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Le Medef de Seine-et-Marne fête ses 100 ans

le - - Actualité - Grand témoin

Le Medef de Seine-et-Marne fête ses 100 ans
© DR

Le 6 juin prochain, le Medef Seine-et-Marne fête son centenaire. Au fil du temps, le mouvement du patronat départemental s'est transformé, s'est étoffé, évoluant pour constituer aujourd'hui une entité puissante, totalement enracinée dans l'ensemble du territoire.Jean-Marc Sereni, son président actuel, revient sur le passé de ce Medef 77 et trace surtout les grandes lignes de son avenir. Au nombre des projets qui lui tiennent à cœur : la place de l'entreprise au sein de l'économie du territoire, le rôle des femmes dans la représentation patronale et le financement des entreprises.

Quels sont les temps forts de l'Histoire du Medef de Seine-et-Marne sur lesquels vous aimeriez revenir plus particulièrement ?

J'aimerais tout d'abord souligner que la création du Medef en Seine-et-Marne, l'Union patronale à l'époque, résulte d'une volonté farouche du patronat du département de s'engager dans une vraie démarche économique et pas simplement de se rassembler au sein d'un petit club à l'anglaise. Nous avons toujours gardé cette volonté permanente de s'évaluer, d'améliorer, de comprendre et de trouver des réponses entrepreneuriales. C'est cette continuité historique que je trouve très forte.

C'est essentiellement le secteur industriel qui s'est mobilisé autour de cette création ?

Absolument. L'industrie était très puissante. Elle portait d'ailleurs toute l'économie du département. Il n'y avait pratiquement pas de secteur tertiaire. Cette mobilisation s'est cristallisée autour de la capacité des industriels de l'époque à être solidaires. Celle-ci n'a pas varié depuis 1919. Quand un entrepreneur affronte des difficultés, la réponse ne vient pas tant de la maison Medef ou de la voix de son président que des adhérents qui font émerger entre eux la solution qui va l'aider à surmonter la mauvaise passe.

De nombreux adhérents me confirment que le plus grand apport du Medef Seine-et-Marne est de permettre de rencontrer des gens capables de nous expliquer et de nous aider à atteindre nos objectifs. Nous sommes dans le même esprit qu'en 1919…

Comment vont se dérouler les festivités de ce Centenaire ?

Tout d'abord, nous allons profiter de ce Centenaire pour lancer la première édition de notre « Scène Eco » au Domaine de Malassise, à Mormant. Ce nouvel événement économique annuel s'organise autour d'un espace de rencontres et d'échanges de qualité, en mixant des experts et des personnalités issus de différentes disciplines et d'horizons divers, avec la volonté de proposer des regards croisés et décalés sur l'économie. Le 6 juin, c'est le paléoanthropologue Pascal Picq qui viendra nous parler du “Medef face à Darwin“.

Nous choisissons des sujets qui vont intéresser à la fois nos chefs d'entreprise adhérents et l'ensemble des entrepreneurs du département, quel que soit leur secteur d'activité et la taille de leur entreprise. Aujourd'hui, nous avons également la volonté d'y associer les décideurs institutionnels et les élus locaux. Depuis mon premier mandat, je m'emploie à ce rapprochement entre les acteurs publics et les acteurs privés autour de l'économie que nous souhaitons pour la Seine-et-Marne.

Au niveau de la fiscalité, compte tenu que les entreprises supportent à présent des impôts de plus en plus lourds au niveau local, notamment par rapport à l'IS, il me semble normal que les entrepreneurs échangent avec les responsables qui gèrent le territoire. Il faut que ces derniers sachent bien ce qu'est une entreprise, comment elle fonctionne et quelles en sont les contraintes.

Nous sommes déjà parvenus à instaurer un vrai dialogue et à multiplier les rencontres avec les élus locaux et départementaux ; rencontres qui dépassent d'ailleurs largement la fiscalité pour s'intéresser au développement économique du territoire.

Lors de cette célébration du centenaire, nous allons également organiser une table ronde sur le thème de l'équilibre des forces en matière de développement économique territorial, avec notamment Franck Margain, conseiller régional d'Île-de-France, président de Paris Région Entreprises, Aude Debreil, directrice générale de l'EPA Sénart, Loïc Gauthier, président d'EOZ, un vrai entrepreneur autonome qui se bat tous les jours pour exporter dans le monde entier, et Christophe Giral, le directeur de l'immobilier d'Eurodisney, qui donne une autre perspective au débat. Le député Jean-Louis Thiériot viendra conclure cette table ronde.

Pour la soirée festive, en présence de Patrick Septiers, le président du Département, et d'autres personnalités et élus seine-et-marnais, nous passerons dans un autre lieu, pour montrer que du Nord au Sud, nous sommes un même département, en l'occurrence le Château du Vivier, à Fontenay-Trésigny, où nous accueillerons Geoffroy Roux de Bezieux, le président du Medef, pour échanger avec lui sur l'avenir de notre organisation.

Quelles sont les perspectives qui se présentent à vous ?

Le Medef Seine-et-Marne a longuement travaillé sur la place de l'entreprise au sein de l'économie du territoire. Pour nous, c'est essentiel, parce que c'est l'entrepreneur qui crée de l'emploi. En avançant aujourd'hui au cœur de l'économie départementale, je me suis rendu compte que de nombreux entrepreneurs n'employaient pas de salariés. Ces créateurs d'entreprises ont quand même permis d'empêcher l'explosion du chômage en prenant en main leur propre destinée professionnelle.

