LBC, une PME Nord Seine-et-Marnaise en forte croissance

le - - Actualité - Grand témoin

LBC, une PME Nord Seine-et-Marnaise en forte croissance
© D.R. - Thierry et Bernard Grillot

Créée en 1983 par Bernard Grillot, l'entreprise Le Bureau Contemporain, plus connue sous l'acronyme LBC, accompagne les entreprises dans l'aménagement de leurs locaux pour répondre aux nouveaux modes de travail.

À l'origine distributeur en mobiler de bureau, LBC a quitté la Seine-Saint-Denis pour la Seine-et-Marne en 1999, pour gagner le centre-ville de Collégien, puis la zone industrielle des Portes de la forêt en 2013. Au service de grands groupes comme de plus petites structures, LBC a connu une croissance de plus de 40 % de son chiffre d'affaires durant les deux dernières années, atteignant 12,6 millions d'euros. Ce dynamisme lui a permis d'ouvrir récemment un nouveau showroom en plein Paris, près du Palais Brongniart. Son directeur commercial, Thierry Grillot, présente les clés de ce succès.

Quel sont les spécificités de votre activité ?

Notre métier est d'accompagner les entreprises dans l'aménagement de leurs locaux et surtout de faire en sorte qu'ils correspondent aux nouveaux modes de management des espaces de travail. Nous sommes passés de bureaux fermés dans les années 1980 à des bureaux ouverts depuis les 15 dernières années. Mais ces bureaux ouverts étaient mal traités, ce qui a créé des problèmes avec les salariés : ni l'acoustique, ni la lumière ni l'ergonomie du poste de travail n'étaient pris en compte. Et depuis 5 ou 6 ans, nous sommes allés encore plus loin : sur ces espaces ouverts nous trouvons actuellement de nouveaux modes de travail comme le flex office (le salarié n'a pas de poste attribué, il est doté d'un casier et change régulièrement d'espace de travail), l'agile working (un dérivé du flexwork), ou encore le coworking. Cela a nécessité de porter une attention particulière à l'aménagement. En effet, le salarié doit être au cœur de ces aménagements, qui doivent rimer avec bien-être. Nous faisons en sorte que le mobilier soit beau, agréable à l'œil, qu'il soit ergonomique pour assurer un bon maintien sur le poste de travail. Aussi, nous multiplions les espaces dits informels, c'est-à-dire les tisaneries, les espaces de repli, les « espaces-bulle » et les « espace-box »
pour que les salariés puissent s'isoler, soit pour discuter avec un collaborateur, soit pour passer un appel téléphonique. Nous avons également beaucoup travaillé sur l'éclairage et l'acoustique, pour que ces espaces soient agréables et que les salariés s'y sentent bien.

Comment vous êtes vous adaptés à cette forte croissance ?

Nous avons accompagné progressivement l'évolution de l'entreprise, en sachant maitriser notre croissance, sauf ces deux dernières années où nous avons fait plus de 40 % d'augmentation du chiffre d'affaires. Il a fallu tout adapter, qu'il s'agisse de la logistique ou des process pour remettre à niveau notre structure. Cela a notamment fait partie du travail de Valérie Doignon, responsable marketing, appel d'offre et RSE chez LBC, qui a eu en charge de faire en sorte que l'entreprise se structure. Nous nous sommes notamment engagés dans la démarche RSE ISO 26 000. À ce titre nous avons plutôt un sourcing européen, avec la présence de quelques fabricants français. Nous ne voulons pas nous fournir trop loin, avec notre démarche RSE qui nous impose d'être efficients et dans l'excellence de notre approvisionnement.

Nous sommes donc pleinement engagés dans une nouvelle démarche structurelle pour accompagner notre croissance. La croissance est aussi dure à gérer que la décroissance, mais nous y arrivons sans trop de difficultés. Nous faisons partie de ces PME très dynamiques qui avancent et c'est d'ailleurs souvent en période de crise que l'entreprise a fait un réel bond en avant.

