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DENIS SCHIAVONE : « Se rassembler et lutter ensemble »

le - - Actualité - Grand témoin

DENIS SCHIAVONE : « Se rassembler et lutter ensemble »
© D.R.

Le 7 octobre dernier, il a succédé à Stéphane Sajoux (désormais président de BTP 77) à la tête de la Confédération des petites et moyennes entreprises de Seine-et-Marne (CPME 77). Denis Schiavone, 53 ans, fondateur et patron depuis 2008 de la société de nettoyage industriel Héméra, prend sa mission très à cœur. Dans un contexte économique chamboulé par la crise sanitaire, il cherche surtout à rassurer et à mobiliser tous les adhérents et les partenaires de son organisation professionnelle. Lucide, mais optimiste, il demeure persuadé que 2021 sera l'année de la relance.

Quel a été votre parcours professionnel ?

J'ai débuté dans le secteur de l'informatique, puis je me suis orienté vers le monde de la grande distribution. Depuis vingt ans, j'évolue dans le nettoyage industriel. En 2008, j'ai créé ma propre entreprise, Héméra, que je dirige toujours aujourd'hui. C'est une société familiale qui est basée à Cesson. Notre activité se déroule en majorité dans l'hôtellerie et nous intervenons sur toute l'Île-de-France, mais aussi désormais en région comme, par exemple, à Blois, Belfort, Reims ou Rouen. Nous employons près de 1 000 salariés et nous avons réalisé un chiffre d'affaires de 17, 5 millions d'euros en 2019.

Qu'est-ce qui vous a poussé à devenir président de la CPME 77 ?

En tant que co-fondateur de l'association de chefs d'entreprise “Axe et Cible”, j'ai pu mesurer à quel point le partage et l'échange entre dirigeants étaient importants. La présidence de la CPME 77 est une étape supplémentaire qui me permet d'apporter à nos adhérents des retours d'informations émanant des autorités gouvernementales et administratives.

Quel programme comptez-vous mettre en place ?

Le chef d'entreprise est seul face aux défis de l'entreprenariat. La CPME doit lui apporter cette aide indispensable, qui est celle d'informer, d'expliquer et de guider, afin qu'il mène à bien son aventure. Nous devons être ce phare qui lui permet d'éviter de heurter des écueils.

Dans l'un de vos premiers messages, vous avez insisté sur le rassemblement et la combativité. Sont-elles devenues des valeurs fondamentales actuellement ?

Créer, puis diriger une entreprise demeure un choix individuel. La crise de la Covid-19 a amplifié cet isolement à travers son caractère soudain et imprévisible. Le besoin de se rassembler et de lutter ensemble n'en est que plus évident. Seuls, nous n'avons pas toutes les clés. Les schémas et conseils habituels (experts-comptables, banquiers…) ne suffisent plus à nous guider dans nos réflexions.

Aujourd'hui, il est devenu indispensable de bénéficier du retour d'expérience d'autres dirigeants.

Comment votre organisation parvient-elle à s'adapter à un tel contexte de crise ?

Dès les premiers jours de cette crise, la CPME est montée en première ligne pour alerter l'Etat sur les difficultés économiques profondes engendrées par les décisions prises sur le plan sanitaire. Un certain nombre de mesures, et non des moindres, ont été portées auprès des autorités, afin que des aides soient mises en place.

Notre rôle a été, ensuite, d'informer les entreprises, de les accompagner et de leur expliquer ce qu'elles pouvaient mettre en place, afin de faire face à cette crise.

Vous organisez actuellement une consultation auprès de vos entreprises adhérentes. Quels sont les premiers retours et quel est leur état d'esprit général ?

En tant que président de la CPME 77, j'ai, en effet, souhaité prendre le pouls de nos adhérents. Le constat est alarmant. La première vague a été plutôt bien absorbée, notamment grâce aux aides mises en place par le Gouvernement et grâce aussi au rebond de l'économie durant la période estivale. En revanche, la deuxième vague se révèle beaucoup plus dévastatrice, aussi bien économiquement que moralement.

Quel est l'état des relations avec les banques ?

C'est là que réside le cœur du problème et la sortie de crise va en dépendre. Si les interlocuteurs locaux souhaitent nous accompagner et se battre à nos côtés, malheureusement, il n'en va pas de même de leurs directions générales. De nombreux chefs d'entreprise m'ont expliqué ne plus avoir leurs délégations d'encours habituelles, car les décisions se retrouvent entre les mains des comités de gestion des risques. Les chutes brutales de chiffres d'affaires, occasionnées par des décisions du Gouvernement et le recours massif aux prêts garantis par l'État (PGE), ont dégradé fortement les bilans des entreprises. Le problème, c'est que les banques analysent aujourd'hui ces bilans avec les schémas d'hier.

Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie, semble être à votre écoute. Comment jugez-vous l'action du Gouvernement depuis huit mois ?

Le verbe « sembler » est le mot juste ! Si je ne doute pas de sa pleine compréhension de la problématique économique dans laquelle nous sommes plongés, en revanche, j'ai plus d'inquiétudes sur sa possibilité à peser face aux principes d'ultra-précautions sanitaires. Les arbitrages récemment pris, notamment sur le commerce, démontrent à quel point on navigue à vue. Si certains secteurs (hôtellerie, évènementiel) bénéficient d'aides importantes, en revanche, d'autres sont totalement oubliés. Je pense notamment aux sous-traitants de ces activités qui sont lourdement impactées et aux PME qui ont plus de 50 salariés. Le reste à charge zéro, le décalage ou l'annulation de charges, l'annulation de taxes : tous ces éléments, qui auraient permis un vrai soutien de l'économie, n'ont pas été mis en place, malgré les discours.

On dit souvent que les petites et très petites entreprises constituent le socle de l'économie française. Comment le préserver ?

La croissance d'une économie repose sur cette mosaïque composée par toutes ces TPE et PME. Ce sont aujourd'hui les plus impactées par cette crise sanitaire et économique. Les nombreux milliards, dont on entend tant parler, ne sont pas une réalité pour bon nombre d'entre elles. Aujourd'hui, il faut que des décisions fortes soient prises. À la CPME, nous avons cinq propositions à faire :

  • transformation des PGE en quasi-fonds propres;
  • analyse des entreprises sur la base de leur gestion en 2019;
  • soutien inconditionnel des banques;
  • mise en place d'un vrai reste à charge zéro pour les salariés en activité partielle;
  • étalement des charges des périodes de confinement a minima sur 36 mois.

Redoutez-vous l'année 2021 ou avez-vous des motifs d'espoir ?

L'annonce de l'arrivée d'un vaccin très prochainement laisse penser que l'année 2021 sera celle de la relance. Le premier semestre devrait encore être compliqué, mais il devrait également être l'amorce de ce redémarrage. Nos entreprises doivent se préparer à ce rebond. C'est pourquoi des directives fortes du Gouvernement, en direction des banques et des services administratifs, doivent être impulsées pour qu'il y ait un soutien sans faille à nos TPE et PME. Il faut qu'elles soient prêtes pour jouer pleinement leur rôle fondamental dans la relance économique.




Farid ZOUAOUI

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