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Patrick Septiers « L'eau et sa qualité sont au cœur de nos préoccupations »

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Patrick Septiers « L'eau et sa qualité sont au cœur de nos préoccupations »
@ DR

Le budget 2020 du Département prévoit une hausse des investissements dans le domaine de l'environnement, notamment afin de poursuivre et amplifier l'action départementale en faveur de la qualité de l'eau. Comme le précise et le détaille Patrick Septiers, président du Conseil départemental, « l'eau, sa qualité et son coût, restent l'une des préoccupations majeures des Seine-et-Marnais, habitants comme élus locaux ».

Quelle importance donnez-vous à l'environnement, qui reste une compétence facultative pour les départements ?

L'environnement, le développement durable, sont devenus des préoccupations majeures de notre société. Au Département, la majorité élue en 2015 a fait le choix de placer les questions liées au développement durable parmi ses priorités, bien que l'environnement ne fasse pas partie de nos compétences obligatoires. A cette époque, nous avons hérité d'une situation financière catastrophique. Il aurait été assez facile de nous passer de nombre de ces compétences facultatives, comme l'environnement, l'eau ou les espaces naturels sensibles. Nous avons décidé le contraire. Nous ne pouvions pas nous détourner d'une action environnementale, en Seine-et-Marne, c'est un non-sens. La qualité de notre cadre de vie, la biodiversité de nos forêts, la fertilité de nos sols, cet ensemble environnemental unique, singulier et extrêmement riche, fait partie des atouts majeurs de notre territoire et participe largement à l'attractivité, au dynamisme et au rayonnement du département. C'est pourquoi, dès 2015, nous avons souhaité mettre l'accent sur l'environnement. C'est une véritable volonté politique. Pour preuve, une vice-présidence est consacrée à l'environnement et au cadre de vie. Elle a été confiée à Isoline Garreau-Millot, puis à Yves Jaunaux, deux élus de terrain dont l'engagement et le sérieux ne sont plus à démontrer. Cette compétence, facultative je le répète, n'a jamais vu ses crédits rognés. Par exemple, le laboratoire d'analyse du Département a été conservé, à la différence de nombreux autres départements qui ont choisi d'externaliser cette mission de contrôle de l'eau, son équipement a été renouvelé pour être encore plus performant et offrir le meilleur service possible aux communes qui nous sollicitent. Nous sommes convaincus que le Département à un rôle déterminant à jouer dans ces questions. Dernière preuve, le prochain budget de 2020 prévoit une hausse des investissements dans ce domaine, pour poursuivre et amplifier l'action départementale en faveur de la qualité de l'eau.

Le Département a notamment choisi d'agir par le biais d'un ambitieux “Plan départemental de l'eau”, qui vient de connaître son troisième renouvellement. Pouvez-vous nous détailler ses actions et leurs résultats ?

Le Plan départemental de l'eau a été mis en place en 2006 pour améliorer la qualité de l'eau. Au fil des années, il a évolué pour prendre en compte d'autres enjeux : assainissement, gestion de la ressource, gouvernance, protection des milieux aquatiques ou encore prévention des inondations. Grâce à cette démarche, portée par le Département, la Préfecture de Seine-et-Marne et l'Agence de l'eau Seine-Normandie, de réelles avancées ont été enregistrées sur le territoire, notamment en ce qui concerne la qualité de l'eau distribuée aux habitants.

Pourquoi la qualité de l'eau reste-t-elle une question de premier plan en Seine-et-Marne ?