À partir de maintenant, je vais faire un Medef départemental ouvert sur l'entreprise et sur l'entrepreneur individuel. Je veux aider ce dernier à recevoir l'information indispensable à son travail, à échanger et à rencontrer d'autres chefs d'entreprise. Nous lançons donc ce concept de Medef Seine-et-Marne “connecteur économique”. C'est un point essentiel de notre développement.

Aux origines, votre organisation rassemblait de grands industriels. Cent ans plus tard, le Medef Seine-et-Marne souhaite donc accueillir toutes les entreprises, quelle que soit leur taille…

Absolument. Tout ce qui fait que l'économie fonctionne, tout ce qui fait que le chômage diminue est fondamental. C'est cela qui m'intéresse aujourd'hui.

L'autre action que j'ai amorcé, de façon assez forte et sur laquelle je vais de plus en plus insister est de faire une place de plus en plus importante aux femmes dans le monde économique. J'investis énormément de temps et d'énergie sur ce sujet majeur en Seine-et-Marne. Nous sommes depuis toujours de grands accompagnateurs de Femmes chefs d'entreprise (FCE). Cette association, embryonnaire à mon arrivée à la présidence du Medef Seine-et-Marne, est à présent devenue une réalité économique dans le département. J'ai œuvré avec les présidentes successives, Carine Rouvier et Nadia Ayadi, pour que les femmes aient accès à toutes les strates de l'activité auxquelles elles n'avaient pas accès, notamment des mandats de représentation patronale, à l'Urssaf notamment, et les mandats consulaires. C'est un élément fondamental de mon action de demain.


De gauche à droite sur la photo, Christine Caillet, juriste, Nicolas Gueudet, chargé de relations entreprises secteur sud 77, Candice Roussel, déléguée général, Céline Lacour, responsable administrative, Ludivine Luce, apprentie chargée de mission junior en marketing et développement commercial, Odile Monrose, chargée de mission emploi/formation et Séverine Flamey, chargée de relations entreprises secteur nord 77.

Parmi toutes vos actions, quelles sont celles qui visent aujourd'hui à réduire les chiffres du chômage dans le département ?

C'est un souci majeur car, dans le département, nous constatons aujourd'hui que les offres d'emploi et le chômage augmentent en même temps. Il y a paradoxalement de plus en plus d'emplois non pourvus et de plus en plus de chômeurs. Ce constat étant fait, il ne faut pas critiquer Pôle Emploi qui travaille au mieux avec les moyens dont il dispose. Il faut simplement inventer de nouveaux outils. Nous nous rendons compte que la meilleure méthode passe par l'appel à l'emploi. Les entrepreneurs peuvent facilement prévoir le moment où leurs besoins en main-d'œuvre seront les plus importants, par exemple avec l'évolution des carnets de commandes et les départs à la retraite.

Nous pouvons être force de propositions et travailler avec les acteurs de l'emploi pour former les chômeurs aux métiers et aux spécialités que les entreprises recherchent. Le marché de l'emploi doit s'adapter aux réels besoins des entreprises. Voilà le système sur lequel je travaille actuellement pour rendre le Medef Seine-et-Marne opérationnel à la fois pour nos adhérents et pour toutes les personnes en recherche d'emploi.

À chaque fois que nous avons une situation un peu complexe et un peu tendue, chacun des partenaires, publics — Pôle Emploi, Cap Emploi, créé en 1992 par le Medef 77… – et privés, apporte sa contribution.

Parallèlement, nous devons dessiner des pôles d'attractivité qui ne se limitent pas à une commune ou à une agglomération. Il faut ainsi rassembler toutes les initiatives locales pour leur donner la résonnance requise au niveau du territoire. C'est aussi cela l'adaptabilité de l'appel à faire des employés. Elle doit répondre à un vrai besoin actuel des employeurs.

La formation fait également partie de votre mission…

Le Medef de Seine-et-Marne compte un tiers d'industries, un tiers de services et un tiers de commerce. Cela constitue une belle représentation territoriale. Nous devons ainsi accompagner et trouver des réponses pour tous, de l'artisan boulanger au grand groupe industriel. Côté formation, nous disposons notamment avec l'UIMM du CFAI d'Emerainville.

Nous menons également de nombreuses actions de sensibilisation auprès des collèges. Les élèves et leurs professeurs se déplacent de plus en plus dans les entreprises et les entrepreneurs vont dans les collèges… Il y a de nombreux métiers passionnants. Inutiles d'avoir Bac +7 pour faire une belle carrière professionnelle. Nous préparons ainsi l'emploi de demain.

Le Medef travaille également avec les établissements financiers pour faciliter le financement des entreprises…

À travers “Medef accélérateur d'investissement”, nous avons mis en place un système qui permet d'obtenir des financements pour les entreprises réalisant 250 000 euros de chiffre d'affaires et plus. Auparavant, les banques n'acceptaient de financer qu'à partir d'un million d'euros de chiffre d'affaires. Nous avons par ailleurs mis en place une formation pour apprendre aux entrepreneurs à aller chercher de l'argent.

Le Medef Seine-et-Marne va prendre ses quartiers à Villaroche ?

Oui, nous nous y installons l'année prochaine. Nous avons choisi Villaroche parce que c'est l'un des pôles de développement économique du département qui me paraît vital, en confortant Sénart. Je pense de surcroît que l'EPA Sénart va faire profiter l'aménagement du territoire de Villaroche de son extraordinaire compétence. Pour les locaux du Medef Seine-et-Marne, le terrain est acheté, le permis de construire est déposé et nous préparons notre implantation en 2020.




Jean-Paul VIART
Journaliste

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