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Les agriculteurs resteront attentifs à l'aménagement du territoire

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Les agriculteurs resteront attentifs à l'aménagement du territoire
@ DR

Guillaume Lefort, Premier vice-président de la Chambre d'agriculture de Région Île-de-France, fait le point sur la manière dont la profession a vécu la crise sanitaire. Si certains secteurs ont souffert, la filière céréalière à laquelle il appartient n'est pas « la plus à plaindre ». S'agissant de la marque et de l'aménagement du territoire, l'exploitant agricole installé à Arville (Sud-Ouest du département) souligne que « la profession est satisfaite mais tient à rester vigilante »

Comment la profession a-t-elle vécu la crise sanitaire ?

La profession a connu plusieurs situations. D'une part, celle de la filière des grandes cultures, est à relativiser. En tant qu'exploitant céréalier, je considère pas être dans les personnes les plus à plaindre. J'ai la chance d'habiter à la campagne, j'ai réussi à faire mon travail et à me fournir avec le minimum dont j'avais besoin. C'est ce qui a permis d'éviter la casse. Je voulais absolument pouvoir mettre en culture, qui consiste à nourrir la population. Nous avons commencé le confinement avec les semis de betteraves et continué avec différents semis et activités agricoles. En grandes cultures nous avons donc réussi à maintenir le cap de manière correcte.

A l'opposé, ceux qui ont le plus souffert, ce sont tous mes collègues pépiniéristes-horticulteurs, qui n'étaient pas dans des productions alimentaires et qui ont donc eu des difficultés pour vendre leur production.

Entre les deux, il y a différentes situations : les éleveurs laitiers ont eu des difficultés au départ, notamment en raison de la baisse de la vente à la détail (comme pour le Brie). Ces professionnels ont souffert durant la première moitié du confinement de la fermeture des fromagers, des marchés, etc.

Les maraîchers se sont au départ beaucoup interrogés sur la main d'œuvre, sur les débouchés, mais ils se sont très vite rendus compte que des opportunités se dessinaient en Île-de-France, que la population avait besoin de consommer localement. La majorité a pu mettre en production, faire les premières récoltes, valoriser sa production et trouver des débouchés. Certains ont fait de la vente directe pour pallier la fermeture des établissements scolaires, des restaurants et ont connu uneexplosion de la demande. Il y a eu des pertes, il ne faut pas le nier, mais des opportunités se sont créées : drive à la ferme, distributeurs automatiques…

Les agriculteurs ont essayé de répondre aux attentes des citoyens, de remplir leur rôle qui est de nourrir la population. Nous avons recréé une forme de lien de proximité avec le consommateur, qui est revenu à l'essentiel en achetant de la farine, de la viande, des légumes de manière directe.

Les aides des collectivités locales ont été les bienvenues ?

Oui le Conseil départemental et le Conseil régional se sont très vite mobilisés pour accompagner ces productions et empêcher leur disparition. Elles ont rapidement mis en place des enveloppes budgétaires. Elles ont aussi joué le jeu pour inciter les mairies et les intercommunalités à acheter francilien pour soutenir la reprise et faire en sorte que tout le monde s'y retrouve.

Quelle est votre activité à l'heure actuelle ?

La moisson commence tout juste. A titre personnel je n'ai pas encore débuté (le 30 juin, N.D.L.R). Nous avons entre une semaine et 15 jours d'avance sur le timing habituel. Je pense que la moisson sera terminée aux alentours du 14 juillet. C'est la première année que nous avons autant d'avance.

A quoi cela est dû ?

C'est une accumulation de plusieurs facteurs, dont celui de la météo (notre vraie patronne!). Cet hiver nous avons commencé en retard pour les semis d'automne, notamment en raison des pluies. On aurait pu penser que la moisson prendrait du retard, mais l'hiver, plutôt doux, a résorbé ce décalage. Le printemps n'a pas ralenti le processus et le coup de chaud que nous avons connu il y a quelques jours n'a fait qu'accentuer ce processus.

Les agriculteurs ont participé au travail effectué autour de la marque de territoire ?

La profession agricole et la Chambre ont historiquement contribué à la mise en place du Livre blanc et des cahiers thématiques, de manière à porter la voix de l'agriculture, qui occupe une grande partie du territoire. S'agissant de la marque et de la dynamique d'aménagement, la profession s'est montrée plutôt satisfaite de la démarche, même si nous restons toujours vigilents. Nous ne sommes pas contre le développement du département, bien au contraire, mais nous tenons à ce que l'aménagement du territoire se fasse de manière cohérente et intelligente.

Le côté rassembleur de la marque est un atout ?

Oui, la marque est intéressante en ce qu'elle accentue et formalise notre identité. Ce serait mentir que de dire que nous avons une identité seine-et-marnaise bien définie. On trouve ailleurs des secteurs et des régions bien identifiés, comme la Bretagne, ou le Nord Pas-de-Calais. Donc, il est intéressant de pouvoir revendiquer notre appartenance à ce beau département.

Demain nous pourrons mettre en avant nos produits locaux, mais pas seulement : quand nous avons le choix d'un artisan local, d'un prestataire de services, qui paie ses impôts dans le même département et qui contribue à la création de richesses, d'infrastructures, c'est quand même intéressant de pouvoir l'identifier grâce à la marque de territoire.




Quentin CLAUZON
Journaliste

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