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Les 50 printemps de Rungis

le - - Économie - Vie des entreprises

Les 50 printemps de Rungis
© MSM

Le Marché de Rungis fête ses 50 ans. C'est actuellement le plus grand marché de produits frais au monde avec quelque 1 200 entreprises et 12 000 salariés qui font transiter 2,9 millions de tonnes de produits alimentaires. Son chiffre d'affaires 2018 dépasse 9 milliards d'euros. Il constitue une opportunité unique pour les métiers de bouche et leurs représentants qui font des produits l'atout majeur de leur développement.

Pour Stéphane Layani, le P.-D.G. de ce marché plus grand que la Principauté de Monaco – 234 ha VS 202 ha –, « La prospérité de Rungis est une histoire d'hommes et de femmes, ces professionnels de l'activité de l'alimentaire frais en gros, qui savent trouver les synergies adéquates et améliorer constamment leur savoir-faire, entre tradition et modernité. » C'est à eux qu'il dédie ce cinquantenaire, « car ce sont eux qui mettent « du bonheur dans nos assiettes ».

Un marché en mouvement perpétuel

En concertation avec les entreprises, la Semmaris, dont la mission de gestion et d'aménagement a été prolongée jusqu'en 2049, a pris l'initiative d'un plan d'investissements, « Rungis 2 025 », « pour consolider le marché physique, le projeter dans l'avenir et asseoir sa réputation internationale ».

Le gestionnaire et les entreprises du marché investissent ainsi régulièrement dans les infrastructures « afin d'en soutenir la croissance à long terme, d'assurer la pérennité et de faire rayonner à l'international un modèle d'excellence à la française ». Chaque année, ce sont entre 30 et 40 millions d'euros qui sont consacrés à la rénovation et à la construction de nouveaux bâtiments.

Un marché physique attractif et performant

Quand la Semmaris investit un euro sur le marché, les opérateurs en investissent autant, c'est ainsi plus d'un milliard d'euros qui vont permettre à Rungis de se développer, entre 2015 et 2025.

Ces investissements concernent tous les secteurs. Au total, est prévue la construction de 264 000 m2 de bâtiments, la démolition de 132 000 m2 et la réhabilitation de 88 000 m2.

Ces transformations vont notamment prendre en compte la construction d'un nouveau bâtiment pour le sous-secteur porc, la restructuration du secteur horticulture et décoration, la création d'entrepôts pour des acteurs de la logistique du dernier kilomètre…

Si l'activité du marché s'est considérablement diversifiée – transport, logistique, importation, transformation, etc. –,
le marché physique et son stock de produits frais restent à la base de l'écosystème. Dans le cadre de ce plan « Rungis 2 025 », la Semmaris développe également son action à l'international, identifiée comme un relais de croissance prometteur et un vecteur puissant de notoriété.

Au cœur des tendances de consommation

Le Marché est aujourd'hui un véritable cahier de tendances, prenant en permanence le pouls de la consommation française. Comprendre et anticiper les nouveaux modes de vie et de consommation permet à Rungis de se rapprocher au plus près des besoins de ses clients-consommateurs. La dernière décennie a permis au marché de montrer sa grande adaptabilité, notamment en matière de produits bio. Alors qu'en 2003, un Français sur deux ne consommait jamais de bio, ils sont neuf sur 10 à en avoir consommé sur les 12 derniers mois.

En l'occurrence, le Marché de Rungis ne s'est pas contenté de suivre les tendances. Il les a partiellement initiées. En tant que précurseur, il a œuvré pour anticiper les grandes évolutions de la consommation alimentaire, rester en phase avec les attentes des consommateurs et ouvrir un débouché supplémentaire aux agriculteurs et aux transformateurs engagés dans cette filière respectueuse de l'environnement.

En 2015, c'est à Rungis qu'a été construite la plus grande halle bio d'Europe, apportant ainsi une nouvelle dimension à l'offre, deux ans après l'inauguration d'un pavillon dédié à la gastronomie. Construit sur 5 600 m2, ce dernier s'inscrit complètement dans la démarche environnementale entreprise par la Semmaris avec son programme « Rungis Green Business ». On y trouve des acteurs reconnus de la filière biologique qui proposent une palette très variée d'aliments certifiés biologiques : fruits et légumes, frais comme transformés, vins et spiritueux, produits laitiers, viande, charcuteries et produits traiteur, épicerie fine, etc.

