AccueilTerritoiresInfos régionJérôme Guyard : « Malgré la crise, le nombre d'implantations a augmenté de près de 13 % »

Jérôme Guyard : « Malgré la crise, le nombre d'implantations a augmenté de près de 13 % »

Depuis 2015, le Département de Seine-et-Marne s'est engagé dans une démarche globale de promotion de son territoire. En juin dernier, il a même créé sa propre marque territoriale, « Seine-et-Marne, vivre en grand ! ». Pour mettre en œuvre sa stratégie, notamment en matière d'immobilier d'entreprise, il s'appuie sur son agence spécialisée “Seine-et-Marne Attractivité” (SMA). Jérôme Guyard, son vice-président, fait le point sur les actions mises en place, malgré un contexte de crise sanitaire très impactant.
Jérôme Guyard : « Malgré la crise, le nombre d'implantations a augmenté de près de 13 % »
© D.R.

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Pour quelles raisons le Département et SMA ont-ils souhaité être partenaires de ce numéro spécial consacré à l'immobilier d'entreprise ?

Dans le cadre législatif et conventionnel qui la lie au Département et au Conseil régional d'Île-de-France, Seine-et-Marne Attractivité a comme enjeu le maintien et le développement de l'emploi durable. Pour réussir cette mission, il faut attirer les activités créatrices d'emploi et de valeur, les accompagner dans leur implantation, mais aussi dans leur développement. Pour l'implantation, comme pour le développement des entreprises, SMA promeut le dynamisme du territoire en déployant toutes les synergies possibles entre les acteurs économiques, tant privés que publics. L'agence agit comme un centre de ressources avec le développement d'outils et de process spécifiques et d'expertise auprès des collectivités locales, élus et techniciens, et des entreprises locales, ainsi qu'auprès de tous les acteurs économiques seine-et-marnais. Ainsi est né le Club OBIE77 qui réunit plus de 100 acteurs locaux et 400 au niveau national et international. Un vrai lien de confiance est né de ce partenariat, qui permet d'éditer les tendances de l'immobilier d'entreprise en Seine-et-Marne chaque année, accessibles sur le site de l'agence, bien sûr.

En juin dernier, vous avez créé votre propre marque territoriale, “Seine-et-Marne, vivre en grand !”. Quel premier bilan pouvez-vous dresser ?

Cette marque est un des éléments de la démarche de marketing territorial lancée fin 2019 avec une forte implication des acteurs. La marque est notre porte-drapeau collectif, dont nous sommes très fiers. Le réseau des ambassadeurs et des partenaires compte déjà plus de 2 000 personnes, preuve que le jeu collectif est nécessaire et attendu des acteurs dans leur diversité (entreprises, agriculteurs, professionnels du tourisme…). La Seine-et-Marne ne manque pas de notoriété, mais elle est souvent mal connue. D'où notre volonté de valoriser toutes les pépites qui s'y développent.

Le nouveau confinement est-il un frein au développement de l'attractivité économique ?

Notre territoire a toujours naturellement attiré des entreprises, mais il est évident que ces périodes de confinement affectent très durement le marché. Les mois de juin et juillet avaient donné des signes de reprise forts, mais dès septembre, les demandes se sont réduites. Nos partenaires de l'immobilier d'entreprise nous indiquent qu'ils ont des demandes en cours, qui concernent pour un tiers des entreprises cherchant à réduire le nombre de m² loués, un tiers qui continuent leur développement et qui cherchent à acheter mais rencontrant de très grandes difficultés à obtenir un prêt immobilier et enfin un dernier tiers de nouvelles entreprises en recherche de locaux, pour certaines de très grande taille (e-commerce), qui ne trouvent pas de site.

Votre stratégie repose sur quatre piliers (un conseil, une agence, une plateforme et un observatoire). Chacun d'eux répond-il à vos attentes ?

Chacun de ces piliers a été bâti à l'aune d'une stratégie globale pensée et mise en œuvre par le Conseil départemental dès 2016 au travers du Livre Blanc “Seine-et-Marne 2030, l'Île-de-France des possibles“, qui dessinait une feuille de route pour la Seine-et-Marne de demain, notamment en matière d'attractivité économique, touristique et résidentielle. C'est dans cette dynamique que le Département a mis au point une stratégie de développement s'appuyant sur une architecture institutionnelle à 360° unique en France et basée sur ces quatre piliers. Chacun joue un rôle clé pour la mise en œuvre de cette stratégie d'attractivité :

- Le Conseil stratégique fournit un travail de réflexion, de prospective, de conseil et de concertation avec l'ensemble des représentants du monde de l'entreprise, de l'éducation et de la recherche sur une pluralité de sujets.

