AccueilÉconomieVie des entreprisesGeoffroy Roux de Bézieux : « Les carnets de commandes des entreprises sont pleins »

Geoffroy Roux de Bézieux : « Les carnets de commandes des entreprises sont pleins »

Le président Medef était l’invité d’honneur du Medef 77, à l’occasion de l’inauguration du nouveau siège de l’antenne départementale de l’organisation patronale.
Geoffroy Roux de Bézieux : « Les carnets de commandes des entreprises sont pleins »
© MSM

ÉconomieVie des entreprises Publié le , Propos recueillis par Clémence Viola

Le Medef 77 s’est installé dans de nouveaux locaux. Que vous inspire ce changement ?

Le Medef 77 est certainement l’un des plus anciens mouvements patronaux de France. C’est un symbole de solidarité. L’inauguration de ce nouveau siège devait avoir lieu le 17 mars 2020. Cette date, tout le monde la connaît désormais, car elle a coïncidé avec le début du premier grand confinement que nous avons vécu l’année dernière. Durant cette période, le Medef 77 a réussi à se montrer exemplaire et dynamique vis-à-vis notamment de son tissu industriel.

Justement, comment le monde de l’entreprise a-t-il vécu cette période ?

Cette pandémie a laissé des traces, mais de façon positive aussi. On a, par exemple, réussi à travailler ensemble d’une manière exceptionnelle, sans arrière-pensée et en laissant les préjugés derrière nous. L’arrêt de l’économie nous a poussés à nous rassembler. Il m’arrive souvent de faire applaudir les banques ou les services des préfectures, mais on peut aussi applaudir les élus de tous bords qui, face à cet ennemi commun et imprévisible qu’est ce virus, se sont mobilisés comme jamais. Ils ont réussi tous ensemble à faire des choses extraordinaires. J’aimerais que l’on n’oublie pas trop vite ce travail qui a été réalisé en commun. Je pense notamment aux banques qui ont pu prêter de l’argent en quatre jours ou bien aux services de l’Etat qui ont pu répondre aux demandes des entreprises en 24 heures. Aujourd’hui, il ne faut pas reprendre les mauvaises habitudes qu’on a pu avoir à une certaine époque, car on a prouvé que nous étions capables de travailler ensemble pour le bien du pays.

En quoi le rôle des entreprises est-il devenu plus important aujourd’hui ?

Les entreprises sont de plus en plus sollicitées. Elles n’ont jamais été aussi consensuelles dans la population. La pandémie a montré notre capacité et notre agilité à répondre à des demandes. Mais le revers de cette situation, c’est que les attentes sont de plus en plus élevées. Il y a quelques années, alors qu’il était Premier ministre, Lionel Jospin avait dit “L’Etat ne peut pas tout”. Désormais, la vraie question est “L’entreprise peut-elle tout ?”. On attend de nous que l’on crée des emplois, mais qu’on s’occupe aussi de l’insertion d’un public de plus en plus éloigné du monde du travail, du changement climatique, de la biodiversité. Bref, qu’on s’occupe des problèmes de la société.

Est-ce dans vos capacités et dans vos compétences ?

Ce défi est plus difficile à relever que celui qui consiste simplement à faire du profit et à créer des emplois. Mais je pense que nous sommes prêts à le relever, à la mesure de nos moyens et de la taille des entreprises. Le Medef, je le rappelle, c’est, en moyenne, 47 employés par entreprise.

Peut-on parler de résilience ?

Oui, car l’effort collectif a été énorme. On a vraiment appris à se connaître. Quand on est à Paris, par exemple, on connaît moins bien la Seine-et-Marne, alors que dans ce département, il y a un fort dynamisme économique avec une grande quantité d’entreprises qui s’y installent. Ce n’est pas le cas partout. Il y a quelques années, la tendance a été à la métropolisation de l’économie. Certains départements ont résisté à ce phénomène et la Seine-et-Marne en fait partie.

Comment s’opère la sortie de crise aujourd’hui ?

Les PME se portent plutôt bien dans leur ensemble. Il y a un an et demi, la Banque de France annonçait un million de chômeurs et des faillites. Non seulement, on n’a pas eu un million de chômeurs, mais en plus, on a rattrapé la situation de février 2020. On a également un taux de faillite très inférieur à celui de 2020, mais aussi à celui de 2019. Il y a quelques exceptions, toutefois, sur certains secteurs comme le tourisme et l’événementiel qui repartent plus lentement. On a également quelques incertitudes devant nous notamment en ce qui concerne le recrutement. Mais c’est un problème de “riches“, car les carnets de commandes des entreprises sont pleins et on n’arrive pas à toutes les honorer.

La flambée des prix de l’énergie peut-elle constituer un danger ?

Oui, bien sûr, cela peut poser problème tout comme le prix des matières premières, avec des hausses et/ou des pénuries. À plus long terme, la géopolitique peut être aussi problématique. Un jour ou l’autre, les tensions qui existent dans le monde risqueront d’avoir un impact sur la vie des entreprises

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