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Industrie du futur : l'usine à rêves

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Industrie du futur : l'usine à rêves
© MSM

Lors de cette rencontre, les dirigeants d'entreprises ont pu découvrir ce que sera concrètement l'usine du futur en rencontrant ses acteurs.

Un espace de networking favorisait ainsi les interactions entre acteurs institutionnels et privés de l'industrie du futur en lle-de-France tels que l'Alliance Industrie du Futur – Offreurs de solutions, la Direccte, la BPI, le Conseil régional d'Ile-de-France, les pôles de compétitivité, les clusters, le comité Industrie du futur Ile-de-France, la CCI Paris Ile-de-France et ses écoles.

Les participants ont aussi pu aller dans les détails à travers des démonstrations, des ateliers et une table ronde. L'après-midi s'est ouvert par un atelier sur l'intelligence artificielle (IA) animé par François-Xavier de Thieulloy, associé Dataswati, qui a conquis l'assemblée.

« L'IA va être plus intelligente que nous mais nous allons la maîtriser », a lancé l'expert en introduction.

Démystifier l'IA

Ce dernier a commencé par expliquer à l'auditoire comment l'IA fonctionne afin de casser le mythe du robot magique supérieur à l'humain. « L'IA apprend comme nous, en se nourrissant d'exemples et de concepts communs », a-t-il illustré avec des exemples de diaporama de photos et de concepts affiliés.

Pour développer un projet IA, il faut ainsi définir des process, des exemples, des valeurs continues et des catégories pour créer l'algorithme. Il existe différentes méthodes d'apprentissage pour le machine learning, la supervisée et la non-supervisée (voir schéma ci dessous).

« La qualité des données impacte forcément celle du modèle d'IA. Mieux vous mesurer, mieux vous prédisez », a-t-il conseillé.

Il convient de se poser trois questions pour démarrer le projet : quel est le problème business ? quels sont les paramètres qui influent sur ce problème ? quelles données sont nécessaires et disponibles ? L'expert a précisé qu'il faut prévoir des allers-retours pendant la période de formalisation entre les données disponibles et les cas d'usage.

Il a ensuite donné des exemples concrets d'utilisation de l'IA qu'il a piloté dans le domaine industriel, comme l'accélération du process d'une usine de séchage de briques en argile (avec un gain de 3 points de marge), le clustering image et signal pour un grand client du secteur pharmaceutique qui avait 200 000 photos à classer et labelliser, ou encore le monitoring de l'usure des têtes d'usinage de machines avec l'enregistrement de leurs rythmes.

François-Xavier de Thieulloy a conclu son intervention en prodiguant un conseil ultime : « Plus l'historique de données est important, mieux c'est. Achetez-vous des disques durs et stockez vos données au moins pour commencer ».

L'humain augmenté

Si l'arrivée de l'IA dans les lignes de production de l'industrie française est inévitable, le fil rouge de la journée consistait à rappeler la prépondérance de l'humain. Les avancées technologiques récentes portent avec elles leur lot d'espoirs, de fantasmes mais aussi de craintes et d'interrogations sur le devenir de l'être humain. Nous dirigeons-nous vers des usines entièrement robotisées ? Certainement pas, répondent les experts. Nous aurons toujours besoin d'experts pour programmer les IA et décrypter les informations.

Avec l'aide des algorithmes, les individus sont augmentés mais ne disparaissent pas pour autant des chaînes de production. « L'humain est très bon sur la technique et très mauvais sur la routine où la machine est meilleure », a souligné François-Xavier de Thieulloy.

Déjà dans nos usines, l'IA fait désormais partie de la formation de nos ingénieurs. L'école ESIEE Paris, qui développe ses enseignements en intelligence artificielle, vient de signer avec IBM France pour la mise en place d'une chaire d'entreprise intitulée “IA et prescriptive analytics”. Les premières interventions d'IBM France, qui parraine la promotion 2019, viennent de débuter auprès des élèves de 5e année sur l'IA (technologies et applications, cas d'usage concrets) et l'analyse prescriptive. Les étudiants et les enseignants-chercheurs de l'école bénéficient également d'accès libres : à la plateforme quantique IBMQ, au portail spécialisé d'IBM contenant des ressources techniques et stratégiques ainsi qu'au cloud IBM pour accéder à des services puissants et des technologies informatiques à source ouverte ou encore pour profiter de ressources pratiques qui les renseigneront sur les données et leur analyse, l'internet des objets et la sécurité. Depuis la rentrée 2018, l'école propose aussi une filière en Datascience et IA pour répondre à la transformation numérique des entreprises.

Cybersécurité des usines : un enjeu colossal

Un atelier sur l'industrie et la cybersécurité a été animé par Matthieu Bonenfant, directeur marketing de Stormshield, un des leaders européens de la cybersécurité des infrastructures (filiale à 100 % d'Airbus cybersecurity ayant des partenariats avec Siemens et Shneider electric), auditeur de sécurité informatique vendant des produits agréés par l'OTAN et qualifiés par l'ANSSI.

« Dans l'industrie, l'interconnexion des deux environnements technologies et IT, amènent un certain nombre de challenges en termes de cybersécurité », a-t-il expliqué en ouverture.

L'environnement industriel est « fait sur-mesure, réglementé et normé » : une problématique très structurante en matière de cybersécurité qui « doit pouvoir s'adapter à cet univers particulier », a commenté l'expert.

L'univers industriel subi aujourd'hui des cybermenaces incontestables aux conséquences parfois dramatiques au niveau humain et matériel.

« Les infrastructures industrielles sont devenues des cibles de choix », a-t-il souligné, citant de nombreux exemples à l'appui. A l'instar de l'attaque étatique Triton sur un client du Moyen-Orient, de l'attaque russe Industroyer sur une compagnie électrique Ukrainienne, du ransomeware de masse Wannacry qui a bloqué plusieurs infrastructures industrielles l'an dernier, notamment les groupes Saint-Gobain et Renault, ou encore de l'attaque Shamoon ayant entraîné une interruption de service extraordinaire d'un grand groupe pétrolier.

« Attention, le danger peut venir de partout, même d'une simple machine à café connectée ! », a-t-il lancé en donnant l'anecdote d'une intrusion dans une société par le wi-fi de sa Nespresso.

Toutefois, si la menace est élevée, il existe des moyens de réduire et gérer les cyber risques. Selon l'expert, « il est possible d'élever son niveau de protection par la prévention, c'est-à-dire la sensibilisation des collaborateurs et l'audit des systèmes de protection, et par la guérison avec la détection d'attaques a posteriori et la mise en place de mécanismes de réponse ».

Il existe aujourd'hui des solutions de filtrage pour les zones sensibles comme le système de supervision et de contrôle. « La première bonne pratique est la segmentation du réseau et l'analyse du trafic de données », a précisé l'expert.

Pour les infrastructures industrielles, il est aussi absolument nécessaire d'installer un tunnel VPN (Virtual Private Network) chiffré, pour authentifier les opérateurs qui se connectent au système sans passer par l'internet classique, assurer la protection du trafic et la segmentation des sites.

Il faut aussi faire très attention aux modes d'utilisation des salariés (bannir les clés USB) et aux systèmes d'exploitation obsolètes.




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