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Françoise Callin - Marmottine - Le “made in France” chevillé au corps

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Françoise Callin - Marmottine - Le “made in France” chevillé au corps
@ DR

Distribuer des bijoux de créateurs originaux,made in France et personnalisables. C'est la mission que s'est donnée Françoise Callin avec Marmottine, qui a créé sa société de distribution en 2006 en Seine-et-Marne. D'abord positionnée sur la vente en marketing de réseau, cette entrepreneuse qui officie à Marne-la-Vallée s'est finalement lancée sur internet, sous l'impulsion de ses clientes. Détaillant son parcours entrepreneurial et son goût pour la qualité à la française, Françoise Callin explique comment a évolué le marché de distribution des bijoux en ligne depuis 2006 et les raisons de sa réussite.

Comment en êtes-vous venu à créer Marmottine ?

Le désir de créer ma société s'est imposé à l'aube de la quarantaine, en 2005, après avoir été salariée dans le tourisme d'affaires, l'organisation d'événements et la communication d'entreprise. Intéressée par les bijoux de créateurs, j'étais quelque peu frustrée de ne pas trouver de bijoux originaux. En parallèle, je me suis rendu compte qu'il y avait une foultitude de créateurs qui produisaient des pièces magnifiques. Mais l'offre était réduite et la notion de “créateurs”  telle qu'elle est entendue aujourd'hui n'était pas encore présente. J'ai donc décidé de monter une société de vente à domicile, dans la même logique que Tupperware. Je voulais faire de la vente en réunion de bijoux de créateurs. J'ai progressivement tissé ma toile, en me rendant chez mes amis, puis en ayant recours à leur propre réseau. Le succès était déjà au rendez-vous, puisque je proposais des bijoux très originaux, tendance et que l'on ne voyait nulle part ailleurs.

Et puis, de fil en aiguille, je me suis laissé tenter par la création d'un site, pour répondre à une forte demande de mes clientes, qui me suggéraient de me lancer pour pouvoir acheter en ligne sans attendre la prochaine réunion. Je connaissais une personne qui exerçait dans la création de site, et mes compétences en communication aidant, les articles parus dans la presse ont rapidement fait gonfler la fréquentation.

Votre spécialité finalement, c'est de dénicher les talents ?

Oui, cela fait partie du travail. Pour recontextualiser, l'idée générale m'est venue en 2005, j'ai créé l'entreprise en 2006 et j'ai lancé le site internet en 2007. Ce dernier s'est vraiment bien développé à partir de 2009 et depuis, l'activité continue de croitre et de se développer. Durant tout ce temps, la notion de créateur est devenue un peu galvaudée, “tarte à la crème”. Aujourd'hui, il est très “branché” de posséder des pièces de créateurs, que ce soit dans les bijoux, dans la mode, dans la déco, dans tous les secteurs d'activité. Par conséquent, j'ai dû très vite faire face à une concurrence féroce sur le net. Les créateurs se sont mis à pousser comme des champignons. Beaucoup ont aujourd'hui disparu, de même que des marques. C'est un business très changeant et en mouvement perpétuel. Ill faut beaucoup d'énergie et d'agilité pour rester dans la course.

Comment s'est déroulé votre passage au net ?

Les premières ventes que j'ai faites, des ventes physiques, ont connu un vrai succès, parce que je proposais des bijoux que l'on ne voyait pas du tout ou de manière très ponctuelle. Et puis, en parallèle, il y a eu vraiment cette mode des bijoux de créateurs qui est apparue et la demande s'est naturellement redirigée sur le net. J'ai fait évoluer l'offre petit à petit : alors qu'au départ, j'étais orientée vers la fantaisie-fantaisie haut de gamme, je suis montée en gamme, pour justement quitter ce monde de la fantaisie qui était très concurrencé par des bijoux peu chers venus d'Asie. Pour, également, pousser la personnalisation assez loin et offrir mes services à une clientèle plus exigeante.

Les changements ont été conséquents ?

Ce qui a changé, comme je l'ai mentionné plus tôt, c'est la concurrence que j'ai dû affronter. Énormément de sites sont apparus. Côté client, la demande a suivi. C'est plutôt côté créateur que j'ai dû batailler. Lorsque j'ai créé ma boîte, j'ai eu un peu de mal à les convaincre de me rejoindre parce que la vente en ligne, il y a une dizaine d'années, en était aux prémices. Donc, mes interlocuteurs étaient très frileux. Ils avaient peur, d'une part, de se mettre à dos leur propre réseau de distribution. Les distributeurs historiques voyaient d'un mauvais œil l'arrivée du e-commerce, une concurrence féroce. D'autre part, avec un marché en ligne, le monde entier a accès aux bijoux et il y a un risque de contrefaçon. Mais finalement, presque tout le monde s'y est mis, parce que c'est une source de distribution supplémentaire non négligeable. Même si aujourd'hui encore, certains ne sont pas partants et préfèrent garder un mode de distribution confidentiel.

Qu'en est-il de votre tropisme pour le made in France ?

