AccueilActualitéGrand témoinGîtes : « Les propriétaires sont les meilleurs ambassadeurs du département »
TOURISME

Gîtes : « Les propriétaires sont les meilleurs ambassadeurs du département »

Stéphane Verynaud, président de l’association des Gîtes de France en Seine-et-Marne (leader français du tourisme chez l’habitant) depuis 2019, Acteur engagé et propriétaire du gîte La Martinière, il prône un tourisme local et raisonné.
Gîtes : « Les propriétaires sont les meilleurs ambassadeurs du département »
© DR

ActualitéGrand témoin Publié le , Propos recueillis par Clémence Viola

Pourquoi vous êtes-vous installé en Seine-et-Marne ?

Ne dit-on pas que l’amour rend fou ? J’avais toujours repoussé l’idée de venir vivre en Île-de-France, mais c’est bien pour des raisons sentimentales que je suis venu en Seine-et-Marne. J’ai eu un véritable coup de cœur pour ce territoire entre ville et forêt et si proche de Paris.

Comment est né ce projet dans le secteur du tourisme ?

Mes études ont été contrariées par un accident de la circulation. En 1988, j’ai été renversé par une voiture et j’ai dû composer avec des petits boulots compatibles avec mes soucis de santé. J’ai ensuite travaillé dans des laboratoires d’analyses médicales, comme coursier et aux services généraux. Mais le sort s’est acharné sur moi et en 2001, j’ai été victime d’un accident du travail. J’ai dû subir une dizaine d’interventions chirurgicales, m’obligeant à cesser toute activité professionnelle. Cette longue convalescence d’une dizaine d’années est devenue très pesante. J’ai alors réalisé un bilan de compétences qui a révélé ma vocation pour l’hébergement touristique.

© DR / La Martinière d’Ury

Comment s’est déroulée votre reconversion professionnelle ?

Durant mon inactivité, j’ai pu venir en aide à mes voisins qui sont propriétaires d’un gîte rural et de chambres d’hôtes. Pendant leurs congés, j’accueillais leurs clients et j’ai ainsi découvert la vie d’un hébergeur touristique. En 2014, après mon licenciement pour des raisons de santé, je me suis lancé dans la création de mon entreprise. J’ai acheté et retapé une vieille maison à Ury, un village du Parc régional du Gatinais, et je l’ai transformée en gîte en 2014. J’ai accueilli des adeptes de l’escalade en forêt de Fontainebleau, des amoureux de la nature, mais aussi des clients effectuant des séjours culturels en raison de la proximité avec le château de Fontainebleau.

Le secteur du tourisme a souffert énormément de la crise sanitaire. Quel bilan dressez-vous ?

Si la pandémie a ralenti notre activité, 246 Gîtes de France et 76 Chambres d’hôtes seine-et-marnais sont toujours restés ouverts aux professionnels, malgré les confinements. De nombreux salariés d’entreprises ont séjourné dans nos hébergements. Ils ont été rassurés par les mesures sanitaires drastiques mises en place par notre Fédération nationale. Il a fallu nous adapter à de nouvelles mesures d’hygiène, d’accueil et de planning dans le respect des gestes barrières. Certains propriétaires ont fait le choix de rester fermés et ont pu bénéficier des fonds de solidarité mis en place par le Gouvernement. Si les chambres d’hôtes ont pâti d’une absence de clientèle, les gîtes, eux, ont tiré leur épingle du jeu, car les familles et les amis ont pu se retrouver entre eux. À la sortie des confinements, nous avons subi les assauts d’une clientèle principalement francilienne en manque d’air, ce qui a boosté notre moral. Cette tendance se vérifie toujours aujourd’hui. Au 13 juillet, notre taux de remplissage était de plus de 56 % et s’élevait déjà à plus de 40 % pour ce mois d’août.

© Adobe Stock

Vous êtes également membre du comité de direction de Fontainebleau Tourisme et administrateur de l’agence Seine-et-Marne Attractivité. Comment conciliez-vous toutes ces activités ?