L'offre bio est à présent complétée par des produits « sans allergène » – gluten, lactose, œuf, soja – en fort développement également.

À court terme, le Marché a pour objectif d'atteindre les 5 % de son chiffre d'affaires avec des produits éco-responsables, bio ou équitables. Ces produits sont, a minima, certifiés par le label européen et par le label AB ; certains même bénéficient du label Demeter qui atteste d'une agriculture biodynamique.

La plateforme de vente en ligne

Aujourd'hui, 20 % des achats de « professionnels à professionnels » sont réalisés en ligne. L'année prochaine, ce seront plus de 30 % des entreprises qui auront recours au digital pour vendre leurs produits. L'e-commerce touche un nombre croissant de secteurs, l'alimentaire compris. Cette digitalisation n'épargne à présent personne, pas même le plus grand Marché de produits frais du monde. Pour suivre ces mutations, Rungis a développé sa propre plateforme de vente en ligne, « RungisMarket.com », afin de proposer des solutions d'achat de produits frais en gros à ses clients professionnels de l'agroalimentaire et des métiers de bouche.

Selon la Semmaris, ce site d'e-commerce « n'a pas vocation à remplacer le marché physique ni le contact humain si caractéristique des pavillons du marché. C'est un outil destiné à permettre au plus grand nombre d'avoir accès facilement à la « qualité Rungis », où qu'il soit, et d'aider les grossistes à accéder à d'autres acheteurs ». Accessible 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, il fait entrer sur la toile des milliers de produits en provenance de tous les pavillons. Quelle que soit leur localisation, les acheteurs peuvent faire livrer leurs produits via un service de logistique optimisé ou de click-and-collect chez le vendeur, le tout grâce des transactions commerciales sécurisées.

Le sens de la solidarité

Pour le Marché, « agir pour la planète c'est protéger la Terre, mais également être solidaire les uns des autres ». Outre son usine de recyclage, son usine d'incinération (voir ci-contre) et son pavillon bio, il a instauré « le Potager de Marianne », issu du réseau national Andes, l'Association nationale de développement des épiceries solidaires.

Cette association collecte, auprès des grossistes, les fruits et légumes qui ne seront pas vendus, mais qui restent bons à manger. Ces produits d'abord triés, sont ensuite redistribués aux épiceries solidaires d'Île-de-France, aux Restos du Cœur ou encore à la Banque Alimentaire. Revendus à faible prix, ils permettent aux personnes les plus démunies d'être nourries.

Rungis en chiffres

-  le marché s'étend sur 234 ha;

- 1 209 entreprises ;

- près de 12 500 salariés ;

- un chiffre d'affaires de 9,4 milliards d'euros en 2017, 0,3 % du PIB français ;

- près de 3 millions de tonnes de marchandises transitent chaque année

- le marché nourrit 18 millions de Françaises et de Français (environ un sur quatre) ;

- répartition des ventes : 65 % en Ile-de-France, 25 % dans le reste du territoire et 10 % à l'export ;

- environ 300 000 références de produits frais dans les cinq secteurs d'activité ;

- quelque 6,7 millions de passage annuels au péage, l'équivalent de la fréquentation de la Tour Eiffel ;

- 70 % de fruits et légumes, 16 % de produits carnés, 9 % de produits laitiers et traiteurs, 5 % de produits de la mer et d'eau douce.

La valorisation des déchets

Emballages en carton, cagettes, déchets verts... Le Marché de Rungis valorise ses déchets, ainsi que ceux de 10 communes voisines, grâce à son centre de tri pour produits recyclables. Les déchets non recyclables sont brûlés dans l'usine d'incinération du Marché. La chaleur produite permet de chauffer le Marché et les zones environnantes en période hivernale. Quant aux déchets verts, ils sont transformés en compost.

- 97,3 % des déchets traités ont été valorisés

- 66,6 % sous forme énergétique (incinération), pour un total de 104 021 tonnes

- 30,7 % sous forme de matière, soit un total de 47 886 tonnes

- 2,7 % seulement ont été enfouis en centres d'enfouissement techniques (CET), soit 4 160
tonnes.

(Chiffres 2016)




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