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Guillaume Lefort : « nos repères sont bouleversés »

le - - Économie - Vie des entreprises

Guillaume Lefort :  « nos repères sont bouleversés »
© DR

Exploitant agricole à Arville, Guillaume Lefort est le premier vice-président de la Chambre d'agriculture d'Île-de-France. Après une année marquée une nouvelle fois par les intempéries et une moisson entrecoupée par des épisodes pluvieux, c'est le qualificatif « moyen » qui ressort le plus souvent.

Pourriez-vous revenir sur l'année écoulée ?

Une fois encore nous avons connu une année quelque peu atypique, qui a bouleversé nos repères. Depuis quelque temps, les années se suivent et ne se ressemblent pas. Nous sentons vraiment que le dérèglement climatique est là, avec la fin de ce que l'on appréciait globalement, c'est-à-dire une alternance de froid l'hiver, de chaud l'été et de pics de soleil entre les deux. On se rend compte qu'on se retrouve avec des épisodes intenses et de plus en plus réguliers dans un sens comme dans l'autre.

Comment s'est déroulée la moisson ?

La moisson 2021 a été plutôt longue à démarrer. Nous savions que ce serait le cas, ce n'est pas très grave. Mais elle a été entrecoupée par des épisodes de pluie, de façon plus ou moins importante selon les endroits, pour finir globalement autour du 15 août dans beaucoup de territoire (et notamment dans le Nord du département, chose qui n'était pas arrivée depuis quelques années). Les épisodes pluvieux ont eu des conséquences sur les récoltes, avec des pertes en qualité. En effet, il faut stocker la céréale une fois qu'elle est arrivée à maturité. Or, plus on la laisse en plaine, plus elle de chances de se dégrader. De manière générale, nous avons réussi à sauver une grosse partie de la récolte, mais sur les derniers jours de moisson, la qualité s'est un peu réduite. Concernant les orges d'hiver, la moisson est plutôt moyenne (il existe des écarts de rendement importants, y compris sur une même ferme). Pour le blé, la moisson est très hétérogène. Certaines parcelles ont souffert du gel de début avril, d'autres de l'excès d'eau, surtout dans le centre de l'Île-de-France (sur les zones de Tournan-en-Brie, Meaux, La-Ferté-Gaucher par exemple). Sur certains champs et certaines variétés, nous avons frôlé des moissons records. Globalement, l'année est moyenne et la qualité (pour la boulangerie) est plutôt préservée. Nous sommes parvenus à sauver les récoltes en majorité.

Les orges de printemps sont plutôt mauvaises, notamment dans le Sud Seine-et-Marne, où nous sommes plutôt en deçà des moyennes quinquennales. La qualité n'est pas trop mauvaise. Enfin, en matière de protéagineux, l'année n'a pas été bonne. C'est une agriculture que nous essayons de réimplanter, elle a notamment des effets positifs sur la rotation. Mais en Seine-et-Marne, nous avons des difficultés à sortir des productions correctes.

Les marchés sont toutefois porteurs ?

Les marchés sont satisfaisants, c'est la bonne nouvelle, même si nous avons des rendements moyens (moins bon dans certaines cultures). Mais la vente ne se fait pas en un seul coup, nous ne mettons pas tous nos œufs dans le même panier. Toutefois, nous sommes déçus par certains membres de la filière, qui mettent sur notre dos l'augmentation du prix de la baguette. Quand on connaît le coût du blé par unité, ça fait vraiment mal d'entendre ces remarques. Que les charges augmentent, c'est compréhensible, mais il ne faut pas tout mettre sur le dos des matières premières.

Quel est le bilan des premières des premières Journées nationales de l'agriculture ?

C'est un chantier que nous portons depuis deux ans, avec l'objectif de voir inscrit au calendrier républicain une journée nationale de l'agriculture. Nous avons changé de braquet au fil du temps ; nous sommes partis sur le concept des journées nationales du patrimoine, qui se déroulent le temps d'un week-end (les 18, 19 et 20 juin). Avec l'annulation du SIA (Salon international de l'agriculture), l'idée était de faire venir les scolaires le vendredi, puis les familles le samedi et le dimanche. Nous voulions faire découvrir la grande famille agricole (les meuniers, les fabricants de pâtes, d'engrais, ou de semences, les constructeurs de machines agricoles, etc.) et communiquer sur ce qu'est l'agriculture d'aujourd'hui :
un métier moderne, connecté (nous utilisons notamment des drones), qui capte du carbone, qui crée de l'énergie et qui recrute (70 000 emplois ne sont pas pourvus dans la filière). Nous avons reçu une centaine de personnes sur les 1 000 sites ouverts en France. Nous sommes donc plutôt satisfaits, comme l'ont été les organisateurs et les visiteurs. Cela nous motive à continuer. L'agriculture bouge, l'agriculture évolue. Nous sommes réellement “une terre à découvrir” (slogan de l'association Agridemain, que préside Guillaume Lefort, N.D.L.R.).




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