En Seine-et-Marne, quelque 1 000 postes restent à pourvoir dans le BTP

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En Seine-et-Marne, quelque 1 000 postes restent à pourvoir dans le BTP
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Avec la reprise de l'activité, le bâtiment et les travaux publics de Seine-et-Marne sont à nouveau confrontés à des difficultés de recrutement.

La récente assemblée générale du BTP77 a mis l'accent sur cette problématique, notamment à travers deux questions en lien avec la formation : « Le recrutement : quels outils ? » et « La promotion interne : une clé du développement ? ». Vincent Frayssinet, directeur général de la Fédération française du bâtiment Île-de-France Est, revient sur ces fructueux échanges.

Avez-vous une idée du nombre de postes non pourvus actuellement faute de candidats, dans votre secteur d'activité ?

Il est difficile de donner un chiffre précis. Nous avons quand même des indicateurs sur les flux, nous estimons à plus de 1 000 le besoin annuel de recrutements de nouveaux collaborateurs. Cela intègre, bien entendu, le turn-over naturel des collaborateurs qui changent d'orientation professionnelle ou qui partent en retraite mais désormais aussi des dizaines de créations nettes d'emplois. Il est donc évident que nos entreprises ont aujourd'hui la volonté d'étoffer leur personnel permanent.

Sur ce thème du recrutement, à quelle conclusion est parvenue l'assemblée générale ?

Pour résoudre ces problèmes majeurs de recrutement, nous considérons qu'il n'y a pas qu'une solution. Nous avons organisé notre assemblée générale de manière à permettre aux entreprises d'explorer différents moyens de résoudre leurs besoins en compétence.

Dans un monde idéal, deux entreprises sur trois recruteraient des personnes expérimentées, qualifiées, mobiles et immédiatement disponibles. Il n'y a évidemment pas sur le marché actuel du travail de candidats qui remplissent toutes ces caractéristiques. Pour pallier ce manque, la première mesure est d'intégrer des jeunes, tout en sachant que c'est un investissement d'avenir. Nous devons donc repérer de bons profils de jeunes, c'est-à-dire motivés à investir, comme leur employeur, sur leur formation professionnelle pour évoluer autant que nos métiers. De nombreuses entreprises sont ainsi volontaires pour prendre des jeunes en apprentissage ou en stage. Plus de 80 % d'entre elles sont intéressées et mobilisée par l'apprentissage, considérant que c'est la voie d'avenir. Reste que l'apprentissage a ses aléas. Les entreprises sont parfois confrontées à des jeunes qui subissent plus qu'ils ne choisissent leur orientation professionnelle. Pour nous, la motivation est essentielle. En ce sens, tous les stages de découverte constituent une bonne préparation. Traditionnellement, dans le bâtiment, l'apprentissage avait pour base le CAP ou le BEP. On constate aujourd'hui qu'il s'envisage également aux niveaux supérieurs comme le Bac pro ou le BTS, voire le diplôme d'ingénieur, avec de très bons résultats.

Comme 70 % du personnel de nos entreprises sont affectés à la production, il y a un gros effort à entreprendre par le système éducatif pour promouvoir l'apprentissage dès le CAP.

Vous avez également échangé sur la promotion interne...

Pour les chefs d'entreprise, le quotidien ne permet pas toujours d'apprécier les capacités et l'évolution professionnelle de leurs collaborateurs. D'où l'importance et l'utilité de prendre le temps d'évaluer les potentiels et d'accompagner la formation permanente du personnel. L'encadrement est l'un des points clés de nos besoins. C'est le maillon faible de nos structures. Nous manquons actuellement de chefs, d'équipe et de chantier, de conducteurs de travaux mais aussi de techniciens et cadres pour les études.

De nombreuses actions de sensibilisation

La Fédération française du bâtiment Île-de-France Est multiplie les actions de promotion, de sensibilisation et d'information, pour faire découvrir les différents métiers du bâtiment au plus grand nombre et plus spécialement aux jeunes : « Il y a une quinzaine de jours et pour la seizième année consécutive, nous avons organisés des opérations “portes ouvertes”, baptisées “Les coulisses du BTP”. Nous avons ouvert des chantiers et proposé un parcours pédagogique aux élèves des classes de plus de 60 collèges du département. Ces visites étaient préparées en amont par les établissements. Les collégiens ont ainsi pu dialoguer avec le personnel des chantiers sur les métiers, la technique, mais aussi avec des jeunes en formation BTP sur les filières et les carrières. Au total, nous avons accueilli plus de 1 000 jeunes et des demandeurs d'emploi.

Nous déployons parallèlement une opération nationale “15 000 bâtisseurs” pour intégrer, d'ici à fin 2019, 15 000 jeunes et moins jeunes des quartiers.

Le BTP77 est également présent sur les réseaux sociaux. Nous avons une page Facebook “Emploi Formation BTP77” sur laquelle nous sommes très présents. Nous communiquons aussi avec les enseignants de l'Education Nationale en leur envoyant beaucoup d'informations concernant notre secteur pour qu'ils puissent la relayer à leurs élèves.

Par ailleurs, nous travaillons avec Pôle Emploi pour compléter l'information de leurs conseillers afin qu'ils maîtrisent parfaitement les métiers du bâtiment. Parallèlement, Pôle Emploi nous apporte un savoir-faire et des outils qui peuvent aider nos entreprises à recruter.

Nous avons enfin les CFA du BTP qui proposent un accueil et une information permanentes sur leurs formations aux métiers du BTP. Ces derniers peinent néanmoins à trouver des candidat à toutes les offres d'emplois de nos entreprises. »




Emilie BOUSQUET
Journaliste

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