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La dernière ligne droite

Les 10 et 24 avril prochains se déroulera la 11e élection présidentielle de l’histoire de la Ve République. “Coincée” entre la pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine, cette campagne électorale 2022 n’a ressemblé à aucune autre.
La dernière ligne droite
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ActualitéSociété Publié le ,

Mais malgré ce contexte si particulier, les équipes de campagne des différents candidats redoublent d’efforts pour convaincre les éventuels abstentionnistes et le contingent d’hésitants. C’est évidemment le cas aussi en Seine-et-Marne où ultimes meetings et réunions publiques vont être organisés au cours de ces derniers jours. Le sprint final est désormais lancé. Qui sera l’heureux (se) élu(e) ? Réponse le 24 avril

Emmanuel Macron va-t-il conjurer le sort en étant le premier président sortant (hors périodes de cohabitation en 1988 et 2002) à renouveler son bail de cinq ans à l’Elysée ? Marine Le Pen va-t-elle enfin percer le fameux “plafond de verre” ? Jean-Luc Mélenchon sera-t-il le “troisième homme” et créera-t-il la surprise ? Valérie Pécresse va-t-elle redorer le blason de la droite ? Éric Zemmour, véritable attraction de cette cuvée 2022, va-t-il réussir à donner un coup de pied dans la fourmilière ? Autant de questions auxquelles il est encore prématuré de répondre. À quelques encablures du premier tour, tous les scenarii sont envisageables. Si les innombrables enquêtes d’opinion semblent dessiner des tendances fortes et nous promettent le match retour de 2017 Macron-Le Pen, personne ne se hasarde au moindre pronostic.

La Seine-et-Marne n’échappe pas à ce suspense. Il y a cinq ans, notre département avait placé Emmanuel Macron en tête (23,11 %) à l’issue du premier tour. Le candidat de La République En Marche avait devancé Marine Le Pen
(22,85 %), Jean-Luc Mélenchon (20,84 %) et François Fillon (17,77 %). En 2017, l’abstention, (qui pourrait battre des records et jouer les arbitres cette année) s’était élevée à 20,79 %. L’ex-ministre de François Hollande l’avait finalement emporté au second tour avec 63, 86 % des suffrages seine-et-marnais contre 36,14 % pour Marine Le Pen.

Qu’en sera-t-il cette année ? Pour se faire une idée plus précise, nous avons interrogé les différents responsables départementaux* des partis en lice. Si tous prêchent naturellement pour leur paroisse, ils sont tous d’accord au moins sur un point : la compétition sera indécise jusqu’au bout.

*Les représentants locaux des quatre autres candidats (Jean Lassalle, Nathalie Arthaud, Philippe Poutou et Nicolas Dupont-Aignan) n’ont pas été sollicités.

Les responsables départementaux ont la parole

Nous avons interrogé les représentants locaux des principaux partis politiques engagés dans cette élection présidentielle. Entre confiance, prudence et parfois résignation, leurs sentiments sont partagés. Tous espèrent cependant profiter des derniers jours de campagne pour renforcer leurs positions ou tenter de déjouer les pronostics.

« Continuer à convaincre »
Christopher Domba (La République en Marche)

« C’est une campagne à l’ambiance particulière, en raison du drame en Ukraine. Nous n’avons pas pu avoir de grands moments de rassemblement comme en 2017. Emmanuel Macron a la casquette de président, mais ce n’est pas forcément un avantage. Il n’en joue pas en raison la situation internationale et ceux qui le critiquent sont dans la petite politique politicienne. Je suis prudent, car une élection n’est jamais gagnée d’avance, mais je reste aussi confiant, car notre bilan est bon. Il faut continuer à se battre et à convaincre. Les sondages nous annoncent le même duel qu’en 2017, mais ce n’est qu’une photographie à un instant T. Le plus important est de rassembler notre électorat. On se concentre sur nous-mêmes. Pour les législatives, il faudra raisonner en termes de majorité présidentielle. Cela nous permettra d’avoir des candidats partout. On est tous déterminé. »

« Une profonde envie de changement »
Aymeric Durox (Rassemblement national)

« Avec la crise sanitaire et la guerre en Ukraine, il y a une confiscation de notre démocratie. Sans débat, il y aurait un soupçon d’illégitimité. C’est frustrant, car les Français ont une profonde envie de changement et il y a une vraie détestation de la macronie. Je constate une baisse de l’effet drapeau pour Emmanuel Macron. Après être monté de façon indécente, il va continuer à baisser et les courbes pourraient s’inverser avec Marine Le Pen. J’y crois. Tout dépendra de la participation : plus elle sera élevée et plus on pourra l’emporter. L’irruption d’Éric Zemmour a rendu service à Marine qui est apparue plus modérée et plus rassembleuse. J’espère qu’il appellera à voter pour elle au second tour et pourquoi ne pas imaginer des alliances ensuite ? Jean-Luc Mélenchon est parti de trop loin pour être dangereux. Les trois ou quatre points de Fabien Roussel vont lui manquer. »

« Valérie Pécresse est la seule à dire la vérité »
Valérie Lacroute (Les Républicains)

