AccueilTerritoiresInfos régionOlivier Gerstlé : « Le plan de relance, ce sont 400 millions d’euros minimum »

Olivier Gerstlé : « Le plan de relance, ce sont 400 millions d’euros minimum »

Le sous-préfet de Seine-et-Marne s’est vu confier la mission de mettre en œuvre le plan de relance dans le département. Des résultats flatteurs et un premier bilan positif, selon lui.
Olivier Gerstlé : « Le plan de relance, ce sont 400 millions d’euros minimum »
© Clémence Viola

TerritoiresInfos région Publié le , Propos recueillis par Clémence Viola et Farid Zouaoui

Comment se traduit le plan de relance en Seine-et-Marne ?

On a souvent tendance à le confondre avec les mesures d’urgence. Je rappelle que ces mesures fortes de soutien aux entreprises, pour préserver l’emploi, ont été diverses. Il y a eu l’activité partielle qui a permis d’empêcher les licenciements massifs (un milliard d’euros indemnisés en Seine-et-Marne), les prêts garantis par l’Etat (2,4 milliards d’euros pour le département) et le fonds de solidarité (565 millions d’euros). Si la reprise économique est là aujourd’hui, c’est parce que ce soutien a permis un redémarrage rapide. Le plan de relance, lui, est plutôt axé sur des mesures d’aide à l’investissement pour les entreprises, les collectivités locales, les associations et les particuliers. À l’échelle nationale, ce sont environ 100 milliards d’euros qui ont été mis sur la table, dont 40 milliards apportés par l’Union européenne. Pour la Seine-et-Marne, c’est 400 millions d’euros minimum. Ce plan comprend trois grands volets : l’écologie (rénovation thermique des bâtiments publics, agriculture et transports), la compétitivité (fonds de soutien aux industries et aux technologies d’avenir) et la cohésion sociale et territoriale (dispositif “1 jeune 1 solution”, notamment). Aujourd’hui, si la reprise économique est là et si le chômage a fortement reflué, c’est parce qu’il y a eu cette action volontariste de l’Etat en lien avec la Région Île-de-France, qui a aussi déployé son plan de relance.

Justement, le déploiement de ce plan vous paraît-il satisfaisant ?

Oui, il a été calibré pour que le pays retrouve son niveau d’avant la crise. Une des difficultés qu’on a eues à gérer a été la profusion des dispositifs. Ce n’était pas facile de s’y retrouver. Il y avait un fort enjeu de diffusion pour que chacun puisse déposer son projet. Il fallait faire savoir aux porteurs de projets qu’ils pouvaient bénéficier d’un financement. On avait aussi un enjeu de rapidité d’exécution, car l’objectif était de vite injecter de l’argent dans l’économie locale et de monter des financements sur des projets matures et prêts à être mis en œuvre.

Quel est l’état de santé
des entreprises ?

Il y a un an, si on m’avait dit qu’aujourd’hui, les problèmes des entreprises seraient l’accès à la main-d’œuvre et la pénurie sur les matières premières, j’aurais signé tout de suite. Quand vous parlez avec des chefs d’entreprise, c’est d’abord cela qui revient. Bien sûr, des entreprises ont été impactées, mais dans l’ensemble, leur santé est bonne. Beaucoup d’investissements ont été réalisés. Cette situation est inespérée.

Ce plan n’est-il pas aussi
synonyme de dettes ?

C’est un choix politique et un sujet étatique et européen. Mais quand vous avez 6 % de produit intérieur brut (PIB) à la fin de l’année, ce sont aussi des moyens pour l’État.

A-t-il déjà produit ses effets ?

Oui, car on voulait une mise en œuvre avec des effets immédiats. Mais il faut rester prudent avec le lien de cause à effet entre le plan de relance et la conjoncture économique. C’est la suite qui va compter. Une fois que les effets économiques et sociaux de la crise sanitaire auront été surmontés, il faudra tout enclencher.

Cette crise n’a-t-elle pas finalement poussé l’économie à repartir sur des bases plus saines ?

Cette crise n’est pas encore finie, mais elle a sans doute révélé un certain nombre de faiblesses, notamment sur des productions que l’on était plus capable d’assumer. Un des enjeux du plan de relance était de permettre de rapatrier certaines productions et de conforter et de convaincre nos entreprises du secteur d’avenir des technologies de pointe de rester et de se développer. J’ai été frappé de voir que ces entreprises-là ne sont pas énormes. Ce sont des PME familiales avec une dizaine d’employés qui allient technologie de pointe et artisanat. C’est une marque de fabrique française.

Mettre en œuvre localement
ce plan de relance, est-ce
une expérience stressante
ou enrichissante ?

C’est une responsabilité importante et ce n’est pas facile, car de tels dispositifs sont peu gérés à l’échelle d’un département. On ne nous dit pas « voilà, vous avez cette enveloppe, instruisez les dossiers ». Il faut aller sur le terrain, savoir quelle entreprise ou quelle collectivité porte quel projet, s’en faire le relais auprès des opérateurs régionaux et nationaux et faire en sorte que les financements arrivent. C’est davantage un travail de connaissance du territoire et de mise en relation que de gestion.

Propos recueillis par Clémence Viola
et Farid Zouaoui

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