AccueilGrand témoinDelphine Mairiaux, vice-présidente de l'UMIH: « Les restaurateurs sont la variable d'ajustement »

Delphine Mairiaux, vice-présidente de l'UMIH: « Les restaurateurs sont la variable d'ajustement »

Propriétaire de trois restaurants à Meaux “Le Cirkus”, Montévrain “Le Cercle” et Lagny-sur-Marne “Gogorilla” employant plus de 70 salariés, Delphine Mairiaux est vice-présidente Île-de-France de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH) et dirige le collège des restaurateurs de Seine-et-Marne (1 500 adhérents). Depuis son lieu de vacances, elle ne cache pas son inquiétude.
Delphine Mairiaux, vice-présidente de l'UMIH: « Les restaurateurs sont la variable d'ajustement »
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ActualitéGrand témoin Publié le ,

Comment vivez-vous l'entrée en vigueur du pass sanitaire ?

C'est une catastrophe. Comme pour le cinéma, la baisse d'activité est de 50 % à 75 %. En ce qui me concerne, je suis à - 60 %. Le plus touché est ”Le Cercle” avec une fréquentation en baisse de 75 % les deux premiers jours. Et pourtant, à Montévrain, les gens sont vaccinés à 70 % environ.

Comment l'expliquez-vous ?

Certains de nos clients, qui sont pourtant vaccinés, ne veulent pas venir. Cela leur fait mal au cœur, mais c'est leur façon de marquer le coup. À Serris, j'ai un confrère qui a préféré fermer et il n'est pas le seul. Moi, j'ai mis les trois quarts de mes équipes au chômage partiel. J'ai créé aussi des “fast pass”. Ce sont des cartes qu'on donne à nos clients pour éviter qu'ils présentent de nouveau leur QR-Code quand ils reviennent. J'en ai fait fabriquer 5 000. Ma belle-fille, qui est médecin, va aussi proposer des autotests aux clients qui n'ont pas de passe et je vais recruter une infirmière pour l'aider. C'est le système D, mais on doit réagir.

Comment vivez-vous cette situation ?

Elle est anxiogène, car elle vient s'ajouter à des mois de fermeture. On est revenu en arrière. Les restaurateurs sont excédés. Ils sont la variable d'ajustement. Maintenant, l'Etat doit prendre ses responsabilités en nous indemnisant et en renouvelant les aides qui ont été arrêtées, notamment pour les jeunes entreprises qui n'ont rien touché jusque-là. C'est mon cas avec
“Le Cirkus” que j'ai ouvert en 2020. Bruno Le Maire (ministre de l'Economie et des Finances) a dit qu'il y aurait une clause de revoyure le 30 août. C'est une forme de chantage insupportable :
si on est sage, on aura peut-être des sous. On nous prend pour des enfants.

Quelle est votre position sur ce pass sanitaire ?

Je n'ai pas d'avis, car je ne suis ni scientifique ni médecin, mais je ne lui prédis pas un grand avenir. A Moscou, il n'a duré que trois semaines. Pour une activité déjà sinistrée comme la nôtre, c'est un ravage supplémentaire. Exiger ce pass pour les terrasses est inadmissible. Quel est l'intérêt de contrôler 10 personnes à l'extérieur ? Avec les terrasses, il y avait pourtant un compromis possible, mais on nous l'a refusé pour faire peur et diviser les gens. C'est machiavélique. Les TPE et les PME sont les premières victimes de cette stratégie.

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