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Patrick Septiers : « Je quitte l’UDI pour rejoindre la majorité présidentielle »

L’ancien président du Département, , vient de décider de quitter l’UDI, formation politique dont il est l’un des membres fondateurs. Il revient en détail sur ce départ.
Conseiller départemental, président de la Communauté de communes de Moret Seine et Loing
© DR - Conseiller départemental, président de la Communauté de communes de Moret Seine et Loing

ActualitéSociété Publié le , Propos recueillis par Jean-Paul Viart

Vous venez de quitter l’UDI, avec Yves Boyer, vice-président de la Communauté de communes de Gatinais-Val de Loing. Qu’est-ce qui a motivé ce départ ?

Je suis un centriste. J’ai été tout jeune au Centre des Démocrates Sociaux avec Jean-Jacques Hyest, une composante de l’UDF. Suite à la création de l’UMP, pour rester fidèles à mes idées, j’ai été l’un des rares élus seine-et-marnais à ne pas vouloir l’intégrer. Je suis devenu le président de l’UDF départementale. François Bayrou en était le président national. Quand il a lancé le MoDem, j’ai été l’un des créateurs et le président départemental, jusqu’à la Présidentielle de 2012, quand François Bayrou a appelé à voter Hollande au second tour. J’ai alors quitté le parti et j’ai été avec Jean-Louis Borloo, l’un des fondateurs de l’UDI. Profondément de sensibilité́ de centre-droit, j’ai toujours défendu un libéralisme social.

Vous avez pris progressivement vos distances avec l’UDI…

Oui, comme un certain nombre d’élus UDI, j’ai été choqué, il y a quelques mois, par les propos de Jean-Christophe Lagarde, le président de l’UDI, qui disait, en substance, qu’au temps de Pasqua, on aurait pris un fusil pour tirer sur Éric Zemmour. En juin dernier, les élections départementales et les élections régionales se sont mal passées, et pas uniquement en Seine-et-Marne. Nous n’avons pas du tout été respectés par Les Républicains. Résultat, nous avons perdu la présidence du Département, deux vice-présidences et quatre sièges sur six. Notez que c’est la même majorité qui m’avait soutenu pendant trois ans. Même méthode aux Régionales. Dans la majorité sortante, nous avions trois sièges de conseillers régionaux, nous n’en avons plus que deux. Nous avons été très mal traités, de façon très arrogante, sans discussion, sans négociation.

De surcroît, dernièrement, l’UDI s’est alignée totalement, en apportant un soutien sans faille aux LR, à la fois sur leur programme et le choix de leur candidate, Valérie Pécresse, que je connais bien et qui fait le grand écart entre la sociale démocratie et la droite de la droite. Je ne m’y reconnais pas. Nous ne sommes pas du tout dans les valeurs que je défends depuis toujours. C’est pour nous la perte de nos idées et de notre indépendance. Nous n’existons plus, alors que le centre droit a toujours été un socle de notre République. Comme beaucoup d’élus centristes, j’ai donc décidé de quitter les rangs de l’UDI.

Qui allez-vous rallier ?

Je quitte l’UDI, je rentre dans la majorité présidentielle. Je vais soutenir Emmanuel Macron et lui apporter mon parrainage. Dans cette campagne je souhaite apporter mon expérience d’élu local : maire, président de communauté de communes, conseiller départemental, président du département, fonctions que j’exerce depuis de nombreuses années. Au niveau des idées, je pense que le programme présidentiel doit prendre en compte la proximité qui est portée par les collectivités locales et les élus locaux. Les territoires et les élus locaux doivent être entendus dans cette campagne. Je porte tout naturellement cette voix.

Et pour les Législatives… Allez-vous être candidat ?

Je vais m’engager dans la campagne présidentielle. Même s’il est un peu tôt aujourd’hui, je n’exclus ma candidature aux Législatives.

À l’Assemblée nationale, dans la majorité du président Macron, je saurais être un député de bon sens. Je pourrais apporter une plus-value à notre territoire et à notre pays, en particulier en matière de collectivités locales et de la mise en place de politiques de proximité indispensables à la cohésion de notre société. Il faudrait des textes plus simples, de bon sens et apportant des solutions concrètes et rapides aux problèmes des Français ! C’est le sens de mon engagement…

Avez-vous déjà été candidat ?

Oui, une première fois en 1995, au moment où Jean-Jacques Hyest a été élu sénateur. Jacques Larcher m’avait demandé d’être le candidat de l’UDF. Finalement, je n’ai pas eu l’investiture. Je me suis présenté malgré tout et, naturellement, c’est la gauche qui a été élue. En 2005, candidat MoDem, j’ai obtenu le meilleur score du parti de toute l’Ile-de-France sur un premier tour.

Les élus locaux doivent-ils être mieux représentés à l’Assemblée nationale ?

Je pense qu’il faut donner la possibilité à des élus locaux d’expérience de faire passer un certain nombre de messages de bon sens, de connaissance de terrain, d’expérience. Il y a énormément d’initiatives dans les collectivités locales. Beaucoup de projets sont entrepris dans toutes les intercommunalités, dans toutes les communes, dans tous les départements. Mais il y a aussi des freins. Pour ne prendre qu’un exemple, quand j’étais président du Conseil départemental, je me suis battu pour conserver quelques compétences en matière de développement économique, pour aider au mieux les entreprises qui comme vous le savez, c’est une prérogative de la Région. Quand vous êtes à Moret-sur-Loing ou à Château-Landon, deux communes qui n’apparaissent pas toujours sur la carte, obtenir des aides en faveur des entreprises est très compliqué. De nombreuses collectivités du Centre et Sud Seine et Marne sont très éloignées des lieux de décision et, pour certaines, concurrencées par des Départements et des Régions limitrophes qui aident très fortement les entreprises à s’implanter. C’est comme cela que notre communauté de communes a perdu une usine d’Hydrogène devant créer 120 emplois. Celle-ci, non soutenue par la Région Ile-de-France, est partie en Bourgogne ! Dommage que l’on n’ait pas fait confiance aux acteurs de terrain.

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