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Jean-Marc Sereni, le patron des patrons seine-et-marnais

le - - Économie

Jean-Marc Sereni, le patron des patrons seine-et-marnais

Fraîchement élu par ses pairs à la tête du Medef seine-et-marnais en janvier dernier, Jean-Marc Sereni, souhaite accompagner les entreprises du Département dans cette période charnière, marquée par la réforme du droit du travail saluée par les syndicats patronaux, conspuée par une partie de la gauche. Favoriser l'entreprise pour qu'à son tour elle puisse se mettre « au service de l'humain », voilà son leitmotiv.

« Si la réforme reste en l’état, c’est une bonne réforme », déclare Jean-Marc Sereni, « sans aller jusqu’à l’extrémisme anglo-saxon, il est possible de trouver un juste milieu. Nous ne pouvons pas être les seuls en Europe à exercer un droit du travail aussi complexe. » D’après lui, le code du travail a doublé de volume en 10 ans. « Le risque juridique s’est considérablement accru pour l’entrepreneur. » Cependant, il craint que d'ici son entrée en vigueur, la loi n'ai été vidée de sa substance. « L'occasion se présente enfin de faire évoluer significativement la situation. Reculer serait vraiment dommage. » Le nouveau patron du Medef 77 s'appuie sur ses six salariés permanents au siège du syndicat patronal à Melun, pour accompagner ses adhérents dans leur vie d'entrepreneur. « Les aider dans ce monde économico-juridique complexe, c'est ma mission pour les trois prochaines années. »

Jean-Marc Sereni connaît bien l'entreprise, depuis 30 ans il a tout vu, tout entendu. Lui même a crée une entreprise de sept salariés. Avant, il a exercé comme dirigeant salarié au sein de grosses structures. « Si vous saviez le nombre de règles plus absurdes les unes que les autres qui se trouvent dans le code du travail. » Par exemple, sur une exploitation de pommiers en Allemagne, le salarié ne peut monter sur un escabeau excédant trois mètres. En France, on a traduit mètre par marche, donc sur ce type d’exploitation, le salarié n’a pas le droit d’utiliser un escabeau haut de plus de trois marches. « C'est un exemple parmi tant d'autres qui  illustre bien les contraintes incroyables qu'affrontent les entrepreneurs au quotidien. »

Mais ce sont bien les points les plus discutés de la loi El Khomri qui préoccupent Jean-Marc Sereni. Notamment le plafonnement des indemnités prud’homales. « Le problème c'est qu'on n'opère aucun distinguo entre un entrepreneur avec deux salariés dans le BTP et une entreprise de plus de 200 salariés. Comment l'entrepreneur avec sa toute petite société peut il payer 30 mois de salaire quand il perd aux prud'hommes ? Je  l'ai déjà vu. » Le président du Medef 77, rappelle qu'en général, les patrons français sont de petits patrons qui  gagnent  1000 ou 1500 euros par mois. « En Seine-et-Marne, c'est le profil type. »

Or, les PME représentent 85 %% des entreprises françaises, elles sont le moteur de l'économie. « Je dirais même qu'elles en sont l'âme », confie Jean-Marc Sereni. « Il faut absolument les aider à embaucher. Le CICE a envoyé le bon signal, il faut maintenant davantage de souplesse. Cela ne signifie pas que les salariés se retrouveront sans protections.»

De la souplesse, l'apprentissage en manque aussi d'après lui. « Mes trois enfants ont été apprentis dans des domaines très divers, de l'informatique à la restauration, tous les trois ont un CDI à présent. L'apprentissage c'est une formation idéale pour nombre de jeunes qui n'ont pas envie de rester toute leur scolarité sur les bancs de l'école. C'est une des meilleures portes d'entrées dans la vie active. Mais en France on use trop souvent du principe de précaution. »

Jean-Marc Sereni déplore les règles trop contraignantes qui encadrent certaines professions en matière d’apprentissage. « A mon époque, on pouvait être apprenti à 14 ans. Malheureusement, on a absolument voulu faire passer un BAC général au maximum de gens. Pourtant, je suis sûr que certains se plairaient davantage avec un pied à l'école et un autre en entreprise. Il faut davantage encourager ce type de parcours.»

Que répond-il aux voix qui s'élèvent contre le « permis de licencier » décrit par plusieurs syndicats de salariés ?  « Une entreprise a vocation à  se développer, pour cela il faut embaucher mais si les risques liés à l'embauche sont trop importants, les TPE-PME deviennent frileuses, c'est compréhensible. Mais entendez-bien, nous ne voulons pas un permis de licencier, nous voulons des possibilités d'embaucher, de participer à l’amélioration du pays. Nous sommes à la traîne en Europe, c'est une réalité et il faut changer les règles du jeu. Évidemment, en France, le changement effraie.»

Le chef d'entreprise ne pense pas qu'il soit judicieux pour autant de copier tel ou tel modèle, notamment celui de l'Allemagne. « Nous avons nos spécificités, il faut s’inspirer de certaines choses mais on  ne peut pas appliquer à 100 %% ce que les autres font. Il faut bien le reconnaître, il y a 15 ans les Allemands ont élu Gerard Schrôder, un homme courageux et de gauche qui a appliquer les réformes impopulaires de droite. Ces réformes ont permis à l'Allemagne de devenir ce qu'elle est aujourd'hui. Ça lui a coûté son avenir politique mais aujourd’hui les Allemands de tout bord lui disent merci. J'ose espérer que nous agirons aussi, même si le courage est rarement la première des qualités parmi nos hommes et femmes politiques.»

 

 

 

 

 

 






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