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La reprise d'entreprise, un enjeu territorial majeur

le - - Économie - Vie des entreprises

La reprise d'entreprise, un enjeu territorial majeur
© MSM - Betrand Vincent, Jean-Jacques Courillon, cédant d'Allo Flock, Thierry Lemière, Lionel Becquart.

La CCI Seine-et-Marne a convié élus et responsables locaux à une table ronde dédiée à la pérennisation des entreprises cédées et aux freins à la cession d'entreprise.

En Île-de-France, sur les dix années à venir, 90 000 entreprises qui ont au moins un salarié devront être cédées, menaçant quelque 60 000 emplois. Aujourd'hui, 30 % des entreprises franciliennes sont dirigées par des entrepreneurs de plus de 55 ans. « Avec l'avènement de la loi NOTRe, les EPCI et la Région ont aussi une responsabilité en la matière », a rappelé Betrand Vincent, directeur industrie et commerce international de la CCI 77.

La cession/reprise d'entreprises, est donc un enjeu majeur tant sur le plan de l'attractivité, que de l'emploi, de la préservation du savoir-faire et de la richesse des territoires. C'est pourquoi, la CCI a organisé dernièrement une table ronde sur le thème « Savez-vous pérenniser l'emploi sur votre territoire ? » à destination des élus locaux. Les débats, orientés plus précisément sur les freins à la reprise d'entreprise, étaient animés par Lionel Becquart.

« Il y a beaucoup d'étapes, il faut se faire accompagner »

Jean-Jacques Courillon, cédant d'Allo Flock, une entreprise de 28 salariés basée dans le Sud Seine-et-Marne, a par exemple décidé dans un premier temps de transmettre l'entreprise à son personnel. « Je voulais que la réussite d'Allo Flock puisse revenir à mes salariés qui m'accompagnent depuis 25 ans », a-t-il témoigné. Mais la formation de huit d'entre eux à la gestion de l'entreprise en Scop n'a pas fonctionné. « Il ne s'est dégagé aucun leader naturel, s'investir personnellement dans l'entreprise n'est pas au goût de tous. »

L'entreprise a finalement été cédée en octobre dernier de manière plus conventionnelle. « Je suis tuteur de mon repreneur pendant un an », a confié Jean-Jacques Courillon. Mais il ne déconseille pas pour autant ce mode transmission, invitant ses pairs à « exploiter cette filière interne ». Il ne faut également pas hésiter à faire appel à des intervenants extérieurs tels que des coachs, mais aussi bien sûr à des avocats ou à des experts-comptables, pour bénéficier d'un regard plus objectif sur son entreprise. « Il y a beaucoup d'étapes, il faut se faire accompagner pour mieux anticiper », a conclu Jean-Jacques Courillon.

Les nombreuses lois, un frein sur le chemin de la transmission ?

Côté repreneur, Thierry Lemière a fait part d'une expérience semée d'embûches, ses cédants ayant notamment décidé de se retirer au dernier moment. Il est donc pour lui nécessaire que le cédant soit formé, mais aussi de protéger le repreneur, qui peut voir ses ressources disparaître tout en ayant le statut peu valorisant de chômeur en cas de non-cession. « Aujourd'hui, le processus de rachat d'entreprise n'est pas fait pour le repreneur physique qui n'a pas autant de ressources et de temps que le repreneur moral », a-t-il déploré.

Ensuite, la localité peut constituer un frein, comme en zone rurale. « S'il est difficile de trouver des collaborateurs, le repreneur rural peut profiter de l'absence de concurrence aux alentours et saisir cette opportunité de croissance », a souligné Lionel Becquart. Jean-Paul Morim, de l'Association des experts-comptables du 77, a rappelé l'existence d'autres freins tels que le cadre fiscal, un trop grand nombre de textes de lois affectant la lisibilité du chemin de transmission et une fiscalité injuste dans certains cas.

Thierry Moneyron, avocat et membre du Réseau transmettre et reprendre, plaide pour la création d'un statut pour le cédant lors de l'exécution de la clause d'accompagnement, sans nécessairement passer par un contrat de travail. Emilie Ruffelaere, du Réseau entreprendre Sud Île-de-France, a fait état des solutions d'accompagnement et de prêt d'honneur allant de 15 000 à 150 000 euros proposées par son organisme. Enfin, Virginie Uzel de la Chambre des métiers et de l'artisanat a rappelé l'importance de l'accompagnement proposé par le Réseau transmettre et entreprendre et a incité à se référer au Bulletin d'opportunités pour y consulter les offres disponibles.




Quentin CLAUZON
Journaliste

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