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Les entreprises de sécurité d'Ile-de-France

Porté par la vague d'externalisation des fonctions supports et par la montée du sentiment d'insécurité, le secteur des services de sécurité a vu son nombre d'entreprises se multiplier. Selon une récente étude du Centre d'observation du commerce, de l'industrie et des services (Crocis), l'Ile-de-France regroupe 40 %% des établissements et 30 %% des emplois français du secteur.
Les entreprises de sécurité d'Ile-de-France

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Selon l’étude du Crocis « Les entreprise de sécurité d’Île-de-France : vers une sortie de crise ? », le tissu de TPE est extrêmement fragilisé financièrement par la course aux prix bas et les pratiques douteuses de certains ont nui à l’image du secteur dans son ensemble. Avec la volonté d’assainissement par l’Etat, le centre s’interroge sur la possibilité pour le secteur de redorer son image et de retrouver une rentabilité mise à mal… « La clientèle des services de sécurité est majoritairement constituée d’entreprises (78 %%), les particuliers en représentent 12 %% et les administrations 10 %%. Cette répartition a peu évolué au cours des 10 dernières années. En 2013, l’Ile-de-France compte 5 888 établissements du secteur de la sécurité, qui emploient 69 655 salariés. 85 %% de ces établissements exercent des activités de sécurité privée (au sens de l’Insee), qui regroupe les prestations de garde, de patrouille, de gardes du corps et aussi de transport de fonds. L’Ile-de-France représente 40 %% des établissements et 30 %% des emplois français du secteur.
Les établissements franciliens de sécurité sont surtout implantés à Paris, dans les 8e, 10e, 17e, 18e et 19e arrondissements, ainsi qu’en Seine-Saint-Denis, à Saint-Denis, Bobigny et Montreuil, et dans le Val-de-Marne à Créteil et Ivry-sur-Seine. Le nombre d’établissements franciliens a connu une forte progression depuis 2000 : + 74 %% pour les activités de sécurité privée, + 291 %% pour les activités liées aux systèmes de sécurité entre 2001 et 2011. Sur la même période, les effectifs de la sécurité privée ont crû de 25 %%, et ceux des activités liées aux systèmes de sécurité de 148 %%. L’ensemble du secteur de la sécurité a vu ses effectifs augmenter de 30 %%. Les entreprises de sécurité ont en effet bénéficié pendant plusieurs années d’une conjugaison de facteurs favorables (grand mouvement d’externalisation par les entreprises françaises de leurs fonctions supports, suite des attentats du 11 septembre 2001, l’instauration du plan Vigipirate, et la montée du sentiment d’insécurité… Globalement, depuis plusieurs années, avec la diminution du nombre de fonctionnaires s’est organisé un transfert de compétences entre l’Etat et le secteur privé, la fonction publique se concentrant sur ses missions régaliennes (protection de l’Etat, des institutions, liens avec la justice), et déléguant le premier niveau de sécurité au privé. Ainsi la sécurité des salles de spectacles, aéroports et de nombreux bâtiments publics est-elle assurée par des sociétés privées. Aujourd’hui, en France, le nombre d’agents privés de sécurité est sur le point de dépasser le nombre de gendarmes et de policiers. En raison de la crise des finances publiques et de la réduction de ses dépenses de fonctionnement, l’Etat devrait probablement continuer à déléguer certaines activités au privé, peut-être la sécurité des tribunaux ou le transfert de détenus.
Les établissements de sécurité franciliens sont essentiellement des structures de très petite taille : 62 %% d’entre eux n’ont pas de salarié, il s’agit souvent d’entreprises unipersonnelles où un agent de sécurité vend sa force de travail. Moins de 1 %% des établissements ont plus de 200 salariés. La sécurité a longtemps été un secteur à faible valeur ajoutée qui reposait surtout sur la main-d’œuvre. Certaines sociétés, afin d’obtenir des marchés, n’ont pas hésité à casser les prix. Ces tarifs étaient souvent obtenus en omettant de respecter la loi (recours à du travail dissimulé, à des travailleurs sans papiers, non-paiement de la TVA ou des charges sociales et fiscales, cascade de sous-traitance…), mais leurs tarifs anormalement bas ont créé une forte pression à la baisse sur les prix, ce qui a eu des effets dévastateurs sur le secteur.

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