Au cours de ces dernières années, j’ai toujours gardé un œil bienveillant dans l’intérêt des hébergeurs que je représente auprès des collectivités locales, des élus et du Département de Seine-et-Marne. Totalement bénévoles, ces activités me permettent de soumettre des idées, d’être un relais d’informations auprès des porteurs de projets que je rencontre régulièrement. Malgré la pandémie, ma passion est restée intacte.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans ce métier ?

La force de notre marque réside dans l’accueil de nos clients, la proximité, la convivialité, le conseil et notre expérience. Je préside le conseil d’administration des Gîtes de France en Seine-et-Marne depuis trois ans et j’ai été réélu en avril dernier. Avec mes collègues administrateurs, nous proposons et votons des projets mettant en valeur les hébergements, les talents des propriétaires, ainsi que les actions de communication, notamment sur les réseaux sociaux. Nos sorties “Éductours” sur des sites historiques ou naturels permettent de renforcer la cohésion des propriétaires de gîtes. Ils sont les meilleurs ambassadeurs du département auprès de leurs clients.

Misez-vous sur les Jeux olympiques et paralympiques de 2024 pour renforcer l’attractivité du territoire ?

Oui, nos nombreux propriétaires hébergeurs sont impatients de pouvoir ouvrir leurs plannings à la réservation. Le Pays de Fontainebleau étant labellisé “Terre de Jeux 2024”, les Gîtes de France comptent bien accueillir une forte clientèle toujours en quête d’établissements certifiés et reconnus par une marque. À nous de booster notre visibilité et de conforter nos atouts, toujours dans le respect de nos valeurs et de nos clients.

Avez-vous des projets en préparation ?

La rentrée de septembre va être l’occasion de rencontrer de nouveaux porteurs de projets intéressés par l’ouverture d’hébergements. Nous allons leur proposer d’adhérer à la marque Gîtes de France Agence de Seine-et-Marne, en partenariat avec Seine-et-Marne Attractivité, qui commercialise nos hébergements, via sa centrale de réservation. J’ai émis le souhait auprès d’élus du Pays de Fontainebleau d’organiser une rencontre avec les propriétaires hébergeurs. Cela pourrait être l’occasion de faire le point sur leurs activités et de répondre à leurs interrogations le temps d’une soirée conviviale.

252 gîtes en Seine-et-Marne

Depuis 1955, la Fédération nationale des Gîtes de France (FNGF) anime un mouvement d’hébergement en milieu rural. La création du label “Gîtes de France“ a largement contribué à la sauvegarde et la réhabilitation du bâti rural ancien qui fait partie de l’attrait authentique du territoire. Au nombre actuellement de 252 dans le département (42 000 dans toute la France), les gîtes ruraux sont devenus les acteurs incontournables du “tourisme vert“ en Seine-et-Marne. En 2021, 28 nouvelles ouvertures ont été enregistrées. Toujours l’année dernière, le taux d’occupation s’y est élevé à
61 % d’occupation avec 48 % de clients franciliens, originaires de Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne et de Paris.

Quelques adresses : Au Grez du Vent (Grez-sur-Loing, www.au-grez-du-vent.business.site), Le Clos de Provins (Provins, www.leclosdeprovins.com), Le Clos des Bergenias (Crécy-la-Chapelle, www.bergenias.fr), Earlygrez (Grez-sur-Loing, www.earlygrez.com).

Partager :
Abonnez-vous
  • Abonnement intégral papier + numérique

  • Nos suppléments et numéros spéciaux

  • Accès illimité à nos services

S'abonner
Journal du 01 octobre 2022

Journal du01 octobre 2022

Journal du 24 septembre 2022

Journal du24 septembre 2022

Journal du 17 septembre 2022

Journal du17 septembre 2022

Journal du 10 septembre 2022

Journal du10 septembre 2022

S'abonner
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?