Vous avez également développé une nouvelle activité ?

Il y a cinq ans nous avons effectivement créé une division, LBC Home, centrée sur le particulier (cuisine, salle de bain, dressing, travaux d'intérieur). Puis de manière assez rapide nous nous sommes aperçus que le Home design était en vogue dans l'entreprise. Toujours dans cette volonté de procurer du bien-être du salarié, nous avons commencé à faire des cuisines d'entreprise (chez L'Oréal et LVMH, par exemple). Il y a une demande croissante pour des produits qui ressemblent à ce que l'on peut trouver chez soi.

Votre secteur est-il concurrentiel ?

Cela était vrai il y a quelques années, mais du fait des crises successives, notre métier a été sinistré. Il reste malheureusement peu de fabricants en France dans le mobilier de bureau.

Notre activité a donc sérieusement évolué, vers plus de distributeurs spécialistes et moins de généralistes. Ce qui nous différencie, c'est notre dynamisme. Nous avons la chance en interne d'avoir les collaborateurs qui y contribuent grandement. Nous somme forts d'une certaine stabilité, nous avons les mêmes salariés depuis 15 à 30 ans, et donc vis-à-vis des clients finaux, cette continuité est appréciée. Nous visons le partenariat durable avec le client et nous nous mettons en situation d'être en excellence, nous faisons au mieux pour nous
accrocher et trouver des solutions.

Vous travaillez également pour de grandes entités ?

LBC jouit en effet d'une certaine renommée en la matière, pour avoir travaillé avec la moitié du CAC 40. Nous avons fourni Axa France, L'Oréall, Ernst & Young, Orange, LVMH ou encore Danone… Nous sommes également un gros fournisseur de l'Etat, notamment l'Assemblée nationale et cette année nous avons gagné le marché du Conseil départemental des Hauts-de-Seine dans sa globalité. Ainsi, 1 500 personnes déménagent de leur ancien siège vers un lieu emblématique, l'U Arena, qui a une capacité d'accueil de tertiaire adaptée. LBC a donc assisté le Département à la fois dans l'aménagement, les plans, l'étude, l'accompagnement des salariés avec des présentations de show room, des réunions… Ce qui aboutit à énorme projet approchant quatre millions d'euros. Donc nous sommes à la fois fournisseurs de grands groupes privés et publics. Mais nous servons tout type de client, de la profession libérale au grand groupe, car nous estimons que chaque client est important, du simple bureau au projet de grande envergure, et avec du sur-mesure.

Votre statut de PME est donc un avantage ?

Oui, le fait d'être une PME très agile et réactive nous permet de faire la différence vis-à-vis de certains concurrents, voire de grands groupes. Nous avons toujours un coup d'avance : l'agilité nous rend plus efficaces. C'est aussi l'état d'esprit de l'entreprise, insufflé à tous les employés, qui travaillent au sein de locaux aménagés faisant office d'échantillon de notre savoir-faire.

Votre positionnement est aussi stratégique…

Nous souhaitions que nos salariés soient près de l'entreprise, nous n'avions aucune envie de quitter la Seine-et-Marne en 2013. Nous avons trouvé ces locaux stratégiques, près du nœud de l'A4, de l'A1 et de la N104, nous permettant d'être rapidement sur les lieux d'intervention de nos clients. Nous travaillons essentiellement en Île-de-France, mais nous avons également une belle activité en province, c'est aussi le souhait des grands groupes avec qui nous travaillons.

Et ce positionnement à proximité de Disneyland, garant du dynamisme du secteur, est aussi important pour nous, notamment en termes d'image. Les investissements récents de deux milliards d'euros confortent aussi notre choix. De nouvelles entreprises vont s'installer.