- La plateforme d'ingénierie départementale ID77 apporte expertise et conseils aux collectivités pour la mise en œuvre de leurs projets de territoires (aménagement, mobilités, tourisme, stratégie territoriale, culture, environnement…).

- L'Observatoire départemental, enfin, est un véritable outil de connaissance du territoire qui nous apporte des données précieuses, notamment en matière socio-démographique.

Les outils que vous mettez à la disposition des entreprises (la bourse de gestion immobilière et le club de l'immobilier d'entreprise) sont-ils toujours efficaces ?

Nous allons améliorer notre offre avec la mise en place de la version 4 de la base de données qui sera livrée courant 2021 et qui permettra une meilleure accessibilité de l'information et de diffusion grâce aux partenariats passés avec tous les EPCI (Etablissement public de coopération intercommunale) soucieux également de valoriser leur propre offre sur leur site internet. Ces deux outils sont le socle de notre action. Mais notre action ne s'arrête pas là. L'accompagnement des TPE et PME, qui constituent un vivier de développement de l'emploi en Seine-et-Marne, est un enjeu stratégique. Là encore, l'agence s'appuie sur plusieurs ressources et outils. Elle travaille en étroite collaboration avec les services de la Région et la Direccte pour lesquels elle relaie toutes les aides existantes aux entreprises du territoire et aux acteurs du développement économique. Elle les oriente également vers les bons interlocuteurs afin de faciliter leur démarche. Trois exemples parmi d'autres :

- à travers son service d'appui RH, elle apporte une première information aux entreprises.

- membre du groupe WhatsApp baptisé “French Fab 77”, soutenu par le Département et porté par les deux industriels Damien Marc (président de JPB Système) et Loïc Gauthier (dirigeant de EOZ), elle flèche les entreprises rencontrées, afin qu'elles participent à ce groupe, dont l'objectif est de créer un réseau de solidarité inter-entreprises d'accompagnement à la résolution des difficultés actuelles.

- elle oriente le plus possible les recherches d'emploi des entreprises rencontrées vers les dispositifs IOD ou JOB77.

Ces services ont-ils été modifiés avec la crise sanitaire ?

Depuis le début de la crise sanitaire, les experts de l'agence se sont adaptés et ont accompagné de nombreuses entreprises. Pour le service d'appui RH, le planning a été totalement refondu pour aider les entreprises en plein questionnement avec des webinaires sur les problématiques qui préoccupent actuellement les chefs d'entreprise : l'activité partielle, les arrêts maladie et la Covid, le management en temps de confinement… En 2020, sur les plus de 500 entreprises accompagnées, 200 l'ont été sur le seul sujet de l'aide en période de pandémie (accompagnements, aides, soutiens…). Le pôle Entreprises, filières et territoires s'est transformé en véritable centre de ressources pour renseigner les entreprises et pour suivre l'actualité, afin de diffuser à tous ses partenaires une information à jour. Notre équipe est réduite, mais efficace. L'équipe Web marketing a rendu accessibles sur le site internet de l'agence toutes les aides mobilisables, aides pour lesquelles les experts de l'agence sont devenus incollables ! Pour le Fonds Résilience de la Région Île-de-France, auquel le Département a apporté son concours à hauteur de
2,5 millions d'euros, ils ont apporté leur expertise aux deux plateformes d'initiatives locales Sud et Nord lors de la sélection des dossiers pour l'obtention des prêts. Le Département a également mandaté l'agence pour l'instruction des dossiers du fonds d'aide aux artisans porté par la Chambre de métiers et de l'artisanat, mais dont il est financeur. À ce jour, près de 200 entreprises ont été aidées financièrement.

Les premiers chiffres sont-ils encourageants ou inquiétants ?

