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Jean-Michel Fauvergue, un Super Flic à l'assemblée ?

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Jean-Michel Fauvergue, un Super Flic à l'assemblée ?
© MSM - Jean-Michel Fauvergue, ancien patron du RAID candidat aux Législatives dans la 8e circonscription de Seine-et-Marne.

Jean-Michel Fauvergue, l'ancien patron du RAID, est candidat aux Législatives dans la 8e circonscription de Seine-et-Marne, un département où il réside depuis plus de 20 ans. Issu de la société civile, il est l'un de ces candidats de la République En Marche prêts à renouveler la pratique de la politique à l'Assemblée nationale. Son expérience de Super Flic et son expertise en matière de sécurité devraient, par ailleurs, lui permettre de prendre une part active dans la lutte contre le terrorisme.

Moniteur de Seine-et-Marne : Pourquoi avez-vous décidé de vous présenter aux Législatives ?

Jean-Michel Fauvergue : Je viens de la société civile. Dans quelques mois, à l'heure de faire valoir mes droits à la retraite, j'aurai passé 39 ans au sein de la Police nationale. Ces quatre dernières années, j'ai été le chef du RAID où j'ai commandé et vécu toutes les actions majeures que vous connaissez, de la libération des otages à l'Hyper : casher de la porte de Vincennes, le 9 janvier 2015, aux opération de Saint-Denis et de Saint-Etienne de Rouvray. J'ai été l'un des premiers représentants des forces d'intervention à pénétrer dans le Bataclan…
Cette longue carrière dans la Police m'a donné le sens du service public et surtout la volonté d'aider nos concitoyens, en leur apportant davantage de sécurité. Je me suis demandé comment continuer à servir.
Les élections présidentielles approchant, j'ai découvert les programmes des candidats démocrates et républicains. Celui qui me correspond le mieux est celui d'Emmanuel Macron. Une connaissance commune nous a permis de nous rencontrer à la fin de l'année dernière. J'ai ensuite travaillé avec son équipe, notamment sur le programme sécurité et plus particulièrement sur la lutte contre le terrorisme.

MSM : Quels sont vos liens avec la Seine-et-Marne ?

J-M F. : J'ai vu le jour du côté de Perpignan, mais je réside dans la 8e circonscription de Seine-et-Marne depuis plus de 20 ans.

« Mon passé et mon expérience professionnelle m'ont poussé à m'engager en politique. »

MSM : Dans cette circonscription, vous faites notamment face au député sortant, PS, et l'ancienne députée LR ; un homme et une femme rompus à la politique. Comment vous sentez-vous face à eux ?

J-M F. : Dans cette circonscription, nous sommes 11 candidats. Vous avez raison de dire qu'il y a deux candidats majeurs, celle des Républicains et celui du Parti Socialiste. Nous voyons-là le clivage traditionnel, rejeté par le vote des Français à la dernière Présidentielle.
Nos concitoyens veulent sortir de deux carcans politiciens. Le premier est ce clivage droite-gauche obsolète qui tire depuis trop longtemps le pays vers le bas en s'interdisant de prendre les bonnes idées et les bonnes personnes au bon endroit. C'est justement le contraire qu'a initié Emmanuel Macron.
Le second carcan que les Français veulent voir disparaître est celui de la professionnalisation. Ici, en Seine-et-Marne, comme partout en France, nous avons des candidats qui se présentent pour assumer différents mandats, locaux, nationaux, voire même européens, afin de poursuivre, coûte que coûte, leur carrière politique.
Voilà pourquoi la République En Marche a donné l'investiture à 50 % de candidats issus de la société civile, justement pour renouveler le personnel politique.
Ceci dit, pour ma part, je considère que je n'ai pas d'adversaires. Je ne me présente contre personne. Je me suis porté candidat pour mettre en application le programme du président Emmanuel Macron. Vous ne trouverez donc aucune attaque dans ma profession de foi.

