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Crues : Nicolas Hulot au chevet du Sud Seine-et-Marne

Le ministre de la Transition écologique et solidaire s'est rendu à Saint-Mammès, Champagne-sur-Seine et Thomery lundi dernier pour faire un point sur les crues et apporter son soutien aux élus et personnels locaux.
Crues : Nicolas Hulot au chevet du Sud Seine-et-Marne

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« J'ai discuté avec le président tard hier soir. Il a souhaité que je vienne sans tarder. La priorité est d'apporter du soutien aux personnes touchées, de les mettre à l'abri, et de faire en sorte que les mesures d'accompagnement, après les inondations, soient mises en œuvre rapidement. »

C'est bottes aux pieds que le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, est arrivé près de la mairie de Saint-Mammès lundi dernier, pour constater les dégâts causés par les inondations et la crue de la Seine et apporter son soutien. « Qui était déjà là en 2016 parmi cette équipe ? Il serait intéressant de savoir ce qui a changé, avez-vous eu des informations plus en amont ? », a-t-il questionné, faisant référence à la crue survenue il y a à peine un an et demi.

Accueilli notamment par la préfète Béatrice Abollivier et Jean-Louis Thieriot, conseiller départemental, Nicolas Hulot s'est d'abord rendu au sein de la cellule de crise, « travaillant 24 heures sur 24 depuis lundi dernier » où il a pu recueillir les témoignages des élus locaux et des personnels municipaux. « La position de la commune fait que nous sommes gênés par les crues qui viennent du Loing, de l'Aube, de l'Yonne et de la Seine », a expliqué Yves Brument, maire de Saint-Mammès, où la crue avait atteint son pic la veille pour atteindre 6,55 m.

Le coût de la crue en 2016

Parmi les départements franciliens, la Seine-et-Marne a été la plus touchée par les inondations générées par les fortes précipitations de juin 2016.

L'impact économique pour les entreprises en Seine-et-Marne a été évalué à 60 millions d'euros par les assureurs. Ces derniers ont principalement pris en charge ce coût, mais d'autres dispositifs ont été mobilisés comme les indemnités d'Activité partielle de l'État, de la Direccte, de la CMA, du conseil départemental…

© MSM- Des pompes évacuent l'eau près de la mairie, rue Grande, à Saint-Mammès, après le pic de la Seine qui a atteint 6,55 m.

Souhaitant adresser « un message d'amitié, de solidarité et de fraternité aux élus et aux agents qui sont à l'œuvre jour et nuit », Nicolas Hulot s'est ensuite rendu sur les quais de la ville pour échanger avec les habitants, où le niveau de la Seine atteignait encore 6,46 m.

« Je veux dire aux victimes que nous sommes là », a-t-il tenu à souligner, avant de concéder une certaine impuissance à agir. « Nous faisons ce que nous pouvons, nous aimerions en faire plus mais ces événements nous confrontent parfois à notre vulnérabilité. » SMS d'alerte ciblés en fonction de la position des habitants, panneaux d'affichages, rondes, évacuations… la mairie de Saint-Mammès a pu capitaliser sur l'expérience acquise en 2016 pour anticiper la crue et limiter les dégâts.

© MSM - Saint-Mammès, quai de Seine. Le ponton venait d'être refait à neuf après la crue de 2016.

Le ministre s'est ensuite rendu au Centre d'incendie et de secours de Champagne-sur-Seine, où il a pu assister à un point de situation détaillé par le colonel et directeur départemental Éric Faure. « Le système en place est efficace, nous verrons si des mesures exceptionnelles sont nécessaires », a-t-il déclaré en sortant du bâtiment.

Nicolas Hulot s'est finalement rendu à Thomery, où il a notamment pu effectuer une reconnaissance dans une embarcation rue de Seine, guidé par deux plongeurs sapeurs-pompiers ayant par endroits de l'eau jusqu'aux cuisses.

© SDIS 77 - Franck Desprez

Les agriculteurs montrés du doigt

Plusieurs médias se sont fait l'écho de théories jugées particulièrement malveillantes par le président de la Chambre d'agriculture, Thierry Bontour (photo). Célia Blauel, adjointe Europe écologie - Les Verts à la mairie de Paris, a notamment critiqué les méthodes des agriculteurs sur TF1. « On se rend compte que là où on a eu des pratiques d'agriculture très intensives, avec un recours massif aux pesticides, les sols sont appauvris, se tassent, et l'eau s'y infiltre extrêmement difficilement ». Des critiques jugées inadmissibles par Thierry Bontour, qui rappelle que près de 300 mm d'eau sont tombés en seulement deux mois (de tels niveaux de précipitations n'avaient pas été relevés depuis 1959 !). « On compare des années de crue incomparables, les crues de printemps et d'hiver n'ont rien à voir », renchérit le président de la Chambre d'agriculture, qui souligne que les plantes absorbent beaucoup moins d'eau en saison hivernale.

Et Thierry Bontour de mettre en avant l'impact des surfaces urbanisées et des habitations construites en zone inondable, mais aussi la résilience des agriculteurs, dont les terres sont inondées volontairement, selon la FNSEA. « Il est temps que tout le monde sache que les Pouvoirs publics - État et Établissements publics territoriaux de bassin – décident d'inonder les champs en amont des villes afin de limiter les conséquences des crues sur les populations urbaines », indique la Fédération agricole, qui déplore la double peine infligée par la propagation de ces théories. « Non seulement les crues ont causé de nombreux dommages agricoles qui nécessiteront du temps, et du financement, afin de reconstruire et réparer, mais en plus les agriculteurs sont montrés du doigt ».

Environ 1 000 hectares de cultures, blé, colza et prairie seraient inondés sur la Seine-et-Marne selon Thierry Bontour. « 1 000 hectares cela peut paraître peu à l'échelle du département, mais certains agriculteurs ont été durement touchés », précise-t-il, indiquant que quelques-uns travaillent sur des surfaces pouvant atteindre 40 ou 50 hectares. Quant à la question de savoir si les dégâts seront importants, le président répond que « tout dépendra de la durée des inondations. Deux jours sous l'eau, ça va, une semaine, les plantes vont pourrir ».

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