Malgré la crise sanitaire, sur l'ensemble du département, durant les 12 derniers mois (d'octobre 2019 à septembre 2020), le nombre d'implantations a augmenté de près de 13 % par rapport aux mêmes mois de la période 2018-2019. Sur ces périodes, la part des créations d'établissements n'employant pas de salarié a progressé de 3 points. Le nombre des cessations a crû de 3, 5 % (la part d'établissements n'employant pas de salarié a diminué de 23 points), alors que le nombre de départs de Seine-et-Marne a baissé de 1,7 %. Concernant le 3e trimestre, le nombre d'implantations a augmenté de 20 % par rapport au trimestre précédent, tandis que celui des cessations a progressé de 8 % et celui des départs de 17 %. Près de 60 % des cessations de ce trimestre concernent des établissements employant des salariés, contre 40 % au 2e trimestre. Sur les trois premiers trimestres de l'année 2020, les trois secteurs d'activité qui regroupent le plus grand nombre d'implantations, mais aussi de défaillances, sont les services aux entreprises, le commerce et le transport-entreposage. Deux secteurs affichent un indice de dynamisme (rapport entre le nombre d'implantations et le cumul des cessations et départs) très élevé : le transport-entreposage, secteur dans lequel pour une entreprise qui disparaît, près de cinq entreprises se créent, et le commerce, où pour une entreprise qui disparaît, près de quatre autres se créent.

Quels sont les EPCI qui s'en sortent le mieux ?

Les trois EPCI qui attirent le plus d'implantations en volume sont Paris Vallée de la Marne, Melun Val de Seine et Marne et Gondoire, mais ce sont également ceux qui comptent le plus grand nombre de cessations et de départs. En revanche, le Top 5 des EPCI dont l'indice de dynamisme économique est le plus élevé (soit plus de deux créations pour une cessation) est le suivant : Melun Val de Seine, Pays de Montereau, Brie Nangissienne, Orée de la Brie et la partie seine-et-marnaise de Grand Paris Sud. (Seine-et-Marne Attractivité ne dispose pas de chiffres récents pour la partie essonnienne, N.D.L.R.). Si l'on examine le taux d'implantation d'entreprises, c'est-à-dire le rapport entre le nombre d'entreprises implantées et le nombre total d'entreprises composant le tissu économique, ce sont les EPCI de Val d'Europe, Melun Val de Seine et Marne et Gondoire qui affichent les meilleurs taux.

En matière de tiers-lieux et de télétravail, vous souhaitez faire évoluer la loi d'orientation des mobilités (LOM). Où en êtes-vous ?

Depuis le mois de février, Seine-et-Marne Attractivité a participé à la réflexion qui vise à faire évoluer cette loi dans le but d'encourager les entreprises, les collectivités, les salariés, à avoir recours aux tiers-lieux pour télétravailler. Cet engagement est piloté par CoworkinFrance, le Synaphe (syndicat des espaces de travail) et soutenu par de très nombreux espaces de coworking sur tout le territoire national. Cette réflexion vient d'aboutir, fin octobre, à la rédaction d'une proposition de décret à l'attention de la ministre de la Transition écologique. Afin de donner un large écho à cette démarche, chaque acteur de ce projet a relayé cette initiative auprès des collectivités locales, élus, députés, sénateurs… L'objectif est d'étendre la portée du “Ticket Mobilité” de la loi LOM au “télétravail en tiers-lieux”, afin d'inciter l'employeur à mettre en place le télétravail dans ces espaces innovants, soit par une “aide temporelle” à l'employeur, soit par un “Pass Mobilité Télétravail”.

Chaque offre doit trouver son preneur, selon le credo de votre agence. Cela se vérifie-t-il toujours, malgré le contexte actuel ?

Le taux de vacances des locaux logistique est de 4,78 %. Cela montre que le marché est très tendu. D'anciens bâtiments logistiques, plus aux normes, mais situés sur la Francilienne, ont été et sont encore rénovés, car la demande est plus forte que l'offre. Actuellement, sortent de terre de nombreuses offres de locaux d'activités à la location et à la vente. La Seine-et-Marne a déjà montré par le passé qu'elle est une terre d'accueil pour toutes les activités industrielles et de services aux entreprises créatrices de valeur ajoutée et d'emploi. Ces offres sortent en blanc (sans locataire ou acheteur au moment de la construction), ce qui montre que les investisseurs parient sur notre territoire et une sortie de pandémie. Actuellement, c'est l'offre de bureaux qui nous inquiète. Le stock de disponibilité augmente sans que la demande soit là.

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