Dès le départ le “made in France” a été dans l'ADN de Marmottine. En tant que cliente, j'avais du mal à trouver des bijoux qui me plaisaient vraiment, parce que tout ce que je voyais dans le commerce était soit très classique, soit très bariolé. En même temps, je me rendais compte, en voyageant dans toute la France, qu'il y avait partout des créateurs qui produisaient des pièces magnifiques. J'en ai donc fait ma préoccupation très tôt, c'était une évidence avant même que cela ne devienne à la mode. C'est d'autant plus évident que nous avons un savoir-faire en France en la matière.

Nous avons des métiers très pointus, qui existent depuis des siècles, des bassins d'emploi qui sont vraiment connus pour leur art. Je citerai l'horlogerie du côté de Besançon, le bassin d'artisans joaillier sde la région lyonnaise, de Paris intramuros. Ces métiers ont commencé à être moins sollicités dès lors que la bijouterie fantaisie est arrivée, mais aussi et surtout lorsque nous avons dû faire face à la concurrence dont j'ai parlé. C'est aussi pour cela que je me bats, pour garder des bijoux réellement made in France, qui sont certes plus chers, mais de meilleur qualités.

La personnalisation fait partie des étapes charnières de votre développement ?

Oui, nous y sommes complètement. Je dirais qu'il y a eu trois grandes étapes. La première, qui a vraiment transformé le devenir de Marmottine, a été celle de la bascule de la vente physique à la vente en ligne. La deuxième a été l'arrivée de la personnalisation des bijoux. Ce mouvement s'est enclenché dans les années 2010 et depuis lors le phénomène de personnalisation ne fait que s'amplifier. Pour vous donner une idée, je dirais que 90 % des bijoux vendus sur Marmottine sont personnalisés. Il s'agit réellement d'un courant de fond qui n'est pas près de s'arrêter. Parce que nous sentons que les clients ont besoin de se différencier avec des bijoux très personnels que l'on ne voit pas sur le voisin.

Il y a la personnalisation basique qui consiste à faire graver un prénom. Mais la personnalisation peut aussi consister à faire graver sur un bijou l'empreinte digitale de l'enfant, une empreinte de pied, de main… Enfin, certaines personnes nous contactent pour de la personnalisation plus poussée, c'est-à-dire des bijoux sur-mesure. Nous mettons en place un cahier des charges et regardons ce qui correspond le plus à leur demande. Une fois le modèle acheté, nous lançons la fabrication auprès de l'atelier et nous procédons à l'expédition.

La troisième étape charnière, c'est le recentrage autour des bijoux made in France, personnalisés, qui sont portés lors d'événements importants de la vie.

Les bijoux enfants représentent une part importante de vos ventes…

Oui, nous vendons beaucoup de bijoux pour enfants, puisque nos offres sont orientées vers les cadeaux de naissance, les baptêmes, la communion, etc. Ce qui permet aussi de découvrir des créateurs plus ou moins spécialisés dans les bijoux pour enfants. Je prends par exemple les marques je t'Ad'Or, La Fée Galipette, ou Mikado.

En réalité, nous ciblons tout le monde, avec une offre positionnée sur l'univers de la parentalité. À partir du moment où nous allons vendre des bijoux pour les enfants, nous allons toucher aussi les parents et les grands-parents, les frères et sœurs.

Nous évoluons vraiment dans cet univers de la parentalité, de la naissance, de l'enfance.

Quelle est votre zone de distribution ?

Marmottine distribue partout en France. Nous commençons également à toucher l'étranger, Angleterre, Espagne, Italie, USA, Canada et les pays francophones, pour l'essentiel, le site étant uniquement disponible en français.

Travaillez-vous avec des artisans seine-et-marnais ?

Malheureusement non, je n'ai pas trouvé d'artisan qui puisse correspondre à l'offre de Marmottine. Il est difficile de trouver un créateur formé en bijouterie dans les règles de l'art en dehors des bassins d'activité dont j'ai parlé.

Quelles sont les prochaines évolutions pour votre site ?

J'aimerais que Marmottine puisse, dans les prochaines années, disposer de sa propre collection. L'idée prend progressivement forme, je ne vais pas lancer n'importe quoi, n'importe quand, ni reproduire des choses qui existent déjà. Cela n'apporterait aucune valeur ajoutée. Je souhaite également que l'entreprise poursuive sa croissance, en terme de notoriété et de volume des ventes, tout en continuant à contribuer à faire découvrir, intégrer et faire grandir de nouveaux créateurs. Et par-dessus tout, garder un très haut niveau de qualité.

Ne seriez-vous pas tentée par une boutique ou des corners ?

Pourquoi pas, ponctuellement, sur une période comme Noël, par exemple J'ai déjà présenté mes bijoux sur des marchés lors des fêtes de fin d'année. Mais cela reste complexe à mettre en œuvre et demande beaucoup d'énergie, de présence. Il ne s'agit pas du tout du même métier que sur le net. La personnalisation est aussi un frein, puisqu'il est difficile de proposer du sur-mesure en pratiquant de la vente physique. Donc, ce n'est pas exclu, parce que c'est vrai qu'avoir un corner, cela permet aussi de se faire connaître et de développer la notoriété de la marque.




Quentin CLAUZON
Journaliste

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