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JEAN-MARC SERENI « Face aux crises, les entrepreneurs franciliens ont une réelle capacité d’adaptation »

À l’occasion de la Rencontre des entrepreneurs de France, REF 2022, Jean-Marc Sereni, président du Medef Seine-et-Marne, fait le point sur la situation des chefs d’entreprise dans le département.
JEAN-MARC SERENI « Face aux crises, les entrepreneurs franciliens ont une réelle capacité d’adaptation »
© AP

ÉconomieVie des entreprises Publié le , Propos recueillis par Jean-Paul Viart

Pouvez-vous dresser le tableau économique actuel de la Seine-et-Marne ?

Jean-Marc Sereni : La Seine-et-Marne représente pratiquement la moitié de l’Île-de-France. La particularité de ce département, c’est d’être à la fois industriel, touristique et agricole. Les effets des crises sont donc différents selon les secteurs. La sécheresse va avoir un impact terrifiant et notre agriculture est l’un des champs de bataille de la guerre en Ukraine. Les agriculteurs n’ont pas encore eu le temps de s’adapter aux nombreux défis que sont la hausse des coûts des carburants et des intrants.
Économiquement, nous avons le même bilan que l’Île-de-France, avec cette spécificité liée à l’importance du secteur agricole et des industries agro-alimentaires dans notre territoire. Mais la guerre en Ukraine et la sécheresse ont accéléré des processus déjà engagés.

Quels sont les secteurs de Seine-et-Marne qui souffrent le plus ?

Jean-Marc Sereni : Le recrutement est une vraie problématique dans notre département. Il faut aussi dire que le problème de l’emploi n’est pas forcément lié à la conjoncture et à la crise sanitaire. Beaucoup de jeunes, qui devraient logiquement prendre la place des anciens partant en retraite, ne trouvent pas leurs métiers assez attractifs. Nous manquons notamment de conducteurs de cars. Sans ces lignes de bus, la Seine-et-Marne n’existerait plus. Elles viennent pallier la faiblesse d’un réseau ferré qui ne dessert que quelques villes comme Meaux, Melun, Fontainebleau ou Provins. Eh bien les jeunes ne sont pas du tout intéressés par cette activité, pourtant essentielle à notre quotidien.
J’ai observé le phénomène avec attention. J’ai longtemps pensé que ce désintérêt était à mettre au passif de la Covid. Pas du tout ! La même chose se serait produite sans cette crise sanitaire, sans doute légèrement différée dans le temps. Le phénomène a simplement été accentué et accéléré par la pandémie. D’une façon générale, les jeunes n’ont plus envie de choisir des métiers qui ne leur paraissent pas assez attractifs.

Vous constatez un réel impact des crises en Seine-et-Marne, notamment dans le BTP ?

Jean-Marc Sereni : Dans le BTP, la problématique est multiple avec des problèmes sur l’aluminium et bien d’autres produits. Elle porte également sur les retards. Beaucoup de chantiers ont été repoussés, à la fois dans le secteur privé et dans le secteur public, avec des intervenants comme l’État, le Département, ou les collectivités locales, qui craignent de ne pas pouvoir assumer les augmentations successives des matières premières. On assiste également à une limitation des permis de construire. Dans ces conditions, les entreprises revoient l’évolution de leurs perspectives de chiffre d’affaires à la baisse.

On parle beaucoup de relocalisation d’activités. Où en est-on actuellement en Seine-et-Marne ?

Jean-Marc Sereni : Nos entreprises et nos adhérents du Medef Seine-et-Marne sont implantés durablement en Seine-et-Marne. Ceux qui produisaient à l’extérieur ont réintégré un certain nombre de tâches, mais pas l’intégralité. Vous avez, par ailleurs, des équilibres dits « de sécurité économique ». Les industriels qui produisent en France font souvent face à des conflits sociaux qui donnent, de l’étranger, une apparence de blocage. J’ai vu des entrepreneurs contraints de se sécuriser en mettant en place une structure « miroir » dans un autre pays, pour que les clients internationaux continuent à leur faire confiance. Néanmoins ce type de délocalisation n’a pas fait perdre la capacité ou l’employabilité en Seine-et-Marne.

Dans notre département, les grandes entreprises ont été créées par de très anciennes familles et sont devenues de véritables institutions. Nous avons parallèlement beaucoup de petites entreprises plus récentes et des start-up qui développent des concepts très innovants et très variés ; la commercialisation d’insectes à vocation alimentaire, par exemple. Je perçois actuellement la volonté des chefs d’entreprise de produire avec une mécanisation de plus en plus forte et une main d’œuvre qualifiée, associée à une robotique qui accompagne, mais qui ne remplace pas l’humain. Cela permet de proposer des évolutions de postes avec plus de valeur et moins de tâches répétitives.

Les entrepreneurs de Seine-et-Marne ont-ils le moral ?

Jean-Marc Sereni : Nous sommes totalement dans l’état d’esprit global de l’Île-de-France. Pour approfondir ce sujet, nous relançons, dans la continuité du Medef national, notre propre enquête sur la santé et le moral des dirigeants et des chefs d’entreprise du département.La phase d’enquête va durer environ un trimestre et nous ferons une restitution des résultats dans le cours du premier trimestre 2023.

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