AccueilCollectivitéHôpitaux : “la crise est encore présente, même si elle semble moins forte”

Hôpitaux : “la crise est encore présente, même si elle semble moins forte”

Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France et maire de Fontainebleau, fait le point sur la gestion de crise à l'hôpital et insiste sur les précautions à prendre face à la reprise qui s'annonce.
Hôpitaux : “la crise est encore présente, même si elle semble moins forte”
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Quelle est la tendance actuelle au sein des hôpitaux du Département ?

La tendance elle est la même que partout en Île-de-France : nous sommes sortis d'une période où nous connaissions une augmentation quotidienne à la fois du nombre de patients pris en charge dans les hôpitaux et aussi du nombre de patients admis en réanimation. Donc nous pouvons dire que nous entrons dans un cycle, au pire, de stabilisation, et au mieux, de légère diminution du nombre de patients. C'est dans cette période que la diminution de la pression qui s'exerce sur les hôpitaux peut s'amorcer.

Il ne s'agit pas pour autant d'une véritable tendance à la baisse ?

C'est encore trop tôt pour le dire, il faut rester très prudent. On a pu croire, en Italie, à une certaine période, à une accalmie, mais la courbe est finalement repartie.

Si la pression est moins forte sur les établissements, pour autant nous restons sur des niveaux de prise en charge qui sont exceptionnels : au plus haut de la crise à l'hôpital du Sud Seine-et-Marne, nous avons pris en charge jusqu'à 150 patients Covid-19. Aujourd'hui nous sommes redescendus aux alentours des 120-125 (le 20 avril dernier, N.D.L.R.), mais cela reste un niveau hors normes.

Nous avons au sein de cet hôpital un service de réanimation avec 30 lits occupés. Or il faut savoir qu'en période normale nous n'avons que huit lits. Donc des capacités importantes sont encore consacrées à la prise en charge de l'épidémie.

Donc nous sommes encore dans la crise, même si elle semble moins forte.

C'est le message à faire passer ?

Oui, on a souvent comparé le Covid-19 avec un syndrome grippal (même si nous savons aujourd'hui que cela n'a rien à voir). Or au sein de notre hôpital nous n'avons jamais eu d'épidémies de grippe qui nous amène à remplir entre 30 et 40 lits de réanimation. Ce sont des lits réservés à la même maladie et c'est ce qui rend cette maladie hors norme. Tous les hôpitaux d'Île-de-France connaissent encore des niveaux de prise en charge très élevés.

Les besoins en masques tendent à s'équilibrer ?

Oui, aujourd'hui on a une vraie détente sur le sujet. L'inquiétude en Seine-et-Marne était grande lorsque nous avons vu l'épidémie arriver et faire rapidement des dégâts. Les stocks étaient faibles, l'approvisionnement était difficile et cela inquiétait énormément les professionnels. Aujourd'hui des approvisionnements arrivent et la situation se détend.

Qu'en est-il s'agissant des autres équipements ?

Nous avons encore des tensions très fortes sur les blouses.

Quel regard portez-vous sur la reprise d'activité de certains secteurs, comme le BTP ?

Il est évident que la vie économique doit reprendre. Il y a derrière des questions de pouvoir d'achat des Français, de survie des entreprises et donc d'emplois. Il faut bien sûr avoir cette réalité en tête et ne pas la méconnaitre.

Pour autant je répète qu'il faut rester vigilent sur la manière dont les choses vont repartir. Il faut adopter de manière vraiment volontariste des mesures de protection qui permettent effectivement de contenir au maximum la deuxième vague. On sait, avec ce virus, (en regardant les pays plus en avance comme les pays asiatiques), qu'il y a un risque de reprise des contaminations si les règles sanitaires ne sont pas respectées de manière suffisamment stricte.

Les hôpitaux ont jusqu'ici tenu, avec des efforts très importants, des volontaires ont été mobilisés. Il ne faudra pas demain que les établissements soient soumis de nouveau à cette extrême tension. Nous pourrions tenir mais avec des efforts encore plus importants.

Les masques en tissus peuvent faire partie de la solution ?

C'est déjà une réponse, mais il faut surtout, dans les habitudes de vie que nous allons prendre, nous montrer très vigilants vis-à-vis du respect des gestes barrières.

Le confinement a eu pour objectif de permettre à l'hôpital, qui était débordé, de tenir. Le même raisonnement doit nous conduire à être encore très vigilants.

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