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Jean-Marie Albouy-Guidicelli : « Nous menons une politique économique volontaire »

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Jean-Marie Albouy-Guidicelli : « Nous menons une politique économique volontaire »

Premier adjoint au conseil municipal de Montereau-Fault-Yonne, président du Sitcome, mais surtout président de la communauté de communes du Pays de Montereau, Jean-Marie Albouy-Guidicelli se considère comme un animateur dans le développement de son territoire. Grâce à leur bonne entente, les 21 communes qui composent Le Pays de Montereau mutualisent leurs compétences municipales pour offrir au public le meilleur service. Loin des considérations du Grand Paris, cette collectivité territoriale s'est lancée dans la création de zones d'activités et du parc Napoléon afin de faire face aux enjeux économiques difficiles liés à sa géographie et à sa désindustrialisation. Ces projets commencent aujourd'hui à porter leurs fruits. À terme, le Sud Seine-et-Marne pourrait devenir une destination touristique de première importance.

Quel est, selon vous, le rôle du président d'une communauté de communes ?

Le président doit être avant tout l'animateur de la politique communautaire d'investissement. Dans une gouvernance démocratique, son rôle n'est pas d'imposer ses orientations, mais de créer un débat, un bouillonnement d'idées qui seront soumises au vote du conseil pour leur réalisation. Ce n'est pas un « super maire » car il ne dispose pas de majorité. Même s'il s'y intéresse, il n'a pas à s'immiscer dans la vie des communes.

Il doit travailler avec des maires venus de différents horizons, ayant leurs propres problématiques, désirs et orientations et les aider à trouver le chemin le plus rassembleur et le plus satisfaisant. À la communauté de communes du Pays de Montereau, toutes les commissions sont ouvertes aux élus municipaux. Il s'agit de créer un laboratoire d'idées où chacun peut s'exprimer et tirer des perspectives partagées sur l'ensemble du territoire. Ce n'est pas un rôle évident. J'essaye d'avoir une gouvernance libre et ouverte et, je l'espère, assez épanouissante pour l'ensemble de mes collaborateurs.

Qu'est ce qui fait la richesse de la communauté de communes du Pays de Montereau ?

Forte de 21 communes pour 42 000 habitants, la CCPM fonctionne sur trois strates : d'abord, la ville de Montereau, composée de 18 000 habitants qui occupe le rôle de locomotive économique, puis une strate de communes de 3 000 habitants, et enfin des villages ruraux dont certains sont composés de 300 âmes. Les problématiques sont très différentes, s'étendant du secteur urbain renforcé au secteur rural isolé.

Bien sûr, comme toutes les communautés de communes, nous participons au développement économique du territoire et au quotidien des habitants dans des domaines comme la voirie, l'eau et l'assainissement. Mais, depuis 2013, nous sommes la seule communauté de communes aux alentours à disposer d'une compétence sur la totalité de la voirie, de l'eau et de l'assainissement.

Une particularité qui nous vaut la visite régulière d'autres communautés de communes très intéressées. Grâce à cette compétence, nous avons pu renégocier le tarif de l'eau, tirant les prix vers le bas pour les consommateurs. Séparément, nos communes n'auraient jamais obtenu un tarif si bas, mais en répartissant les coûts sur l'ensemble des infrastructures, nos fournisseurs ont pu nous faire une offre plus intéressante. On a également réalisé 66 millions d'euros d'investissement dans l'assainissement sur l'ensemble des communes, apportant le tout-à-l'égout dans des villages qui n'auraient jamais pu s'autofinancer, un vrai service à la population.

Nous menons aussi des politiques qui nécessitent des études comme le Plan local de déplacement (PLD), le Plan local de l'habitat (PLH), le Schéma de cohérence territoriale (Scot), le Schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme (SDAU). Les mouvements, les flux de voitures et le logement se réfléchissent aujourd'hui au niveau intercommunal. C'est d'autant plus nécessaire que les budgets sont contraints.

Enfin, nous avons développé une commission de mutualisation. L'objectif : bénéficier de la force et du poids communs lors de négociations commerciales. La mutualisation s'exerce par exemple sur l'achat des colis de Noël, la formation professionnelle et la médecine du travail des agents des collectivités territoriales, et pour l'achat de matériels. Il ne s'agit pas d'une compétence communautaire, ce sont des chantiers municipaux, mais ainsi mutualisés, chaque commune bénéficie de tarifs et de services plus intéressants. La mutualisation est clairement un enjeu pour l'autonomie des communes car elle leur permet de retrouver des marges pour mener à bien leurs politiques.

Quels sont ses enjeux, présents et à venir ?

C'est d'abord le développement de notre territoire dans le contexte régional du Grand Paris. Des milliards d'euros d'investissement vont être consacrés au développement du Grand Paris, y compris avec l'argent des contribuables locaux, sans que nous n'en voyions la couleur, car nous sommes dans un secteur complètement abandonné. La Seine-et-Marne est aujourd'hui divisée, avec un Nord-Ouest très bien loti, bénéficiant des aménagements du Grand Paris et un Sud-Est (Coulommiers, Provins, Montereau, Nemours) très en retard en matière de développement économique et de transport public.