MSM : Quels sont, aujourd'hui, les atouts de votre circonscription ?

J-M F. : Nous sommes dans une circonscription et dans un département plein de vie. La population seine-et-marnaise est en net accroissement depuis les années 1960. La démographie va d'ailleurs continuer à progresser. A Bussy-Saint-Georges, par exemple, 6 000 logements doivent être construits dans les dix ans qui viennent.
Les Seine-et-Marnais sont dynamiques, mais ils affrontent un certain nombre de problèmes. En termes d'emplois, la situation, de notre département est plutôt meilleure que la moyenne nationale, avec néanmoins des salariés qui se déplacent en grand nombre vers l'Ouest parisien pour travailler. Il y a donc plusieurs défis à relever dans les années qui viennent. L'augmentation de la population doit notamment s'accompagner d'un renforcement des transports publics et des infrastructures routières.
Nous devons créer de plus en plus d'emplois sur place. C'est faisable, en particulier grâce aux nouvelles technologies, au télétravail, à la fibre et au haut débit qui améliorent les communications. Nous avons dans le département des pôles d'emplois traditionnels qu'il faut également continuer à développer, notamment dans le secteur industriel et dans le tertiaire.
A Marne-la-Vallée, par exemple, le cluster de l'université Descartes, qui n'est pourtant pas sur la 8e circonscription, a un impact très important. Nos étudiants y sont allés, y sont ou ils iront. Ce secteur draine actuellement 25 % de la recherche française dans le domaine des smart cities, ces centres urbains de demain, moins énergivores.

« Je vois en Emmanuel Macron un véritable chef de guerre, ce qui se confirme actuellement au niveau international. »

MSM : La Seine-et-Marne est donc un territoire d'avenir ?

Oui, bien sûr. Qui plus est, ce département est très orienté sur le mieux vivre communautaire. A titre d'exemple, Bussy-Saint-Georges est le seul endroit, en France, où existe une esplanade des religions. Vous avez-là, réunies, deux pagodes – une laotienne et une taiwanaise, l'une des plus grandes d'Europe –, une mosquée, une synagogue et, bientôt, un temple et peut-être même une église. Les différentes communautés, non seulement se respectent, mais collaborent.
Le mieux vivre ensemble est donc une réalité dans cette circonscription et dans ce département. Nous trouvons une harmonie identique en termes d'environnement, avec une cohabitation raisonnée des paysages urbains et ruraux, dans le même élan de développement durable.

La sécurité en réponses...

MSM : En tant qu'ancien patron du RAID, quelles sont vos préconisations en matière de sécurité ?

J-M F. : Au niveau national, nous devons travailler sur toutes les infractions, contraventions, crimes et délits, en instaurant, comme le précise le programme du président Emmanuel Macron, la tolérance zéro. Chaque fait répréhensible doit systématiquement être sanctionné par la réponse pénale immédiate et adaptée. Pour ce faire, nous devons instaurer un continuum entre le travail de la police, le travail d'enquête et le travail de la justice. Il y a, en ce sens un certain nombre de propositions intéressantes comme le renforcement des effectifs de la police et de la gendarmerie de 10 000 hommes, la création de 15 000 places de prison supplémentaires...
Nous devons également instaurer une police de tranquillité. Cette dernière doit aller au contact des citoyens. Elle sera constituée de force de police, de police municipale et de gendarmerie se concentrant sur cette unique mission.
Cette police est importante parce qu'elle va tranquilliser les habitants et recueillir quotidiennement du renseignement, sur des infractions, des incivilités, mais aussi sur des affaires plus graves, en particulier en lien avec le terrorisme. Les meilleurs producteurs de sécurité sont les citoyens.

« Les meilleurs producteurs de sécurité sont les citoyens. »

MSM : Et au niveau départemental ?

