Bilan industrie et services de la Banque de France: « La Seine-et-Marne n'est pas en retrait »

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Bilan industrie et services de la Banque de France: « La Seine-et-Marne n'est pas en retrait »
© MSM - Jean-Benoît Dubois, directeur départemental de la Banque de France.

Le président départemental de la Banque de France a procédé dernièrement à un commentaire du « Bilan 2017 – perspectives 2018 » des entreprises des secteurs de l'industrie et des service d'Île-de-France publié par l'institution régionale.

L'Enquête, conduite par la Banque de France auprès de 2 300 entreprises de l'industrie et des secteurs les plus représentatifs des services marchands aux entreprises ayant leur siège social en Île-de-France, évalue les résultats 2017 en matière d'activité, d'emploi, de rentabilité et d'investissements et dégage des prévisions pour 2018. Les données ont été collectées entre le 13 décembre 2017 et le 1er février 2018

Bilan et perspectives dans l'industrie

Sur 2017, on note la croissance globale des chiffres d'affaires de l'ordre de 3,7 % dans l'industrie. « Ce chiffre est essentiellement porté par l'export », explique Jean-Benoît Dubois, directeur départemental la Banque de France.

Aussi, on relève plutôt une érosion des effectifs. S'agissant des investissements, en 2017, les budgets ont augmenté de 4,5 %.
En 2018, la tendance est à un tassement des investissements (- 11 %), du fait d'un désengagement de l'automobile. « Certainement parce qu'il y a des redéploiements de chaînes de production en dehors de l'Île-de-France », explique Jean-Benoît Dubois.


S'agissant des autres filières, le chiffre d'affaires aurait tendance à progresser. Dans l'agroalimentaire, pour les équipements électriques, électroniques et les « autres produits industriels », l'évolution est aussi positive.

Les exportations devraient aussi soutenir l'activité en 2018. Les chefs d'entreprise s'attendent à une progression de 4,6 % (toutes filières confondues, le matériel de transport dans une moindre mesure).

S'agissant de l'évolution des effectifs, les chefs d'entreprise prévoient une érosion en 2018, qui « masquerait une progression » si l'on se concentre sur les filières de l'agroalimentaire, d'équipements électriques, électroniques, et des autres produits industriels. La progression sera par exemple de 2,6 % s'agissant des équipements électriques et électroniques. « C'est la partie automobile qui plomberait la tendance générale », renchérit le directeur départemental.


Jean-Benoît Dubois rappelle qu'au sein de la filière « fabrication de matériel de transport », on trouve l'aéronautique, un secteur qui reste dynamique sur l'ensemble du territoire francilien et en Seine-et-Marne.

Par ailleurs, l'industrie devrait moins avoir recours à l'intérim. « Il est vrai que certaines entreprises que nous contactons convertissent leurs intérimaires en CDD ou CDI », précise-t-il.
L'investissement total en 2017 a progressé de 4,5 % dans l'ensemble de l'industrie. Quant aux investissements d'équipement, ces derniers sont plutôt stables (moins 0,5 %). « Le budget est en hausse si on inclut les opérations de croissance externe », précise le directeur départemental.


En revanche, on note une baisse s'agissant des autres produits industriels. « La chimie et métallurgie auraient moins investi en 2017 », explicite Jean-Benoît Dubois.

« Globalement, les entreprises seine-et-marnaises sont un peu plus rentables que les entreprises d'Île-de-France »

À l'inverse, 2018 marque plutôt un repli (- 11,1 %) dans la quasi-totalité des filières (à l'exception des équipements électriques et électroniques), qu'il s'agisse des investissements globaux ou d'équipement. La Banque de France y voit un retour à la normale après deux années de hausse soutenue.

Le taux de marge brute, toutes entreprises confondues dans l'industrie, est de 6,8 % en Île-de-France et de 8,8 % en Seine-et-Marne. « Globalement, les entreprises seine-et-marnaises sont un peu plus rentables que les entreprises d'Île-de-France », souligne le directeur.

Pour 2017, les trois quarts des chefs d'entreprise ont estimé que leur rentabilité d'exploitation a augmenté ou s'est stabilisée. Pour 2018, « l'évolution est plutôt positive », dans la mesure où seulement 11 % des chefs d'entreprise tablent sur une diminution de la rentabilité (contre 25 % en 2017). Ainsi, entre 2017 et 2018, 89 % des chefs d'entreprise estiment que leurs marges vont augmenter ou, au pire, vont se stabiliser.

Bilan et perspectives dans les services

Les chiffres d'affaires ont connu une tendance positive en 2015 et 2016. En 2017, les chefs d'entreprise estiment que les chiffres d'affaires devraient croître de 4,5 %. « La progression est doublée d'un exercice sur l'autre », précise Jean-Benoît Dubois. Il s'agit d'une bien meilleure prévision que l'an passé, puisque début 2017, ces derniers s'attendaient à une croissance de 3, 5 %. Par ailleurs, les effectifs seraient en progression de 2,4 % (contre 2,2 % envisagés), l'enveloppe d'investissement de 1,2 % (contre 4 % de baisse envisagée).

Les chefs d'entreprise prédisent pour 2018 une nouvelle progression des chiffres d'affaires, moins importante toutefois qu'en 2017 (3,8 % de croissance du chiffre d'affaires toutes filières confondues). Les effectifs progresseraient de 2,6 % à nouveau et on observerait une progression sensible du budget d'investissement après une pause en 2017 (+ 10,3 %).

Les effectifs progresseraient partout en 2018 avec une augmentation des budgets assez généralisée. En effet, dans l'hôtellerie-restauration, la reprise des investissements se confirme (+ 34 % annoncés en 2018), comme dans le conseil en publicité et l'ingénierie technique. L'ingénierie informatique est à la marge.

S'agissant de la rentabilité, les taux de marge brut, tous secteurs confondus, sont de 12,6 %. « En Seine-et-Marne, nous sommes un peu au-dessus avec 13,3 %, soit 0,7 point de plus que la région Île-de-France », signale Jean-Benoît Dubois.

L'évolution de la rentabilité en 2016 par rapport à 2017 rappelle la tendance de l'industrie. Ainsi, seul 24 % des chefs d'entreprise tablaient sur une baisse de leur marge de 2017 et 76 % pensaient qu'elle augmenterait ou serait stable.

Tandis qu'en 2018, 10 % pensent que leur marge va baisser. À l'inverse, 90 % imaginent qu'ils vont améliorer leur marge ou la stabiliser.
Des résultats globalement positifs pour Jean-Benoît Dubois qui rappelle que le secteur des services crée de l'emploi « depuis des années ».

La filière « transport et entreposage » tient le haut du tableau, mais dans les autres compartiments, l'amélioration de la rentabilité est moins nette.

En conclusion, Jean-Benoît Dubois souligne que « peu de décideurs locaux l'imaginent, mais la Seine-et-Marne n'est pas en retrait en termes de marge dégagée, avec des services bien orientés ou encore l'aéronautique, bien présent sur le territoire »

Données collectées entre le 13 décembre 2017 et le 1er février 2018 auprès de 2300 entreprises.




Quentin CLAUZON
Journaliste

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