« Je trouve cette campagne très déséquilibrée. Le Président Macron refuse le débat et c’est irrespectueux pour les Français. Les candidats doivent pouvoir débattre de sujets tels que la guerre en Ukraine, qui aggrave notre souveraineté énergétique, militaire ou agricole. Cela s’appelle la démocratie, mais le Président semble l’avoir oublié ! Il faut remobiliser les Français autour des vrais enjeux pour éviter une nouvelle abstention record. Valérie Pécresse est courageuse, car elle est la seule à dire la vérité. Elle ne se dérobera pas, à la différence de Marine Le Pen qui se pense déjà qualifiée, ou d’Emmanuel Macron qui a peur du débat, car il sait que son bilan est mauvais. Valérie Pécresse proposé de vraies réformes et son projet est financé. Ces derniers jours vont montrer que son programme est complet, réaliste et qu’il répond aux attentes des Français. Elle est la seule à pouvoir battre Emmanuel Macron. »

« Je paierais cher pour un duel
Macron-Mélenchon » Julie Garnier (La France insoumise)

« Pour nous, cette campagne est beaucoup plus active qu’en 2017. Sur le terrain, on sent que ça monte. Nous avons effectué davantage de réunions publiques dans le département, les salles sont pleines et de nouveaux militants nous ont rejoints. On continue d’avancer sereinement en maintenant notre programme qui reste notre boussole. Le but est de montrer que nous constituons une alternative crédible au duel Le Pen-Marcon qu’on nous vend depuis le début. Malheureusement, le contexte international est particulièrement prégnant et on est privé d’un vrai débat, car Emmanuel Macron le refuse. Je trouve cela scandaleux et méprisant. Jean-Luc Mélenchon a dit qu’il y avait un trou de souris pour passer et il commence à être de plus en plus gros pour une “tortue sagace“ comme il s’est lui-même qualifié. Je paierais cher pour un duel Macron-Mélenchon au second tour. Rien n’est fait et cela va se jouer à très peu de choses. »

« On peut créer la surprise »
Guillaume Cazauran (Reconquête)

« La campagne est impactée par la guerre en Ukraine. C’est normal, car c’est le sujet majeur. Mais cela signifie qu’Emmanuel Macron n’est pas vraiment entré en campagne et je pense qu’il a eu tort. Il a eu tendance à privilégier l’Europe, alors qu’Éric Zemmour représente vraiment les Français. On joue aux montagnes russes dans les sondages, mais je les croise avec mon ressenti sur le terrain et je sens une montée en puissance, tout comme pour Jean-Luc Mélenchon. Nous sommes un parti de convictions et notre électorat est totalement convaincu. Le 10 avril, on fera le plein des voix. Il n’y a aucun risque de voir nos électeurs aller à la pêche. Même si ce n’est pas ce que les médias ont retenu, le meeting du Trocadéro a été une démonstration de ferveur populaire et une confirmation que l’union des droites recherchée par Éric Zemmour était concrète. On peut créer la surprise. »

« Les sondages ne font pas l’élection »
Hocine Oumari (Europe Écologie Les Verts)

« Les thèmes de l’extrême droite ont enfermé cette élection. C’est désolant de voir les principaux partis ne pas aborder les vraies problématiques et courir après l’extrême droite. C’est difficile pour Yannick Jadot de se battre dans cet environnement hostile. Pourtant, l’écologie intéresse de plus en plus de Français. On porte un projet avec des convictions et on fait tout pour être audibles. Ce que nous défendons, c’est le vivant, la nature, les hommes et la biodiversité. On va donner le maximum au cours des derniers jours. Les sondages ne font pas l’élection et on va essayer de réaliser un score à deux chiffres. Les législatives seront le 3e tour de cette Présidentielle, car le “en même temps“ de Macron a fait son temps. La gauche ne pourra se reconstruire qu’autour de l’écologie. »

« Nous n’avons jamais décollé »
Olivier Husson (Parti socialiste)

« C’est une campagne très compliquée. L’ambiance est pesante et je ne ressens aucun enthousiasme. Un tiers de l’électorat est acquis à l’extrême droite. Cela n’augure rien de bon pour l’avenir. C’est très inquiétant. Nous, nous n’avons jamais décollé. C’était attendu, mais il y a quand même beaucoup d’incompréhension. Le programme d’Anne Hidalgo est pourtant équilibré. C’est de la sociale démocratie pure et dure et elle fait le job, mais elle est arrivée un peu trop tôt sur ce genre d’élection. La gauche n’a pas su démontrer sa capacité à gouverner collectivement. Il va falloir se reconstruire et préparer en même temps les Législatives. On aimerait bien réussir l’union dans le département en espérant trouver un accord avec les écologistes. Mais en politique, j’ai appris à ne plus faire de pronostics. Tout est possible. »

« Faire exister une nouvelle gauche »
Sylvie Fuchs (Parti communiste)

« La candidature de Fabien Roussel redonne de l’espoir. Il porte cette campagne dans un contexte très compliqué. C’est un député de terrain, humain et honnête. Il est proche des gens et il se bat pour eux. On le ressent dans ses discours. C’est le candidat qui rassemble le plus autour des thèmes du pouvoir d’achat et de l’écologie. On essaie de réveiller les gens qui n’ont plus confiance et qui ne veulent plus aller voter. Jean-Luc Mélenchon n’ayant pas su rassembler après l’élection de 2017, on a donc décidé de présenter un candidat. On a besoin de faire exister une nouvelle gauche. Elle va devoir se reconstruire et on voudra avoir notre mot à dire. Atteindre les 5 % serait super. On pourra alors peser sur les négociations pour les Législatives. Il est important de se battre pour le vivre ensemble et la paix. Il faut arrêter cette guerre et ce désastre humain. »

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