Au-delà de Val d'Europe qui est la locomotive, Collégien est une zone très dynamique de Marne-la-Vallée, on le voit avec tous les aménagements d'entreprises qui nous entourent et se développent. Nous sommes donc ravis d'être sur ce secteur et en Seine-et-Marne.

Pourquoi avoir installé un nouveau showroom sur Paris ?

Comme je l'ai évoqué, tous les process mis en place depuis quatre ans ont concouru à faire en sorte que nous puissions répondre à tous ces grands appels d'offre. Donc, nécessairement, nous sommes plus présents sur les grands projets, c'est le résultat et la conséquence de cette croissance. Mais ce qui nous manquait, c'est cette présence sur Paris. Nous avons un beau showroom de 600 m² au sein de nos locaux à Collégien et un autre plus centré sur l'habitat à Val d'Europe. Mais la clientèle, notamment des architectes et très grands groupes, n'est pas toujours disposée à venir en Seine-et-Marne pour visiter notre showroom, et il y avait une vraie demande en la matière. Nous cherchions depuis quelques années mais nous ne voulions pas nous installer sur Paris n'importe comment, mais en trouvant des locaux qui correspondent à notre image. Il y a un an et demi, par un heureux hasard, nous avons trouvé un beau local à côté de la Bourse, rue Réaumur, un des secteurs les plus dynamiques de la capitale et qui a complètement changé d'orientation pour se tourner vers l'entreprise. Dès lors, nous avons décidé de nous différencier de ces showrooms, très léchés, dans l'esprit haussmannien et installés en appartement. Nous voulions en prendre le contrepied pour avoir une liaison directe avec la rue. Nous avons créé un lieu qui nous ressemble, avec ce côté humain marqué. Aussi, nous sommes passés par des artistes pour la signature murale du lieu. Il y a eu un énorme travail en interne pour assurer la conception des locaux de 382 m², montrer notre savoir-faire et rassurer le client sur notre expertise. Notre nouveau showroom est visuellement orienté sur des produits qui ressemblent à de l'habitat, avec les coins réunion, accueil, restauration, et même bureau. Il s'agit d'un réel échantillon de notre savoir-faire. Le local a d'ailleurs été désigné comme l'un des plus beaux showrooms de Paris. C'est en quelque sorte l'aboutissement de 35 ans d'expérience, nous positionnant comme un acteur important et référent sur ce marché.

Quels sont les enjeux à venir pour LBC ?

C'est de savoir rester toujours dans l'esprit du marché, de bien comprendre que les modes de travail vont encore évoluer. On parle notamment de la « génération Z »,
je ne pense pas qu'elle voudra travailler sur un ordinateur, mais plutôt sur des outils adaptés aux nouveaux modes de travail avec téléphones et tablettes. C'est vraiment l'avenir. On peut d'ailleurs se demander si dans les 20 ans à venir, le bureau sera encore un point important, où si les salariés n'iront pas travailler à la fois dans le restaurant, le salon, la salle de réunion, avec un bureau qui restera un petit repère. Nous allons être confrontés à une évolution encore forte des modes de travail et ce sera un enjeu pour LBC de s'y conformer.

Par ailleurs, l'entreprise a compris aujourd'hui qu'avec les évolutions technologiques, les anciens bureaux ne sont plus adaptés, nous sommes passés de postes dits compacts à des postes droits mais bien équipés, avec des supports tels que des bras pour l'écran d'ordinateur et un mobilier spécifique.

Il y a enfin une tendance forte, celle du télétravail. Nous constatons un mauvais accompagnement à ce sujet, les salariés n'ont pas d'outil pour travailler chez eux. Ce sera le travail des prochaines années, pour permettre aux entreprises d'accompagner les salariés jusqu'à leur domicile, en leur proposant un mobilier, des outils adaptés. Ce secteur mérite d'être plus amplement développé par les industriels.




Quentin CLAUZON
Journaliste

Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Le Moniteur de Seine-et-Marne Journal d'annonces légales, judiciaires de Seine-et-Marne

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide