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Olivier Barge : « Un entrepôt peut être un outil industriel performant et respecter la planète »

Le directeur Projets et Innovation de Prologis Europe du Sud évoque la stratégie de son groupe en matière de logistique et l’intérêt porté à la Seine-et-Marne.
Olivier Barge : « Un entrepôt peut être un outil industriel performant et respecter la planète »
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ÉconomieVie des entreprises Publié le , Propos recueillis par Farid Zouaoui

Que vous inspire votre récente livraison de la première plateforme “carbone neutre” au monde, à Moissy-Cramayel ?

Cela prouve que c’est possible ! Nous savons maintenant évaluer l’empreinte carbone de nos activités pour pouvoir la réduire tout en compensant la petite part incompressible résiduelle, ce qui nous permet ainsi de la “neutraliser” totalement. Cette approche tient compte de la construction et de l’exploitation du bâtiment sur 50 ans. Tout cela est extrêmement prometteur, même s’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. Cette construction a également le mérite de montrer la voie et d’entraîner tout notre secteur d’activité dans cette direction. L’entrepôt Moissy 2DC1 est un véritable démonstrateur de la capacité de Prologis à proposer des solutions aussi bien environnementales qu’économiques.

Ce nouveau type de construction va-t-il permettre de « réhabiliter » la logistique à l’heure de la transition écologique ?

Oui, clairement. L’immobilier logistique génère sa part d’émissions de gaz à effet de serre (GES). Mais la vérité, c’est que nos activités génèrent des quantités de carbone bien inférieures à de nombreuses autres activités et que notre capacité à les réduire est forte. Notre mission est d’optimiser la distribution des produits, afin d’en limiter au maximum l’impact sur l’environnement. Ce nouveau type de construction démontre qu’un entrepôt peut être un outil industriel performant et respecter la planète.

La crise sanitaire a-t-elle provoqué un changement de paradigme avec l’avènement de l’e-commerce ?

Depuis bientôt une quinzaine d’années, nous proposons des projets qui intègrent une dimension environnementale. Dès 2008, nous avons développé la première centrale solaire sur un entrepôt classé “Installation classée pour la protection de l’environnement” (ICPE), nous sommes certifiés ISO 14001 et nous labellisons tous nos projets neufs depuis 2009 par des certifications environnementales. Cette sensibilisation s’est effectivement accélérée avec la crise sanitaire. En tant qu’ “entreprise citoyenne”, nous
souhaitons prendre notre part dans cette évolution. L’e-commerce est un sujet que nous observons de près. Mais, malgré son évolution spectaculaire, il représente encore une petite part de notre activité (entre 10 % et 15 %). Son arrivée conduit à la densification des volumes gérés, notamment grâce à la robotisation. Mais il présente aussi des inconvénients. Encore une fois, c’est le consommateur qui choisit son mode de commande et de livraison. La logistique ne fait que suivre en tentant d’optimiser au maximum ses opérations dans l’intérêt des clients. Cette optimisation est bonne pour l’environnement.


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Quelle est la stratégie de développement de Prologis en Île-de-France et en Seine-et-Marne en particulier ?

Ce sont des territoires adaptés à notre développement et nous souhaitons y renforcer encore davantage notre présence, afin d’être au plus près du centre de la métropole. Au-delà de nos parcs logistiques, nous proposons également des actifs de logistique urbaine localisés entre le périphérique parisien et l’A86, afin de compléter notre offre et d’accompagner au mieux nos clients. Tous nos projets sont d’ailleurs, au minimum, alignés sur la charte d’engagements que l’association Afilog a signée cet été avec l’État et dans la continuité du projet de Moissy. Le but étant toujours de réduire notre empreinte carbone.

Ce département possède-t-il un véritable potentiel ?

Oui. Sa localisation et son tissu socio-économique font de ce territoire un secteur propice à l’accueil d’activités logistiques. Nous développons actuellement à Saint-Pathus, au nord de la Seine-et-Marne, un parc logistique, dont nous avons déjà assuré une bonne partie de la commercialisation, auprès d’un grand acteur économique français.

Comment imaginez-vous l’entrepôt du futur ?

Il sera une véritable usine de haute technologie embarquant des systèmes lui permettant de neutraliser son empreinte carbone. Les emplois seront nombreux et qualifiés. Il intégrera aussi des dispositions en faveur de la biodiversité et permettra une densification encore plus forte de ses opérations grâce, notamment, à la robotisation. Contrairement à ces vingt dernières années, on peut également espérer qu’il se rapprochera des centres des grandes métropoles et des agglomérations et qu’il accueillera des activités connexes et mutualisées comme la production avec imprimantes 3D, la réparation ou le recyclage de produits obsolètes et la suppression du plastique. Cet entrepôt contribuera surtout à réindustrialiser la France et à assurer sa souveraineté tout en préservant l’environnement.

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