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L'Atelier du matelas de laine : le dernier fabricant du genre

Depuis soixante-dix ans, ce petit atelier fabrique des matelas et des sommiers dans la plus pure tradition. Sans rouler sur l'or, l'entreprise de trois salariés peut compter sur un cercle de clients fidèles.
L'Atelier du matelas de laine : le dernier fabricant du genre
© Ludovic Francisco - Le matelassier, Philippe Dupeyron, au traitement de la laine.

TerritoiresCollectivité Publié le ,

Depuis l'extérieur, rien ne laisse soupçonner que dans ce petit pavillon de la rue des Cités, à Chelles, se cache l'un des tout derniers ateliers exclusivement consacrés à la fabrique de matelas de laine en France. À en juger par sa longévité (elle fête cette année ses 70 ans d'existence), la PME cultive une discrétion qui ne lui réussit pas si mal. « Nous fonctionnons énormément grâce au bouche-à-oreille », confie Philippe Dupeyron, l'un des deux matelassiers de l'entreprise.

Angelina et Brad, fans des matelas en laine

Lui est arrivé au sein de l'atelier quelques années avant que son fondateur, M. Dapremont, ne le cède à Martine Lavier. C'est toujours elle qui tient l'affaire. Mais d'une main à l'autre, l'entreprise est toujours restée chelloise. Elle a son petit cercle de clients fidèles, qui s'enrichit régulièrement de nouveaux, et pas forcément des anonymes. De quoi remplir le carnet de commandes qui tourne autour de 150 matelas par an et une centaine de sommiers traditionnels. Hugues Aufray, Guy Béart, Mouloudji, Joe Dassin y ont eu leurs habitudes.

Mais le plus improbable est arrivé il y a deux ans, lorsque la production du film Vue sur mer, tourné à Malte, les a contactés pour leur commander deux sommiers et deux matelas. Motif : Angelina Jolie et Brad Pitt, les deux acteurs principaux, en voulaient absolument ! C'est peut-être d'ailleurs le point commun entre tous les clients de l'Atelier du matelas de laine : ils savent précisément ce qu'ils veulent.

Le retour aux choses naturelles

« L'avènement du bio et le retour à l'artisanat traditionnel nous aident beaucoup depuis dix ans, admet Philippe Dupeyron. Les gens veulent un produit avec lequel ils se sentiront bien et qui ne leur causera pas d'allergie. Mais c'est vrai que les premières qualités que l'on recherche dans un matelas de laine, c'est sa capacité à rester tempérer, été comme hiver, et à durer.

Un matelas dure dix ans et ne se jette pas : il se refait. » L'écart de prix entre un matelas acheté en grande surface et un matelas de laine (près de 30 % plus cher) se justifie aisément lorsque l'on découvre le temps nécessaire pour sa confection. Une journée entière est employée entre le moment où l'on procède au cardage de la laine, qui consiste à en démêler les fibres, et le capitonnage, qui consiste à la maintenir à l'aide de grands clous piqués de part et d'autre du matelas.

L'opération est fastidieuse, harassante parfois. Comme le reconnaît M. Dupeyron, « on s'esquinte, c'est un métier d'esclave ». Mais quand on lui demande pourquoi il s'acharne à poursuivre, il parle « d'amour du métier ». « Et puis la clientèle est extraordinairement gentille et fidèle. Quand on finit un matelas, on sait que le client va repartir satisfait ». Et c'est bien l'essentiel.

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