D'autant plus que notre territoire a beaucoup souffert de la désindustrialisation ces 30 dernières années, avec un taux de chômage à Montereau quasiment deux fois supérieur à la moyenne départementale. Enfin nous nous demandons à quelle sauce nous serons mangés en ce qui concerne les financements de l'État et les dotations globales de fonctionnement qui sont en diminution permanente. Notre contribution de solidarité aux secteurs moins riches, quant à elle, est en constante hausse. Elle a démarré il y a 6 ans à 200 000 euros et dépasse aujourd'hui 1,2 million d'euros !

Quels sont les grands projets en cours ?

Pour faire face à tous ces enjeux, nous menons une politique active et volontaire en matière de développement économique. Dès sa création en 2003, ses élus ont voulu faire du Pays de Montereau un lieu de développement territorial, créant des zones d'activités, avec de nombreux emplois à la clé.

Nous avons donc développé les zones de Saint-Germain-Laval et de Marolles-sur-Seine, allons réhabiliter celle de Montereau avec l'arrivée d'une manufacture Hermès qui devrait créer 250 emplois, et en prévoyons une nouvelle à Cannes-Ecluse. Nous faisons face à une vraie demande, boostée par le projet du parc Napoléon. Nous avons aussi été contactés par un grand groupe hôtelier qui souhaite implanter un ou deux hôtels sur notre territoire.

Le Pays de Montereau est également très actif sur le projet de modernisation du secteur Pôle Gare. Nous y avons créé un campus numérique, et projetons la création d'un parking de 450 places ainsi que la réhabilitation de la gare routière.

Enfin, nous menons plusieurs politiques dans le cadre du programme Leader pour encourager les producteurs locaux à se lancer dans le circuit court. Nous travaillons à la création d'une maison du terroir qui sera installée en centre-ville de Montereau l'an prochain. Nous soutenons également celle d'une laiterie, un projet privé, qui produira le lait du Brie de Montereau.

Pouvez-vous nous parler du projet de parc Napoléon ?

Il s'agit d'un projet de parc familial situé à Marolles-sur-Seine, de 50 hectares. Sa première pierre sera posée en 2021 pour une ouverture prévue en 2023. Il se veut historique et ludique, un concept entre le Puy du Fou et le Futuroscope. On y trouvera des reconstitutions historiques, avec des spectacles validés par des historiens et des attractions dotées de technologies modernes pour vivre des expériences dites « immersives » en 3D. Une salle de spectacle ouverte sur l'extérieur est prévue ainsi qu'un hôtel et probablement une gare SNCF dans les années 2030.

Ce projet a été lancé par le précédent président de la communauté de communes du Pays de Montereau, Yves Jégo, actuellement député de Seine-et-Marne. Aujourd'hui, il suit toujours ce dossier en sa qualité de conseiller communautaire délégué auprès du président sur le Parc Napoléon. Il mène cette mission particulière pour concrétiser ce projet essentiel dans le développement économique de notre secteur, suscitant beaucoup d'intérêt d'investisseurs. La CCPM est au cœur des études de conception du parc qui sera ensuite géré de manière totalement privée par un opérateur que nous choisirons le moment venu.

Véritable locomotive autour du tourisme, le parc devrait créer entre 200 et 300 emplois et attirer 1 million de touristes dans les premières années, générant une vraie transformation locale, en termes d'équipements et de voiries. Le conseil départemental et le conseil régional d'Île-de-France via Atout France, sont d'ailleurs nos principaux partenaires pour ce projet. L'objectif est de faire du Sud Seine-et-Marne un lieu de destination touristique.

Engagé dans des mandats électoraux depuis de nombreuses années, vous êtes également un passionné de catch (président de la Wrestling Stars) et de LEGO (président de l'association Puissance Brick) pour lesquels vous organisez galas et conventions. Qu'est ce qui vous anime ?

J'ai toujours été investi dans la vie associative car le vivre ensemble est très important pour moi. Comme pour ma mission de président de communauté de communes, j'aime fédérer et jouer le rôle d'animateur. Dans le cas de Puissance Brick, on a réussi à rassembler plus de 500 adhérents et une centaine de membres actifs. Enfants et adultes, viennent partager de bons moments et donner de leur temps.

Pour le catch, outre le fait que je sois très admiratif des prouesses techniques réalisées par ces sportifs accomplis, organiseun gala est un événement de divertissement qui rassemble toutes les générations, de 5 à 90 ans, toutes classes sociales confondues, venant partager les mêmes émotions. Cette ferveur et cet enthousiasme sont un vrai moteur pour moi. Ce qui me motive, ce sont justement tous ces moments de joie et d'échange car c'est très épanouissant. Il est important d'avoir d'autres activités quand on fait de la politique. Cela apporte le recul nécessaire pour garder les pieds bien ancrés dans la réalité du quotidien.




MSM REDACTION
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