éclairer les acteurs publics ou privés, institutionnels ou individuels dans leurs stratégies d’investissement, notamment en matière de formation, et d’accompagner les citoyens dans leurs choix de carrière. Cette année, l’exercice intègre des données relatives aux débutants, ce qui impacte significativement la dynamique des métiers et l’équilibre entre l’offre et la demande.

Cette étude s’appuie à la fois sur les grandes tendances observées par le passé et sur des scenarii macroéconomiques reposant sur des évolutions démographiques, économiques, technologiques et environnementales post-Covid-19. Elle tient compte également des efforts dans la lutte contre le réchauffement climatique qui seront déployés d’ici 2030.

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Le premier constat concerne les besoins de recrutement générés par les départs à la retraite. Ceux-ci devraient avoisiner les 800 000 postes chaque année jusqu’en 2030. Par ailleurs, les créations d’emploi seront très hétérogènes selon les métiers. Une forte croissance est prévue pour certains secteurs (informatique, soin, bâtiment ou ceux recrutant des cadres du privé hors finance). À l’inverse, d’autres verront leurs effectifs diminuer.

De fortes créations d’emploi

Selon l’étude, un million d’emplois seront créés entre 2019 et 2030, dont deux tiers dans les services marchands. Dans le détail, 410 000 postes de médecins, infirmiers, professions paramédicales, aides à domicile et aides-soignants verront le jour, 180 000 postes dans les métiers de l’informatique et de la recherche et 135 000 postes dans la manutention. Les métiers du bâtiment et industriels sont aussi concernés par ces créations d’emploi avec respectivement 120 000 et 45 000 nouveaux postes. Ces créations d’emploi restent favorables aux diplômés de l’enseignement supérieur qui occuperaient 47 % de ces postes en 2030 contre 43 % aujourd’hui (1,8 million d’emplois occupés par des diplômés du supérieur créés entre 2019 et 2030). Par ailleurs, 40 % de ces créations de postes seraient concentrées dans les secteurs juridique, comptable et de gestion, administratifs, ainsi que du commerce avec entre 200 000 et 300 000 créations nettes d’emploi pour chacun d’entre eux.

Les 15 métiers qui recrutent le plus

Avec la fin de carrière des dernières générations de “baby-boomers”, ce sont donc près de 800 000 postes qui seraient à pourvoir chaque année d’ici 2030. Si une quinzaine de métiers rassemblent le plus de postes à pourvoir, trois catégories se démarquent. La première regroupe les métiers créant peu voire pas d’emplois et pour lesquels les postes correspondent essentiellement à des départs à la retraite : agents d’entretien (460 000 postes à pourvoir), enseignants (328 000) ou encore les conducteurs de véhicules (283 000). La deuxième concentre les métiers, dont les créations d’emploi contribuent à plus d’un quart des postes à pourvoir : cadres administratifs, comptables et financiers (212 000 postes), cadres commerciaux et technico-commerciaux (176 000) ou encore les aides à domicile (207 000). Enfin, la troisième catégorie concerne des métiers plutôt nouveaux, dont les postes créés représentent au moins la moitié des postes à pourvoir : ingénieurs en informatique et ingénieurs et cadres techniques de l’industrie.

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Des difficultés de recrutement variables

Pour chaque métier, l’étude confronte les besoins de recrutement des employeurs en 2030 avec le nombre de candidats débutants, afin de mettre en évidence des déséquilibres “potentiels“. Il apparaît alors que les difficultés de recrutement s’accentueraient pour la majorité des métiers en tension aujourd’hui en raison d’une faible attractivité. C’est le cas des aides à domicile, des personnels de ménage ou des conducteurs d’engins du BTP. Pour certaines professions, ces difficultés de recrutement devraient être anticipées, notamment les ouvriers qualifiés de la manutention, les agents d’entretien ou encore les ouvriers du textile et du cuir. Toujours selon cette étude, les difficultés de recrutement actuelles se maintiendraient pour près de deux métiers sur cinq nécessitant des compétences techniques spécifiques qui s’acquièrent par le biais d’une formation professionnelle initiale ou continue :
aides-soignants, techniciens et cadres du BTP ou encore ingénieurs en informatique. A contrario, ces difficultés de recrutement pourraient se réduire d’ici 2030 pour les employés et agents de maîtrise de l’hôtellerie, coiffeurs et esthéticiens, techniciens de la banque et des assurances et comptables.

Quatre catégories de métiers

En confrontant besoins et ressources en main-d’œuvre, l’étude a dégagé quatre catégories de métiers en fonction de leurs modes d’alimentation et de leur dynamisme démographique et économique. La première catégorie est celle dite des “métiers attractifs”. Recensant peu de départs en retraite, ils sont dynamiques en termes de créations d’emploi et attirent les nouveaux diplômés. Les candidats seraient donc assez, voire trop nombreux : professionnels du droit, professions paramédicales ou encore personnel d’études et de recherche. Ensuite, les métiers de “première expérience“, également attractifs et plutôt jeunes, sont des tremplins vers d’autres professions (vendeurs) ou un poste de niveau supérieur (ouvriers peu qualifiés de la manutention). Ces métiers devraient avoir majoritairement un vivier de recrutement suffisant pour pourvoir les postes inoccupés. Les métiers de “seconde partie de carrière” forment la troisième catégorie. Ils enregistrent de nombreux départs en retraite et une faible arrivée de débutants. Ainsi, ceux qui créent de l’emploi pourraient manquer de main-d’œuvre, aggravant les tensions actuelles sur le recrutement dans les professions du soin (aide à domicile), de l’entretien (agent), du transport (chauffeur, manutentionnaire), du bâtiment (ouvriers du second œuvre) ou chez les cadres commerciaux, administratifs et financiers. Enfin, les métiers à “faible attirance” connaîtraient une arrivée de débutants insuffisante pour compenser les départs programmés, engendrant des difficultés de recrutement quasi certaines. Sont concernés personnels de ménage, agriculteurs, secrétaires, ouvriers du textile et du cuir et ouvriers qualifiés du gros œuvre du bâtiment.

« Des métiers vont disparaître ou se transformer »
Didier Thomas, directeur territorial de Pôle emploi 77

« Cette étude est intéressante, mais elle n’analyse pas les métiers qui vont disparaître ou se transformer d’ici 2030. La destruction de certains métiers va, en effet, être exponentielle, tandis que de nouvelles professions vont faire leur apparition. Il faut aussi étudier les modifications des conditions de travail. Dans la restauration, par exemple, le métier de serveur n’est déjà plus le même que celui que nous connaissions avant la crise sanitaire. Le niveau de tension dans certains secteurs va cependant rester le même au cours des prochaines années. Aujourd’hui, le plus important est d’analyser le degré d’attractivité de certains métiers. En Seine-et-Marne, les plus recherchés actuellement sont les suivants : agent d’entretien, ouvrier dans la logistique, employé polyvalent en cuisine, employé en libre-service et vendeur en habillement. Par ailleurs, notre département est sur une très forte dynamique en termes de projets de recrutements. On note une évolution de plus de 20 %, alors qu’elle n’est que de 11 % en Île-de-France. »

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