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Nathalie Beaulnes-Sereni : Sur tous les fronts au service du territoire

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Nathalie Beaulnes-Sereni :  Sur tous les fronts au service  du territoire
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Fondatrice et responsable de la société de conseil Mediagest Conseils, présidente du Conseil de la Caisse d'assurance maladie de Seine-et-Marne, juge au tribunal de commerce de Melun et conseillère départementale du Canton de Melun, Nathalie Beaulnes-Sereni assure de nombreuses fonctions qui lui donnent une vision aiguisée de la santé économique du département. Elle s'investit corps et âme sur tous les champs propices à faire évoluer positivement l'avenir du territoire et de ses acteurs. Echange avec une seine et marnaise de naissance, généreuse et passionnée.

Qu'est-ce qui vous a amené à vouloir occuper autant de fonctions ?

J'ai fondé Mediagest Conseils en l'an 2000, parce que je me suis aperçue que beaucoup de petites structures n'arrivaient pas à se faire accompagner de façon pertinente. Mediagest se veut un facilitateur de gestion, notamment sur le volet salarial, social et le pilotage général. Mon entreprise est adhérente au Medef à qui proposé de porter des mandats pour partager mon expérience et parfaire ma connaissance des dispositifs afin de les partager. Tout cela m'enrichit et me permet de nourrir ma pratique de chef d'entreprise également.

Quels sont les atouts principaux du territoire pour les entrepreneurs ?

Il y a encore beaucoup de place sur ce territoire, tant sur le plan géographique que stratégique. Nous sommes aux portes de Paris et entourés par dix départements. Nous avons un territoire différencié, urbain et rural, avec un patrimoine touristique fabuleux que nous cherchons à valoriser. Les communautés d'agglomérations sont très dynamiques, par exemple celle de Moret Seine et Loing qui collabore avec la province du Cheng-Zu, en construisant un village français dans une ville chinoise…

Quelle est votre perception de la santé des entreprises seine-et-marnaises ?

Au tribunal de commerce de Melun, j'interviens dans la chambre des procédures collectives et je vois les entreprises qui rencontrent de réelles difficultés. Il est de plus en plus compliqué de survivre pour les petites structures, notamment parce que la dématérialisation des procédures a un impact négatif sur elles. On ne peut plus, par exemple, émettre un bulletin de paye sans devoir se doter d'un outil très compliqué ou de sous-traiter cette opération. Pour le reste, la santé des entreprises n'est pas mauvaise, en revanche leur moral est en berne. Les chefs d'entreprise sont frileux car ils n'ont pas de vision sur les décisions gouvernementales qui les impactent. Les PME s'adaptent de façon intelligente, mais les TPE souffrent de l'évolution tous ces dispositifs légaux. Mon action au sein du tribunal de commerce, centrée sur la prévention des difficultés des entreprises, me permet de percevoir des indicateurs de grandes difficultés. Il y a deux types d'entrepreneurs : ceux qui délibérément ne respectent pas les obligations légales et ceux qui rencontrent des difficultés de paiement de leurs clients ou se trouvent confrontés à un handicap lié à la structure même de l'entreprise si leur modèle économique n'est pas viable. Pour ces derniers, nous avons des solutions à proposer soit pour redresser l'entreprise, ou malheureusement pour l'accompagner dans la cessation de ses activités. Nous avons aussi un dispositif d'aide psychologique pour les entrepreneurs afin de les aider à accepter plus sereinement la fin de leur entreprise, qui est aussi souvent leur « bébé ».

Et le recrutement ?

Nous avons une très mauvaise adaptation de l'offre de compétences aux demandes des entreprises du territoire. Il manque un aiguillage pertinent des jeunes vers les formations qui emploient. J'ai vu au tribunal des entreprises qui ferment parce qu'elles n'ont pas trouvé de personnel, alors que leur carnet de commandes pourrait être plein. Le transport routier est touché, les métiers liés à la fibre optique aussi. Il y a à Montereau-Fault-Yonne un centre de formation (le Campus Numérique) qui forme les jeunes aux métiers techniques du câblage, avec des emplois à la clé, mais il n'a pas de candidats, en dépit des nombreux efforts de communication du directeur du centre.

Vous entrevoyez des solutions à tout ça ?

Ma démarche est transversale, c'est pour cela que j'ai accepté au Conseil Départemental de prendre des mandats qui me permettent d'être près des jeunes et de tenter d'agir à mon échelle. Je fais partie des conseils d'administrations des collèges de Melun et au sein de la Maison départementale des solidarités de Melun Val de Seine, je préside la commission locale du fond d'aide aux jeunes. Je constate souvent des incohérences, notamment dans le secteur de l'enseignement professionnel qui a mauvaise presse par ailleurs. C'est très intéressant de travailler avec les Principaux des collèges sur la question de l'orientation. Nos échanges sont étonnants parce qu'on n'a pas la même vision des choses. Je pense notamment à des responsables d'établissement qui incitent leurs élèves à s'orienter vers le métier d'animateur sportif, alors que ce n'est pas un métier de l'économie marchande et que les budgets des mairies sont à la baisse : ce n'est pas un métier d'avenir… Il faut donc pouvoir échanger avec les acteurs institutionnels qui pâtissent parfois d'un manque de communication et de partage des bonnes pratiques ! Je leur conseille d'encourager les jeunes vers les filières de la boulangerie, la plomberie, la boucherie, le câblage, bref du concret, avec des possibilités d'évolution.

Avez-vous connu des freins dans votre carrière du fait d'être femme ?

Je n'ai jamais, ni professionnellement ni sur le plan institutionnel, ressenti de difficulté à être une femme. Je me sens très libre et je suis difficilement inféodable, tout en cherchant à être respectueuse d'autrui. J'ai trouvé très intéressant lorsque j'ai été élue au Conseil départemental de découvrir l'ouverture d'esprit de son président (Jean-Jacques Barbaux) qui devait former une équipe exécutive paritaire. Il avait une démarche très constructive et a très vite su mettre à profit notre complémentarité pour l'évolution de l'institution. Il faut oser, se permettre d'essayer et avoir confiance en soi. Il faut vouloir partager ses compétences aussi. La pertinence de mon action vient de la multiplicité de mes mandats. Si je ne faisais qu'une seule de ces activités, je méconnaîtrais tout un pan de la société. La vie m'a beaucoup donné, mon action pluridisciplinaire me permet de rendre un peu de la chance dont j'ai bénéficié.




MSM REDACTION
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