J-M F. : J'insiste aussi sur le fait que nous devons coproduire de la sécurité. Les forces de l'ordre doivent travailler avec la population. Dans notre circonscription, beaucoup de communes ont adopté le dispositif « voisins vigilants ». Cette démarche, très anglo-saxonne, fonctionne bien en France. Les gens sont attentifs. On retrouve là ce qui se passait naturellement dans les villages il y a 30 ou 40 ans. Il faut faire renaître ce lien social en matière de sécurité. Notre département s'y adapte parfaitement.
Nous avons ici beaucoup de communes comme Bussy-Saint-Georges, Torcy ou Thorigny-sur-Marne, qui ont des polices municipales performantes, collaborant étroitement avec la Police nationale. Nous avons aussi beaucoup de communes qui augmentent leur parc de caméras de vidéo-protection.

MSM : Êtes-vous pour une plus grande coopération entre les forces de l'ordre ?

J-M F. : La Police nationale doit bien évidemment collaborer avec le Gendarmerie nationale, les polices municipales et avec les acteurs privés de sécurité que sont les vigils affecté à la surveillance des magasins et des centres commerciaux. Ces derniers doivent être formés spécifiquement pour donner les renseignements recueillis dans le cadre de leur mission.
En plus, il y a une idée fondamentale dans le programme d'Emmanuel Macron, celle de redonner du pouvoir et de l'autonomie à chacun, à son niveau d'intervention.

Le commissaire de police, chef de son commissariat, doit pouvoir mettre en œuvre des actions qui correspondent aux réalités du terrain qu'il constate et qu'il étudie. Si la criminalité sur un secteur donné est importante, il faut qu'il puisse y renforcer ses effectifs, peut-être à des horaires décalés.

A mon avis, le travail sur les horaires va être un grand combat. Nous devons sortir du sacrosaint cycle de travail, en essayant d'être davantage à l'écoute de la population. Dans le programme d'Emmanuel Macron, par exemple, un point est totalement passé inaperçu : l'ouverture des services publics à des heures où la population active peut y avoir accès.

MSM : Et concernant le terrorisme ?

J-M F. : Il faut d'abord combattre les foyers de terrorisme sur les terres de Daesh, avec l'aide de nos forces armées. Le président de la République veut augmenter le budget de la Défense nationale à 2 % du PIB à la fin du quinquennat, contre 1,7 %, actuellement.

Au niveau intérieur, il faut, par ailleurs, parvenir à une meilleure cohésion entre le renseignement et l'intervention, une tâche qui va incomber à la nouvelle « task force » qui vient d'être mise en place. Elle consiste à associer et à coordonner tous les services de l'intelligence et du renseignement pour analyser la menace et réagir au plus vite.

« Forces de l'ordre, citoyens... Nous devons co-créer de la sécurité ! »

Au niveau des enquêtes, il faut aussi travailler sur la judiciarisation, en collaboration avec les magistrats. Les personnes radicalisées seront incarcérées dans des centres de détention spécialisés, de manière à stopper le prosélytisme au sein des prisons et à lancer des programmes de déradicalisation, chaque fois que c'est possible. Je pense en particulier aux jeunes radicalisés de 16 ans et quelquefois moins qui ont été arrêtés avant de passer à l'action. Je ne peux pas ne pas penser que certains d'entre eux, dans quelques temps, désireront sortie de ce cauchemar mortifère.

En matière de lutte contre le terrorisme, internet est également essentiel. Pour éviter la radicalisation via la toile, nous devons renforcer la cyber recherche et intervenir.

Enfin, il est très important de prendre en compte la cohésion sociale, en se demandant pourquoi des individus de notre société se sont radicalisés. Cet aspect est souligné dans le programme d'Emmanuel Macron, en commençant par l'éducation. Personne ne doit être laissé sur le bord du chemin. Dans les zones défavorisées, le fait de limiter les classes à 12 élèves, et important, comme le fait de s'assurer qu'à l'entrée en sixième, chaque élève sache lire et écrire correctement.




Anne MOREAUX
Journaliste

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