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Polybiom change de dimension

La prochaine mise en service de son usine à Moret-Loing-et-Orvanne devrait permettre à cette entreprise spécialiste du bioplastique de franchir un cap.
Polybiom change de dimension
@ Polybiom

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La crise sanitaire a retardé les travaux d'un an, mais tout sera fin prêt dans deux ou trois mois. Implantée au cœur du pôle économique des Renardières, à Moret-Loing-et-Orvanne, la future unité de production de l'entreprise Polybiom (600 m2 et 2,2 millions d'euros d'investissement) doit être opérationnelle cet été. Un outil performant qui permettra de produire 300 tonnes de bioplastique par an. « La construction du bâtiment est terminée et nous effectuons actuellement l'aménagement intérieur », confirme Olivier Suty, directeur opérationnel de cette société d'économie mixte (SEM) présidée par Michel Gonord, maire de Champagne-sur-Seine. Les perspectives économiques vont être intéressantes. D'ici cinq ans, on devrait devenir l'un des acteurs majeurs du bioplastique. »

L'optimisme est donc de rigueur au sein de cette société créée en 2017 sous l'impulsion conjointe de la Communauté de communes de Moret-Seine-et-Loing, d'un collectif d'agriculteurs et de deux chercheurs de l'université d'Amiens. « Il y a eu une volonté politique de créer une filière d'agrocomposite tout en diversifiant la production agricole locale et en évitant toute délocalisation », résume Olivier Suty, dont l'entreprise détient six brevets.

Les promoteurs de cette alliance public-privé ont eu la bonne idée de miser sur une plante végétale, le miscanthus, pour développer une gamme de produits intégralement biosourcés et biodégradables. Commercialisés en trois familles (résine, colle et enduit), ces produits ont vocation à remplacer les plastiques d'origine pétrochimique dans leurs utilisations les plus courantes (revêtements de sol, ustensiles de cuisine, PLV, construction, isolation, emballage…).

L'intérêt de ce procédé de fabrication réside dans son fonctionnement en circuit court, puisque 250 hectares de miscanthus sont cultivés à proximité de la future usine (chaque hectare produit jusqu'à dix tonnes de miscanthus par an). La plante est d'abord placée dans un broyeur et réduite en poudre. Celle-ci est ensuite mélangée avec de l'eau dans des cuves avant d'être filtrée. La polymérisation est alors provoquée par un choc thermique via une chaîne de micro-ondes.

Depuis dix ans, le marché des biopolymères explose. Les dirigeants de Polybiom l'ont bien compris et ont déjà signé des contrats au Maroc et en Belgique. Désormais, ils rêvent d'empiéter sur les plates-bandes du géant Total, qui commercialise l'acide polylactique (PLA), un autre polymère biodégradable. Polybiom veut jouer dans la cour des grands.

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