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Espionnage : incohérence française

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Les récentes « révélations » sur l'espionnage d'institutions de l'Union européenne et d'États européens par les États-Unis ont provoqué une réaction musclée du président de la République.

 

François Hollande a demandé « que cela cesse immédiatement » et proposé « une position coordonnée commune » européenne. Il n’a cependant aucune chance d’être entendu, pour de multiples raisons.

Les techniques sophistiquées d’espionnage américain sont connues depuis longtemps. En 1988 déjà, un journaliste britannique révélait l’existence du réseau Echelon, un système d’écoutes électronique permettant de surveiller toutes les communications mondiales (appels téléphoniques, télécopies, mails…) grâce à des satellites espions et des stations terrestres. Les informations interceptées sont ensuite transmises à une agence américaine, la NSA (National Security Agency), qui les traite et les communique ensuite aux personnes ou organismes intéressés. Créé au départ pour des besoins militaires, Echelon est devenu global et ses cibles sont surtout civiles : entreprises,  gouvernements, organisations diverses, etc. Quatre pays partagent avec les USA les données recueillies : le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et … la Grande-Bretagne, la plus puissante station d’écoute du monde se trouvant à Menwith Hill (comté du Yorkshire).

Cela étant, il n’y a pas lieu de s’en indigner, car tous les services de renseignements occidentaux espionnent aussi des pays alliés. La France n’est pas en reste et la DGSE – Direction générale de la sécurité extérieure – stocke ainsi des milliards de données dans les sous-sols de son siège parisien, boulevard Mortier. Une équipe de crypto-mathématiciens y est spécialement chargée de la pénétration des systèmes informatiques. Notre pays, qui figure dans le top 5 en matière de capacité informatique, derrière les États-Unis, la Grande-Bretagne, Israël et la Chine, dispose également de satellites espions et de stations d’écoute. Nous sommes donc mal placés pour donner des leçons.

Notons au passage que la France n’a même pas accepté d’accorder l’asile politique à Edward Snowden, ex-employé de la NSA, à l’origine des récentes révélations. Quelle ingratitude !






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