L'eau en Seine-et-Marne reste une ressource stratégique et vulnérable, avec 4 400 km de cours d'eau, 20 grands bassins versants, 10 400 km de canalisations transportant l'eau, 5 500 km de canalisations pour les eaux usées et 22 % d'eau potable issue de la Seine et de la Marne. Le sous-sol accueille également plusieurs nappes souterraines, dont deux puissantes et étendues – calcaire du Champigny, calcaire de la Beauce – et une nappe alluviale – la Bassée. Ces nappes jouent un rôle fondamental dans l'alimentation en eau des Seine-et-Marnais, mais également des Franciliens. L'eau des nappes souterraines représente en effet 78 % de l'eau puisée en Seine-et-Marne. Maintenir une eau potable de qualité représente donc un défi important dans un contexte de développement démographique et économique très dynamique.

En quoi ce Plan départemental de l'eau est-il indispensable et novateur ?

En raison du développement économique, de l'importance des surfaces agricoles, des caractéristiques physiques du sous-sol, la pression sur les ressources en eau est importante. Entre les années 1990 et le début des années 2000, la dégradation de la qualité de l'eau s'est fortement accélérée. Ainsi en 2005, près de 235 000 habitants étaient alimentés par une eau potable non conforme, avec des taux de pesticides, de nitrates, de sélénium ou de fluor au-dessus des normes. Pour enrayer ce phénomène, tous les acteurs de l'eau se sont fédérés pour créer un “Plan départemental de l'eau” en 2006. Cette démarche innovante a permis de définir des objectifs, de fixer un calendrier et de concevoir des outils afin de mener à bien ces objectifs.

Le premier Plan départemental de l'eau, d'une durée de cinq ans – 2007-2011 –, a été signé par l'État, le Département, l'Agence de l'eau Seine-Normandie (AESN), la Région Île-de-France, la Chambre d'agriculture de Seine-et-Marne et l'Union des maires. Son objectif premier était le retour à une alimentation en eau potable conforme pour tous les Seine-et-Marnais d'ici à 2021.

Un deuxième plan a été signé en 2012 pour cinq ans afin de poursuivre cette démarche, de conforter les améliorations obtenues et de l'élargir à d'autres thématiques : assainissement, gestion durable ou encore valorisation des milieux humides. Dans un contexte d'évolution réglementaire, d'événements climatiques historiques comme les inondations de 2016, un troisième plan départemental a été élaboré pour la période 2017-2021, intégrant la gestion du risque inondation. D'une durée de cinq ans, il fédère l'Agence régionale de santé d'Île-de-France, l'État, le Département, l'Agence de l'eau Seine-Normandie, l'Union des maires de Seine-et-Marne, la Chambre d'agriculture de région Ile-de-France et la Chambre de commerce et d'industrie de Seine-et- Marne. Ces plans ont permis l'élaboration de schémas stratégiques dans les domaines de l'eau potable et de l'assainissement, co-construits par les acteurs concernés. Dans ces schémas, des priorités d'action et une feuille de route sur plusieurs années ont été établies. De plus, les plans successifs ont créé une véritable synergie entre les services de l'État et les financeurs pour mener à bien les projets, comme la construction ou réhabilitation de stations d'épuration et d'unités de traitement d'eau potable.

Quels sont les résultats de ces plans successifs ?

Les différents plans ont porté leurs fruits pour améliorer la qualité de la ressource et un accès à une eau potable conforme. Vingt-et-une communes seine-et-marnaises ont vu la qualité de leur eau potable améliorée en 2018. Désormais 95 % des habitants du département sont alimentés par une eau conforme à la réglementation, soit 443 communes. Seules 67 communes sont encore alimentées avec une eau non conforme, aux limites réglementaires. Elles étaient 235 en 2005. C'est grâce à la déclinaison du schéma départemental d'alimentation en eau potable que ces projets aboutissent. Ce dernier s'appuie sur la mutualisation des ressources, la réalisation d'interconnexions à partir de captages stratégiques et de qualité et la mise en place d'usines de traitement permettant d'alimenter en eau potable plusieurs communes. Par exemple, à Villemer, dans le Sud du département, une nouvelle unité de traitement d'eau potable, mise en service en 2019, illustre la déclinaison du SDAEP avec l'objectif de lutte contre la pollution de l'eau par les pesticides et de reconquête d'une ressource de qualité.

