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Laurence Thouveny : « la connectivité est devenue un bien vital »

Son expérience longue de 25 ans au sein de l'opérateur de télécommunications lui permet, aujourd'hui, de diriger 5 000 salariés. Directrice d'Orange Île-de-France, Laurence Thouveny a deux missions principales : décliner opérationnellement la stratégie de l'entreprise et consolider son leadership sur le territoire francilien, notamment en Seine-et-Marne.
Laurence Thouveny : « la connectivité est devenue un bien vital »
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Comment gérez-vous cette crise sanitaire et quelles en sont les conséquences ?

Laurence Thouveny : Depuis le premier confinement, nous nous sommes mobilisés de façon exceptionnelle avec deux grandes priorités : la santé et la sécurité de nos salariés, ainsi que la continuité de nos services. Nous avons ainsi mis en place le télétravail dès que c'était possible. Parallèlement, nous avons poursuivi le déploiement de la fibre pour répondre aux besoins de nos clients dans ce contexte inédit. En 2020, nous avons même raccordé plus de nouveaux foyers qu'en 2019 ! Nous avons également réalisé les opérations techniques nécessaires pour que nos réseaux tiennent la charge induite par la croissance très forte des usages pendant cette période. La connectivité est devenue un bien vital et nous avons d'ailleurs mené beaucoup d'actions de solidarité dans des hôpitaux et des Ehpad pour permettre aux personnes isolées de maintenir un lien avec leurs proches, grâce aux outils numériques. Aujourd'hui, avec ce troisième confinement, il y a de la fatigue et de la lassitude au sein des équipes et nous restons extrêmement vigilants pour accompagner au mieux nos salariés. Nos boutiques sontouvertes, sauf celles situées dans les centres commerciaux, ce que nous déplorons pour nos clients. Enfin, le 19 mars, nous avons lancé la 5G à Paris, pour offrir un plus grand confort de navigation grâce à des débits jusqu'à trois fois plus rapides que ceux de la 4G.

Quelles sont les grandes lignes de votre stratégie de développement en Île-de-France ?

Nous nous inscrivons dans le nouveau plan stratégique d'Orange, “Engage 2025”, lancé il y a un an. Notre ambition est de renforcer notre leadership sur les réseaux très haut débit (fibre, 4G et 5G) et d'accélérer le développement commercial de nos services de diversification comme Orange Bank, la Maison Protégée, ou encore le Cloud et la cyberdéfense sur le marché Entreprises. Notre ambition est également de franchir un nouveau palier d'excellence, tout en plaçant nos salariés au cœur de cette stratégie. Ce plan est aussi celui de l'engagement que nous prenons vis-à-vis de la société et de la planète, car notre conviction, aujourd'hui, est qu'il ne peut y avoir de performance économique sans exemplarité sociale et environnementale. Notre objectif est d'atteindre la neutralité carbone en 2040. Pour cela, nous avons une feuille de route ambitieuse articulée autour de trois axes forts : déployer les technologies réseaux les plus efficaces énergétiquement, fibre et 5G en particulier, acheter plus d'énergies renouvelables et développer l'économie circulaire en collectant et en recyclant les boxes et les téléphones mobiles. ‘'Être l'acteur de confiance pour donner à tous les clés d'un monde numérique responsable'' constitue notre engagement. Pour résumer, l'histoire de ce nouveau plan stratégique est celle de la croissance durable.

Orange est particulièrement présente en Seine-et-Marne. Que représente ce département et quels sont vos objectifs ?

