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Les femmes du 77 qui font revivre le patrimoine

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Les femmes du 77 qui font revivre le patrimoine
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À l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Thierry Coudert, préfet de Seine-et-Marne, a souhaité convier des personnalités féminines de la culture à l'hôtel préfectoral. Qu'elles soient directrices de musées, de châteaux, d'associations ou d'établissements culturels privés, toutes ont été soutenues dans leur engagement par Thierry Coudert, qui ne cache pas son attrait pour le secteur culturel. Focus sur deux d'entre elles qui ont créé de toutes pièces un musée en zone rurale, favorisant ainsi la relance d'une activité économique locale.

« J'ai souhaité réunir des femmes qui ont une action culturelle en Seine-et-Marne ». Anticipant la Journée internationale pour le droit des femmes, le préfet ThIerry Coudert a souhaité mettre l'accent sur un domaine qu'il affectionne particulièrement. « Je me réjouis de rencontrer un certain nombre de personnalités que je ne connaissais pas. Elles représentent différents parcours de femmes, différents engagements. Les femmes de culture à travers les âges ont plutôt eu des rôles passifs, de muses, de modèles. Le plus abouti était celui de celles qui tenaient un salon aux XVIIIe-XIXe siècles, mais elles n'étaient encore que dans un rôle social », a poursuivi Thierry Coudert. « J'ai convié ici des femmes actives, qui représentent une vision beaucoup plus moderne et cela peut pousser un certain nombre d'autres femmes plus jeunes à se lancer, à se dire qu'il est possible de s'accomplir dans ce domaine ».

Le Musée de la vie d'autrefois

Parmi toutes ces personnalités issues du kaléidoscope de la Seine-et-Marne féminine et culturelle, Viviane de Witt a été commissaire-priseur à Drouot (une maison parisienne de vente aux enchères). Cette pionnière a aussi monté un salon d'arts. Mais c'est en 2017 que cette collectionneuse d'Art populaire a créé avec son mari Jérôme le Musée de la vie d'autrefois, aux Ormes-sur-Voulzie, près de Provins.

« Je me suis aperçue que tous les commerces fermaient les uns après les autres et j'avais vraiment peur que ce village, que j'avais connu très joyeux dans mon enfance, devienne une sorte de cité-dortoir de la région parisienne, malgré les efforts de son excellent maire et du conseil municipal »,
expliqué la fondatrice, qui a donc décidé de prendre les choses en main avec la création de ce musée. Le visiteur peut y découvrir 101 scènes de la vie quotidienne et des métiers des Français entre 1 800 (au lendemain de la révolution) et 1 950 (renaissance de la France après la guerre grâce au plan Marshall), illustrées par près de 60 000 objets et véhicules réunis sur 3 500 m².

« Prenez quelques heures pour oublier le monde moderne et préparez-vous à remonter le temps à la découverte de la vie quotidienne, des obscures croyances et des métiers de la vie d'autrefois. De la ferme à la ville, visitez la caserne des pompiers, le lavoir des lavandières, l'antre de la sorcière, l'atelier du sabotier ou même le cabinet du dentiste à l'ancienne. Et pour en savoir encore plus sur notre patrimoine, un de nos guides pourra enrichir votre visite avec toutes les informations et anecdotes qui font le sel de l'Histoire », détaille le musée.

À découvrir, notamment, des cuisinières à bois à et à charbon de 1846, le métier de coutelier émouleur, ou encore des presses à fromage. « La visite durant deux à trois heures, et parce qu'un musée privé ne vit pas que de ses entrées, nous avons créé un restaurant », a ajouté Viviane de Witt. Le site abrite également une boutique et peut accueillir des réceptions ou des séminaires. « Nous avons reçu 7 000 visiteurs rien que par le bouche-à-oreille l'an dernier, mais il nous faudrait au minimum le double pour continuer en sécurité », a conclu la fondatrice du musée, précisant qu'il était possible de visiter le musée en famille. « C'est en effet essentiel pour un préfet, on touche à l'aménagement du territoire. Ces projets sont indispensables si l'on veut éviter qu'un certain nombre de communes ne deviennent des cités-dortoirs », a également estimé Thierry Coudert.


Thierry Coudert, préfet de Seine-et-Marne, et Katerine brault.

Et le Château de By revit

Katerine Brault, propriétaire de la maison de Rosa Bonheur à Thomery, près de Fontainebleau, a ensuite été invitée à présenter son projet, lui aussi tourné autour d'un musée. Touchée par l'authenticité du Château de By (la demeure de la peintre naturaliste et animalière), cette passionnée d'Histoire avait souhaité en faire l'acquisition en 2017. « Les femmes avaient un rôle qui a été effacé. Nous avons besoin d'héroïnes comme Rosa Bonheur », a rappeler Katherine Brault. « Rosa Bonheur était extrêmement moderne ; elle était écologiste, elle défendait la cause animale ». Première femme à recevoir la Légion d'honneur des mains d'une autre femme, l'impératrice Eugénie, Rosa Bonheur est également connue pour avoir été la première femme à être autorisée à porter officiellement un pantalon ; la première à acheter un bien immobilier avec le fruit de son travail, grâce à la vente d'une seule toile.

Autrefois confidentiel, le château est désormais au cœur d'un projet culturel, économique et touristique visant à former un véritable pôle autour de Fontainebleau. En témoigne le soutien de la Région à la réhabilitation et la mise aux normes de la partie atelier du château, qui a offert 200 000 euros de subventions. Il est également impossible de ne pas évoquer la venue du président de la République, Emmanuel Macron, en septembre dernier, à l'occasion des Journées européennes du patrimoine. Le chef de l'Etat a remis un chèque de 500 000 euros à Katherine Brault, accompagné par la Première dame et le chef de la Mission Patrimoine, Stéphane Bern. La finalité de ces fonds ? Permette à la propriétaire de finir l'acquisition du domaine et d'en poursuivre la restauration. Des travaux ont déjà pu être engagés depuis décembre dernier au niveau de la toiture, qui ne protégeait plus l'édifice des intempéries.

Le site historique et la notoriété de Rosa Bonheur ont déjà attiré plusieurs milliers des visiteurs étrangers (Chinois, Coréens, Américains, Anglais). Le Musée de l'atelier développe également un outil numérique de réalité augmenté, destiné à être utilisé lors des visites. Le lieu fait aussi office de salon de thé et de chambres d'hôtes.

À l'avenir, Katherine Brault souhaite quoi qu'il en soit « se battre pour qu'il y ait une grande exposition nationale qui remette au goût du jour l'artiste-peintre à l'occasion de son bicentenaire, en 2022 ». Le site peut toujours être soutenu via la Fondation du patrimoine et la mission Stéphane Berne. Quelque 65 000 euros manquent encore pour finaliser les rénovations.




Quentin CLAUZON
Journaliste

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