Et concernant l'assainissement ?

Deux schémas départementaux d'assainissement des eaux usées ont été élaborés dans le cadre du Plan départemental de l'eau, pour réaliser un état des lieux de systèmes d'assainissement et prioriser les actions à mener sur le territoire. Cela peut prendre la forme de construction ou de rénovation de stations d'épuration, par exemple. Le Département apporte notamment son assistance technique aux communes via le groupement d'ingénierie départemental ID77. Aujourd'hui, 90 % de la pollution entrante, sur les 286 stations d'épuration du territoire, est bien traitée. C'est une avancée majeure. Des stations d'épuration plus performantes, c'est de la pollution mieux traitée et moins de rejets dans l'environnement. Les progrès dans ce domaine ont été considérables et les sommes mobilisées sont conséquentes.

Avez-vous mené une action similaire pour la pollution liée aux eaux pluviales ?

Dans le cadre du Plan départemental de l'eau, un autre schéma départemental a été adopté en 2015 pour réduire la pollution du milieu naturel apportée par la pluie, notamment au niveau du ruissellement des routes. Il fallait réaliser des travaux de séparation des réseaux d'assainissement et des réseaux d'eaux pluviales, ou mettre en conformité les branchements des particuliers à ces différents réseaux collectifs. Pas moins de 14 études sont en cours ou terminées dans différents secteurs du département.

Les produits phytosanitaires sont actuellement au cœur de nombreux débats. Où en est le Département sur cette question ?

Le Département encourage depuis plusieurs années les collectivités à s'engager de manière pérenne, responsable et innovante dans la démarche de réduction, voire de suppression totale, de l'utilisation des produits phytosanitaires. Cette action reçoit un écho largement positif :
97 % des communes seine-et-marnaises sont engagées dans la démarche “Zéro Phyto” et 266 communes y sont parvenues, soit plus de la moitié des communes de Seine-et-Marne. C'est un véritable succès et une grande fierté pour nous. Tous les ans, la remise de nos trophées “zéro Phyt'Eau” attire de nombreux élus et acteurs du monde de l'eau. Nous venons aussi de lancer dernièrement notre nouveau site internet dédié à l'eau en Seine-et-Marne. C'est une source d'information extrêmement riche et précise, à destination du grand public, des élus et des professionnels (https://eau.seine-et-marne.fr/).

L'eau est omniprésente en Seine-et-Marne et le département compte notamment de nombreuses zones humides.
Quelles actions menez-vous pour les protéger ?

L'objectif est d'abord d'identifier ces zones humides, qui abritent une riche biodiversité, de les préserver ou d'en recréer. Dans le cadre de la révision de leur plan local d'urbanisme, 84 communes ont bénéficié d'un appui de Seine-et-Marne Environnement pour prendre en compte ces espaces naturels dans leurs projets d'aménagement.

Le département a connu des épisodes de crues majeures en 2016 et en 2018. Le plan départemental de l'eau comporte-t-il un volet d'actions dans ce domaine ?

Bien sûr. Le plan départemental de l'eau a encouragé et facilité la réalisation de Plans communaux de sauvegarde (PCS) ou leur actualisation. Ces PCS constituent des outils pour planifier les actions à l'échelle locale en cas d'événements majeurs (information préventive et protection des populations). Ainsi, six actions de formation ont été réalisées en partenariat entre les services de l'Etablissement public territoriale de bassin (EPTB) Seine Grands lacs, du SDIS et de la DDT de Seine-et-Marne, formant ainsi 72 personnes, élus et personnels techniques. Fin 2019, il restera 44 PCS à élaborer sur 183 obligatoires. Cette une avancée majeure dans la prévention des inondations sur notre territoire. L'objectif du plan départemental de l'eau est également de recenser les zones d'expansion de crues ou d'en créer pour limiter le niveau et le débit des cours d'eau à l'aval en cas d'inondation.

