Fermer la publicité
Journal d'annonces légales, judiciaires de Seine-et-Marne

Pitchs de politiques pour projets d'entrepreneurs

le - - Économie

Pitchs de politiques pour projets d'entrepreneurs
© MSM - Laurence Rossignol, ministre de la Famille, et les députées Laure de la Raudière et Monique Rabin avec des entrepreneurs

Quand les politiques se mettent dans la peau des entrepreneurs… Cela fait des étincelles. La CCI France a invité trois femmes politiques à venir tester sa nouvelle application «CCI Business Builder» et à relever le défi de «pitcher», en 3 minutes chrono, le projet de jeunes entrepreneurs devant un jury d'experts. Une initiative originale qui prouve que les mondes politique et de l'entrepreneuriat gagnent à communiquer ensemble.

Parmi les personnalités politiques ayant accepté de relever le défi de la création d'entreprise, on trouve trois femmes, dont une ministre et deux députées. Faut-il y voir le courage féminin ? En tout cas, André Marcon, le président de CCI France, se réjouit de l'arrivée de la parité dans les chambres de commerce et voit les femmes comme l'avenir de la création d'entreprise.

C'est la ministre de la Famille, de l'Enfance et des Droits des femmes, Laurence Rossignol, qui s'est jetée à l'eau en premier, avant de passer le témoin à la députée d'Eure-et-Loir (LR), Laure de la Raudière, puis à la députée de Loire-Atlantique (PS), Monique Rabin.

Laurence Rossignol a donc pitché le projet de conciergerie Hôp-easy de Cindy Morlec, « qui part d'une observation : pendant qu'une personne est hospitalisée, toute sa vie continue de se dérouler à l'extérieur avec de nombreuses contraintes matérielles. Si une personne hospitalisée est prise en charge médicalement, tout le reste de ses besoins ne relève pas de la politique de l'hôpital mais d'un accompagnement particulier, ce que propose Hôp-easy dans le bassin de Lorient. » Ce projet de services à la personne hospitalisée, à sa famille, mais aussi à tout le personnel de l'hôpital a été brillamment défendu par la ministre de la Famille qui y voit « un projet créateur d'emploi qui contribue à donner aux patients la meilleure qualité de vie et a toutes les chances de réussir ».

De son côté, Laure de la Raudière a présenté le projet de marque By LMS de Géraldine Bossaert qui, après 20 ans passés comme responsable financier dans des grands groupes et des PME, monte « un projet qui lui ressemble, qui porte ses valeurs, de protection de l'environnement et d'éthique, quelquefois loin des groupes pour lesquels elle a travaillé ». La députée a expliqué clairement que cette marque textile allait mettre en avant des artistes et des designers locaux de la région toulonnaise sur des t-shirts, body, linge de maison… en coton bio équitable fabriqué en France.

Enfin, Monique Rabin a dressé le pitch de l'application Jimmy du jeune Anthony qui vise à organiser des voyages personnalisés en seulement 15 minutes. Un projet d''avenir développé par « un jeune très motivé par la création d'une entreprise dans un domaine qu'il connaît bien : le tourisme ». La députée a insisté sur la motivation de cet entrepreneur et « l'adéquation entre lui et son projet ».

En fin de présentation, pas de vote formel du jury, mais un échange et des conseils encourageants pour les porteurs de projets qui ont su profiter de l'événement pour nouer des contacts intéressants. La ministre de la Famille a ainsi tenu à garder contact avec Cindy Morlec pour suivre l'évolution d'Hôp-easy.

Après les avoir chaleureusement remerciées d'être venues se prêter à l'exercice, André Marcon a appelé à soutenir la création d'entreprise, car il existe « un formidable appétit, notamment chez les jeunes et le public féminin », et qu'il s'agit du « premier gage pour l'emploi de demain ». C'est pourquoi, la CCI France a souhaité inviter des personnalités politiques afin de les associer à une démarche de soutien à la construction de projets concrets. « C'est symbolique de ce que nous devons faire maintenant. L'économie de demain sera collaborative. Ceux qui veulent travailler tout seul sont condamnés. »

Questions à Laure de la Raudière, députée d'Eure-et-Loir (LR),
et Monique Rabin, députée de Loire-Atlantique (PS).


Qu'avez-vous retiré de ce défi de la création d'entreprise ?

Laure de la Raudière : Cela m'a fait très plaisir de travailler sur un projet d'entreprise. Je trouve ça très compliqué de pitcher à la place du chef d'entreprise parce qu'on espère ne pas dénaturer son projet et lui donner la force nécessaire. L'exercice n'est pas simple du tout, mais passionnant. J'ai aimé cet échange avec cette porteuse de projet - qui ne s'est pas encore lancée et n'est qu'en phase de démarrage - gorgée de passion, de volonté d'y arriver, de remise en cause de sa vie…Cette femme qui porte des valeurs de protection de l'environnement et de made in France a l'ambition de mettre en avant des artistes locaux toulonnais sur des vêtements, ce qui m'a plu. Ca a beaucoup de sens que les politiques travaillent avec des chefs d'entreprise, qu'ils voient les talents qui existent en France et les problèmes auxquels ils sont confrontés.

Monique Rabin : Ce qui est important est de franchir un pas supplémentaire dans le frottement entre deux milieux. En tout cas, je suis très enthousiaste sur la manière dont la rencontre s'est déroulée ce matin, avec la conseillère CCI qui rentrait en live les données que m'expliquait l'entrepreneur et les ordonnait grâce au logiciel CCI Business Builder. J'étais le porte-voix d'un jeune de 27 ans extrêmement motivé. Et la première chose que j'ai ressentie ce matin est que c'est la motivation qui fait la différence. Le savoir va s'acquérir avec l'expérience et le réseau se construire au fil du temps. Ce qui est certain c'est que quelqu'un qui a vraiment la motivation se déploie à fond !

Faudrait-il multiplier ce genre de manifestation et développer le dialogue entre politiques et entrepreneurs ?

M. R. : Tout à fait. C'est d'ailleurs un objectif de mandat car j'ai fait plusieurs stages en entreprise, et j'ai aussi accueilli des entrepreneurs à l'Assemblée pour leur montrer comment je travaille et quelles sont mes contraintes. Je me suis rendu compte que les politiques et les entrepreneurs sont deux mondes qui ne devraient avoir qu'une envie, celle de mieux se comprendre, pour sortir des positionnements figés, quelquefois trop idéologiques. C'est dur d'entendre que je ne comprends rien au milieu de l'entreprise parce que je suis socialiste. Mais peut-être que c'est dur pour un chef d'entreprise d'entendre qu'un député croit tout savoir et pense porter les meilleures lois.

L.dlR. : Je pense que ça serait intéressant que les CCI déclinent cette rencontre dans chaque département. Pour sensibiliser les entreprises il faut que ça vienne du terrain. Au-delà de ça, il faut que le message de soutien à l'entrepreneuriat soit porté par le président de la République, non pas uniquement en parole, mais en acte.

Que pensez-vous de l'environnement entrepreneurial en France ?

L.dlR. : Les chefs d'entreprise français sont les plus talentueux au monde parce qu'ils ont les contraintes les plus larges d'un point de vue administratif, réglementaire et même fiscal. Il faut développer un environnement pro business. Ca veut dire changer les règles en matière de fiscalité des entreprises.

M. R. : J'entends beaucoup que c'est difficile d'entreprendre en France mais je trouve qu'il y a de nombreux moyens mis à disposition, notamment à travers un corps intermédiaire comme CCI France qui soutient l'entrepreneuriat.

Que faire pour encourager l'entrepreneuriat ?

L.dlR. : Plutôt que de faire un CICE, je pense qu'il vaut mieux faire des baisses de charges. Il faut aussi réduire la fiscalité sur le capital et supprimer l'ISF car cela va permettre d'améliorer le financement des entreprises. Par ailleurs, il faut arrêter d'imposer des contraintes administratives lourdes pour les entreprises. Par exemple, le compte pénibilité est une usine à gaz administrative et une source de contentieux pour les entreprises qui va leur nuire dans un contexte de compétitivité mondiale. Pour lutter contre la pénibilité au travail, il vaudrait mieux investir dans l'aide au financement de mesures préventives comme la mise en place de robots. Un autre exemple est celui de l'article 8 de la loi Sapin visant à instaurer des procédures administratives pour prévenir les risques de contentieux et la corruption. Je suis évidemment pour cet objectif, mais je pense sincèrement que ça n'empêchera pas les scandales du type Panama Papers. On est à côté de la plaque dans notre mode de fonctionnement.
Avant d'essayer d'imposer des normes supplémentaires aux entreprises qui ne touchent même pas la cible en matière d'objectif, il faut instaurer un changement culturel de la réglementation. Arrêtons d'en rajouter sur le dos des entreprises.
Il faudrait créer un comité d'impact des mesures pour les entreprises afin d'étudier la charge administrative imposée par les réglementations et crédibiliser le discours gouvernemental sur la simplification.

M. R. : Je crois que le logiciel présenté ce matin par la CCI est un bon exemple. Il s'agit d'un produit beaucoup plus large que ce qui paraît. Il ne traite pas simplement la notion d'entrepreneur au sens économique. Il est aussi très intéressant de voir si on est soi-même « entreprenant » dans sa vie, dans une association, le monde politique ou dans sa famille. C'est quelque chose qui peut être très enrichissant sur le plan personnel. J'ai pu voir ce matin que l'utilisation du logiciel par l'entrepreneur et sa conseillère CCI était fructueuse. J'en suis très satisfaite car cet outil a été financé par une démarche parlementaire effectuée l'année dernière, avec l'obtention de 20 millions de plus au budget des CCI, dont 2 millions consacrés aux innovations numériques.

Qu'est-ce que CCI Business Builder ?

Il s'agit d'une application web créée par les CCI pour aider les créateurs et créatrices à travailler sur leur idée de création d'entreprise, leur business model et leur business plan, à leur rythme tout en bénéficiant de l'accompagnement des conseillers CCI.

« Cet outil numérique, à la disposition de tous, permet de créer très rapidement son entreprise dans de bonnes conditions », précise André Marcon, président de CCI France.




Anne MOREAUX
Journaliste

Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Le Moniteur de Seine-et-Marne Journal d'annonces légales, judiciaires de Seine-et-Marne

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide


Fermer
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires par notre société ainsi que par des tiers, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services éditoriaux et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus / paramétrer