« Le Medef est à un moment critique de son histoire »

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« Le Medef est à un moment critique de son histoire »
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Le Medef Seine-et-Marne a reçu dernièrement le candidat à la présidence du Medef Alexandre Saubot dans l'enceinte de Silec Cables à Montereau-Fault-Yonne. Après une visite de ce fleuron industriel, les adhérents ont pu confronter leur vision à celle du candidat.

« Notre mouvement est à un moment assez critique de son histoire ». Candidat à la présidence du Medef, Alexandre Saubot dirige l'entreprise familiale Haulotte Group depuis 2004. Président sortant de l'UIMM et du pôle social du Medef, le candidat a témoigné de son vécu sans ambages dès l'entame de l'entrevue préparée par le Medef Seine-et-Marne.
« Entre 2007 et 2009, dans un marché divisé par 4, un chiffre d'affaires divisé par 3, j'ai du diviser la production par 8. Dans une entreprise familiale cela vous forge un certain nombre de convictions, je me suis dit qu'il fallait contribuer à changer les choses ».

Pour lui, le temps est venu de porter un projet « pour créer les conditions du changement ». Et le candidat de déplorer l'excès de réglementation, d'impôt et de complexité sociale. « Les gouvernements n'ont pas intégré que trop de règles, c'est moins d'emplois ».

Le Medef doit recentrer son action

Mais la méthode doit changer, au risque de voir le Medef « devenir un corps mort pour peser sur la défense de nos entreprises ».
Alexandre Saubot rappelle ainsi que le syndicat s'est construit sur la négociation sociale et sur une forme de protestation contre un Gouvernement peu souvent à l'écoute.

Et de son expérience de terrain, le candidat en rapporte un constat fort : « il existe un ras-le-bol vis-à-vis du fait que le patronat soit complice de toujours plus de complexité, de règles imposées aux entreprises ».

Alexandre Saubot confie aussi que le président de la République Emmanuel Macron ne porte pas dans son cœur les corps intermédiaires comme le Medef. « On ne va pas nous trouver une utilité si l'on ne se réinvente pas », explique-t-il.

Deuxièmement, le dirigeant d'Haulotte estime qu'il est nécessaire d'obtenir l'assentiment de l'opinion publique, au risque de ne plus être entendu par la suite. « Il nous faut expliquer qu'aider les entreprises et améliorer leurs conditions, c'est aider la France à s'en sortir. 90 % des solutions aux défis qui se présentent à l'heure actuelle, comme la croissance, l'emploi, la révolution numérique ou le déficit extérieur, nous les avons ».

Une action qui peut passer, notamment, par le récit des réussites d'entreprises phare en France. « Nous ne devons plus paraître comme ce Medef grognon »,
explicite Alexandre Saubot.

Le candidat souhaite également réformer le paritarisme. « Il y a des endroits ou cela fonctionne, d'autres non », précise-t-il. Le président Jean-Marc Sereni est plus mesuré sur ce point, estimant qu'il ne faut pas « effacer aussi vite » le paritarisme, qui a notamment fonctionné lors de la construction d'un accord territorial sur le travail le dimanche pour la Vallée Village.

Un changement profond

Loic Gauthier, dirigeant de l'entreprise Eoz, estime également que le Medef « est inaudible » et qu'il est nécessaire de raconter « l'extraordinaire » qui se déroule dans les petites ou les grandes entreprises, à l'image ce qui existe chez Silec Cable. Un avis partagé par Marie-Thérèse Blanot, directrice générale de Silec Cable, qui précise : « on ne donne pas assez la parole aux salariés et aux ingénieurs passionnés, il faut arriver à faire parler de nos entreprises de l'intérieur ».


Pour Loic Gauthier, notre système est à bout de souffle, passant du pyramidal à l'holomidal (un système organisé en niches et où la hiérarchie laisse place au collaboratif). « Si nous ne faisons rien, cela se fera en dehors et certaines initiatives naissent déjà ailleurs », prévient-il. D'autres adhérents appuient cette vision, estimant qu'il « ne faut pas ignorer le besoin de remise en cause et de changement, au niveau sociétal, que les dirigeants partagent avec la population ». « Il est aujourd'hui nécessaire de travailler sur une vision plus que sur des actions », concluent-ils.




Quentin CLAUZON
Journaliste

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