Environnement

L’appel de la forêt

L’Office national des forêts (ONF) a commandé une enquête à l’institut Viavoice sur le rapport que les Franciliens entretiennent avec la forêt.
Une enquête indépendante a été menée au printemps dernier auprès d’un panel représentatif de 1 000 personnes.
© Adobe Stock - Une enquête indépendante a été menée au printemps dernier auprès d’un panel représentatif de 1 000 personnes.

Art de vivreLoisirs & Culture Publié le ,

Cette enquête indépendante a été menée au printemps dernier auprès d’un panel représentatif de 1 000 personnes. Les résultats révèlent un fort engouement pour les forêts publiques gérées par l’ONF, conséquence directe de la crise sanitaire, mais aussi un besoin certain de communication. Focus sur ce baromètre inédit qui ressemble à une déclaration d’amour à la forêt.

Un havre de paix

78 % des personnes interrogées se rendent en forêt pour être en contact avec la nature, dans un endroit calme (55 %) et pour respirer l’air pur (53 %). Elles y ressentent des émotions éminemment positives et relaxantes (de la sérénité pour 93 %, en symbiose avec la nature pour 86 %, une sensation revigorante et de la joie pour 86 %). La forêt leur apparaît comme un moyen de se ressourcer. Elles la perçoivent comme une entité dont le rôle est de purifier l’air (69 %), servir d’abri à la biodiversité (60 %) et offrir un lieu de détente (55 %).

Très fréquentée et bien gérée…

L’Île-de-France a beau être une région urbanisée, ses habitants fréquentent régulièrement les forêts qui la peuplent. Une personne interrogée sur deux déclare s’y rendre une fois par mois. Une fréquentation dite “sociale”, car la sortie forestière se fait rarement en solitaire. Les usagers se promènent en forêt très majoritairement en famille ou entre amis. Quête d’air pur, de calme et de naturalité : la forêt est tout cela à la fois. Comme lieu de ressourcement, elle est souvent synonyme de bien-être. Les sensations éprouvées, qu’elles soient décuplées par l’environnement urbain ou un contexte post-Covid, y sont positives. Cette fréquentation assidue se double d’un taux de satisfaction élevé : 74 % des Franciliens déclarent leurs forêts “bien gérées“ contre seulement 17 % exprimant l’inverse. Des résultats supérieurs à la moyenne nationale. « Plus on fréquente la forêt, plus on la connaît et plus on apprécie la façon dont elle est gérée », résume Arnaud Zegierman, directeur de Viavoice.

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...Mais mal connue

Si les Franciliens aiment se rendre en forêt, ils la connaissent mal. Lorsque plusieurs affirmations leur sont proposées, peu parviennent à distinguer les vraies des fausses. Ainsi, seulement 50 % déclarent que couper les arbres est nécessaire pour fournir la population en bois et seulement 39 % que les forêts françaises ne constituent pas des espaces sauvages.

Une diversité d’activités

La promenade à pied est l’activité la plus largement pratiquée en forêt par 80 % des Franciliens, suivie des pique-niques (39 %). Les 18-34 ans favorisent davantage les pique-niques (48 %), les promenades à vélo (31 %), la lecture (23 %) et les activités de relaxation (17 %). Les parents d’enfants, eux, préfèrent plus que la moyenne les pique-niques (47 %), les balades à vélo (31 %) et la cueillette (29 %).

Une perception contrastée

Si 55 % des Franciliens déclarent que les forêts dans le monde doivent être moins exploitées, ils ne sont que 26 % à le dire pour les forêts franciliennes. La perception est largement épargnée par les reproches faits au niveau global, puisque 46 % déclarent que leur exploitation est suffisante. L’un des moteurs de la contestation est la récolte de bois effectuée par l’ONF. Une pratique souvent décriée et parfois considérée comme injustifiée. Ce baromètre révèle une perception contrastée : si 68 % des Franciliens jugent utile de couper des arbres pour fournir du bois comme matériau écologique et renouvelable, ils sont aussi 46 % à éprouver de la tristesse. L’enquête illustre aussi la persistance de certaines idées reçues : 61 % pensent que la forêt est un espace sauvage, ignorant qu’elle est issue du travail de l’homme depuis plusieurs siècles, tandis qu’à peine 26 % savent que la coupe d’arbres ne réduit pas la surface de la forêt. « La majorité des usagers aime les forêts publiques et se montre satisfaite de la façon dont nous les gérons. Les critiques, parfois vives, exprimées par une minorité le font trop souvent oublier », affirme Michel Béal, directeur de l’agence Île-de-France Ouest à l’ONF.

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Un dialogue à renforcer

« Si la forte satisfaction exprimée est une source de fierté pour nous, certains indicateurs de ce baromètre nous incitent à renforcer le dialogue pour conserver la confiance des Franciliens », estime Michel Béal. En Île-de-France, l’ONF déploie depuis plusieurs années des dispositifs de rencontres et d’échanges entre forestiers et grand public. C’est le cas notamment aux Faisanderies de Fontainebleau et de Sénart, deux de ses quatre centres d’éducation à l’environnement d’Île-de-France. Ces structures pédagogiques accueillent chaque année plus de 16 000 personnes (scolaires, étudiants, entreprises, institutions, associations, centres sociaux…) et les sensibilisent aux problématiques forestières et de biodiversité. Plus de 700 chantiers participatifs sont également menés chaque année. Des actions d’arrachage de plantes invasives, de travaux écologiques (réouverture de lande, nettoyage de mares…), de ramassage de déchets et de plantation sont autant d’occasions pour les usagers de découvrir certains aspects du métier de forestier. Enfin, des événements destinés au grand public sont aussi régulièrement organisés comme l’opération “Tous en forêt“ qui a réuni en septembre dernier plus de 1 000 participants dans les forêts franciliennes.

Prochain rendez-vous : la journée internationale des forêts, programmée le 21 mars 2023.

« Une hausse de 25 % de la fréquentation en cinq ans »
Nicolas Laurent, responsable de l’Unité territoriale
de Fontainebleau à l’ONF

« Le massif forestier de Fontainebleau représente 23 000 hectares et compte trois forêts domaniales. C’est un cas typique de la situation actuelle. On a enregistré une hausse de 25 % de la fréquentation en cinq ans. De 2016 à 2021, on est passé de 11 millions à 15 millions de visiteurs. La crise sanitaire y a été pour beaucoup, car un besoin de nature s’est fait sentir à ce moment-là. Ce qui ressort de l’enquête de Viavoice, c’est un amour de la forêt. À l’ONF, nous avons l’obligation de gérer le caractère multifonctionnel de la forêt : fournir la filière bois, protéger la biodiversité et accueillir le public. Toujours dans cette étude, les gens trouvent que les forêts sont bien gérées, mais éprouvent de la peine à voir des arbres coupés. On baigne dans cette contradiction. Notre seul but est de regénérer la forêt. L’intérêt de la coupe est avant tout sylvicole : un arbre coupé permet aux autres arbres de se développer. À Fontainebleau, on a un public local et un nouveau public, plus urbain, qui découvre la forêt. Il y a donc un gros travail d’accompagnement à effectuer. Dans les prochaines années, notre objectif sera de mieux accueillir, sans accueillir plus. Même si on ne peut pas maîtriser les flux, il est essentiel de préserver cet environnement qui est classé. »

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