Oui, Orange est pleinement engagée en Seine-et-Marne. C'est un territoire très particulier en Île-de-France par sa taille, bien sûr, avec plus de 500 communes, mais aussi par tous les contrastes que l'on y trouve : c'est un département à la fois urbain et rural avec des enjeux très variés sur les plans économique, touristique et sociétal. Il va bénéficier d'une couverture fibre totale d'ici 2024 grâce aux opérateurs et à Seine-et-Marne Numérique avec qui nous avons d'excellentes relations. C'est un territoire où les nouveaux usages numériques pourront rapidement se développer. Orange souhaite être un acteur clé dans l'accompagnement de ces nouveaux services. Nos différentes actions vont donc concerner divers sujets : valorisation du patrimoine, innovation autour de la ville durable et le sport dans la Communauté d'agglomération Paris-Vallée de la Marne, en lien avec l'Agence Descartes Développement et l'Université Gustave Eiffel, sécurisation des armoires fibres avec la ville de Meaux et inclusion numérique avec Montereau (lire encadré). Nous travaillons également sur les smart cities, l'environnement, le e-sport, la désertification médicale, l'accompagnement des communes labellisées « Petites Villes de Demain » et, bien sûr, la cybersécurité. Tout cela s'accompagne d'un programme de densification 4G très important, notamment, en zones rurales.

Les premiers déploiements 5G auront lieu d'ici la fin de l'année. Quels sont les principaux enjeux de ce déploiement ?

Nous travaillons en concertation avec les communes et les intercommunalités dans une logique de territoire en identifiant les zones à fort trafic où la 5G serait utile à court terme. Pour ce qui est des futurs usages, à l'horizon 2024, nous engageons déjà des échanges avec des laboratoires de recherche et des acteurs économiques, notamment grâce à nos deux “5G Labs” franciliens. Notre objectif est d'identifier les nouveaux services qui serviront le mieux le développement économique du département, mais qui soutiendront également les actions des collectivités pour faire vivre pleinement les JO 2024 sur le plan local.

Orange expérimente le décommissionnement des lignes de cuivre. Comment se déroule cette opération ?

Cette expérimentation a débuté en juin 2020 à Lévis-Saint-Nom (Yvelines). Le but est d'accompagner les habitants, qui n'ont pas encore migré sur la fibre, vers cette nouvelle technologie en leur permettant de conserver leurs services de téléphonie fixe et d'internet avec un réseau plus moderne et performant et ce, quel que soit leur opérateur. Ensuite, l'objectif est tout simplement de démonter et d'enlever physiquement le réseau cuivre. Nous sommes entrés dans une phase d'accélération de la migration des clients en cuivre vers la fibre. Aujourd'hui, en Île-de-France, les deux tiers des lignes en cuivre ne sont plus utilisées, mais nous devons continuer à les entretenir. Il faut donc anticiper très concrètement la fin du réseau cuivre pour n'avoir, demain, qu'un seul réseau fixe à entretenir. Après Lévis-Saint-Nom, d'autres expérimentations vont suivre avant de s'engager dans la phase d'industrialisation du décommissionnement du cuivre qui démarrera en 2023 pour s'achever en 2030.

La modernisation des réseaux est un enjeu clé pour Orange. Quel premier bilan tirez-vous du dispositif “Femmes Entrepreneuses” ?

Ce programme est la preuve tangible de notre engagement auprès des créatrices d'entreprises. Au cours des deux premières saisons, nous avons accompagné 22 entrepreneuses avec de très beaux succès comme la plateforme « Volunteers 4 Sport » localisée en Seine-et-Marne et spécialisée dans la gestion et l'animation de bénévoles. Notre soutien est multiforme : hébergement, aide technique et juridique, marketing et communication, test des offres, etc. Le bilan est très positif. 90 % des start-ups accompagnées sont tou[1]jours en activité, soit un taux bien su[1]périeur à la norme. Ce résultat nous encourage à améliorer les moyens mis à leur disposition. Aujourd'hui, seulement 10 % des start-ups sont créées par des femmes. Avec « Femmes Entrepreneuses », Orange s'investit et agit concrètement pour réduire cette inégalité. Cette année, ce sont 14 entrepreneuses que nous soutenons.

Le développement du numérique est-il l'une de vos principales priorités ?