Le Plan départemental de l'eau en chiffres

- un soutien financier de plus de 40 millions d'euros en 2018 ;

- 40,6 millions d'euros d'aides ont été apportées en 2018 pour la réalisation des actions du 3e plan départemental de l'eau ;

- l'Agence de l'eau Seine-Normandie a contribué à hauteur de près de 70 %, le Département à hauteur de 25 % (soit 10,2 millions d'euros), le reste étant réparti entre l'Etat, la Région et l'Europe ;

- près de 50 % de ces aides concernent l'assainissement, 25 % l'eau potable. Les 25 % restant financent les actions en faveur des zones humides, les actions préventives en zone agricole, non agricole et industrielle (dépollution) ou encore les actions de sensibilisation ;

- 12 millions d'euros sont consacrés en 2019 à la
politique environnementale du Département.

Des espaces naturels sensibles nouvelle génération

Il existe actuellement 22 espaces naturels sensibles gérés par le Département. Tous sont ouverts au public. Depuis l'année dernière, le Département a décidé d'impulser une nouvelle politique pour renforcer l'attractivité de ses espaces naturels sensibles. Chaque espace va être dédié à une thématique : nature remarquable, patrimoine et culture, récréatif et loisirs sportifs. 10 sites ambassadeurs ont été désignés, ils vont opérer leur mue d'ici la fin de l'année prochaine : - Loisirs sportifs : le bois de la Rochette, le chemin des Roses (Brie-Comte-Robert). - Récréatif : la plaine de Sorques (Montigny-sur-Loing), le val du haut Morin (La Ferté-Gaucher), le parc de Livry (Livry-sur-Seine). - Patrimoine et culture : le bois de la Barre (La Ferté-sous-Jouarre), le tuf de la Celle (La Celle-sur-Morin), la butte de Montassis (Chauconin-Neufmoutiers). - Nature : le marais d'Episy, les Olivettes (Trilbardou) C'est en mai dernier que le premier d'entre eux, l'espace naturel sensible du bois de La Rochette, a été inauguré. Les coureurs trouvent désormais un nouveau parcours balisé de 5 km équipé d'agrès et de repères pour une séance de fractionné. Les vététistes peuvent traverser l'espace naturel sensible et rejoindre le tour du massif de Fontainebleau. Les promeneurs ont l'opportunité d'élucider une énigme avec l'application mobile « Balade branchée », pour découvrir de façon ludique le bois de La Rochette.

Mobilités : le Département à fond sur le vélo

Le Département mise absolument sur le vélo, à la fois comme mode de déplacement quotidien, mais aussi comme manière de voyager, de faire du tourisme, de découvrir la Seine-et-Marne, notamment avec la véloroute, la Scandibérique, qui traverse le département du nord au sud. Nouvelle étape dans cette politique volontariste, le Département élabore actuellement son “Plan Vélo 77” qui déclinera la nouvelle politique cyclable départementale dont les orientations se coordonnent avec les actions de la Région dans ce domaine. Ce plan ambitionne notamment de créer un réseau d'itinéraires de loisirs et de tourisme pour permettre la pratique touristique du vélo, pour les voyageurs qui viennent de loin comme pour les Seine-et-Marnais qui souhaitent découvrir leur région. Le Plan vélo comporte aussi un large volet consacré à l'adaptation des voiries à la pratique quotidienne en toute sécurité. Le Département cible plus particulièrement les déplacements collégiens sur ses routes départementales. Pour les autres axes routiers, le Département propose de mettre à disposition des communes son expertise pour piloter la conception d'aménagements cyclables. Le Département présentera dans les semaines à venir son plan aux territoires et aux acteurs qui œuvrent pour le développement de la pratique du vélo. Ce plan devrait être soumis au vote de l'assemblée départementale à l'été 2020.




Jean-Paul VIART
Journaliste

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