Oui, car le numérique peut aider les personnes éloignées du marché du travail à trouver un emploi, à créer des vocations pour ses nouveaux métiers, à être plus autonomes tout simplement. C'est pourquoi, à travers ses programmes en faveur des jeunes déscolarisés et sans emploi et des femmes en situation de précarité, la Fondation Orange accompagne les associations qui œuvrent dans ce domaine. Plus largement, nous visons à soutenir toute personne ayant besoin de progresser dans ce domaine : familles, seniors et très petites entreprises. Nous avons la chance de pouvoir compter sur l'engagement des salariés d'Orange, que ce soit dans le dans le cadre du bénévolat ou celui du mécénat de compétences, notamment par le biais de notre association Orange Solidarité que je préside. Orange Solidarité s'appuie sur les compétences des salariés pour accompagner les jeunes sans qualification, les femmes en situation précaire et les personnes autistes, tous bénéficiaires des programmes de la Fondation Orange.

Elle aide les associations à organiser des ateliers de formation, en présentiel ou en distanciel, dans leurs locaux ou dans ceux d'Orange. Nous avons aussi développé l'offre sociale « Coup de pouce Livebox » qui permet, pour 19, 99 euros par mois, de disposer d'internet, du téléphone fixe et de la TV d'Orange. Il s'agit d'une offre à prix fixe et sans engagement réservée aux personnes ayant les revenus les plus faibles (700 euros mensuels maximum). Pour ceux qui le souhaitent, cette offre peut également être accompagnée d'un PC reconditionné équipé de Windows 10 pour une somme totale de 169 euros. Nous accompagnons également la transformation digitale des acteurs de la santé. Dans ce contexte de crise sanitaire, le numérique a prouvé son rôle essentiel. Enfin, avec notre site internet « Bien vivre le digital », nous mettons en avant des informations et des recommandations pour accompagner nos clients dans une utilisation sécurisée et responsable du digital. Nous aidons aussi les parents à protéger leurs enfants en les guidant vers un usage positif des écrans. La Communauté d'agglomération Grand Paris Sud participe à la collecte et au recyclage des mobiles usagés.

Quel est le sens de ce partenariat ?

Avec Grand Paris Sud, nous sommes engagés sur des objectifs ambitieux pour l'inclusion numérique et l'environnement. Notre programme de collecte et de recyclage de mobiles en est un bel exemple et je suis très heureuse de cette association. Nous avons une démarche similaire avec l'Université Gustave Eiffel à Champs-sur-Marne et d'autres opérations sont en préparation, notamment avec des clubs de football et de rugby amateurs.

Plus largement, comment caractérisez-vous votre politique en matière de RSE (responsabilité sociétale et environnementale) ?

Nous intensifions notre démarche visant à limiter l'impact de nos activités sur l'environnement avec pour objectif de réduire notre empreinte carbone de 26 % d'ici à 2025, avec 2015 pour année de référence, et d'atteindre la neutralité carbone en 2040.

Comment allez-vous procéder ?

Tout d'abord, sur nos sites avec davantage de bâtiments et de réseaux éco-responsables, par des déplacements optimisés et plus écologiques, mais aussi en encourageant nos salariés à prendre des initiatives éco-responsables. Ensuite, dans nos boutiques avec la mise en place de notre campagne « RE » avec la reprise, le reconditionnement, le recyclage et bientôt la réparation de mobiles. Nous visons, à l'horizon 2025, un recyclage de 30 % et 10 % de nos mobiles commercialisés seront des produits reconditionnés. Enfin, sur le marché Entreprises, nous avons lancé un vaste programme de dématérialisation des contrats et des échanges avec nos clients. Orange est très active dans le domaine du sport à travers, notamment, des actions de sponsoring.

Est-ce important pour votre image ?

Nous renforçons notre soutien au football et au rugby amateurs avec des actions innovantes de sensibilisation aux bonnes pratiques du numérique. Depuis 20 ans, de jeunes sportifs vivent des émotions inoubliables à travers « l'Orange Football Challenge » et « l'Orange Rugby Challenge ». Ce sont deux programmes emblématiques de notre engagement dans le sport amateur. En Île-de-France, onze clubs de football, un par département minimum, bénéficient actuellement de notre soutien, qui a pour vocation de favoriser la pratique du football associatif. Nous souhaitons aller plus loin en ce qui concerne la sensibilisation aux risques du numérique en lançant, par exemple, une campagne de communication invitant les adolescents à se déconnecter pour passer ‘'en mode ballon''.

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